Liban : Un réfugié syrien meurt après avoir ingurgité de l'essence

Certains réservent une place à l'extérieur des stations-service pendant la nuit et vendent la place le matin à ceux qui attendent derrière. (Photo, Archives/AFP)
Certains réservent une place à l'extérieur des stations-service pendant la nuit et vendent la place le matin à ceux qui attendent derrière. (Photo, Archives/AFP)
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Publié le Lundi 27 septembre 2021

Liban : Un réfugié syrien meurt après avoir ingurgité de l'essence

  • Le réfugié a incidemment ingurgité une grande quantité d'essence en la siphonnant de sa voiture lors d'une opération de vente de carburant au marché noir
  • Certains individus fournissent des services « d'attente » ; ils font la queue et le plein à la place du propriétaire du véhicule et en tirent du profit

BEYROUTH : Un réfugié syrien à Minieh, dans le nord du Liban, est décédé samedi après avoir incidemment ingurgité une grande quantité d'essence en la siphonnant de sa voiture lors d'une opération de vente de carburant au marché noir. Il a été transporté à l'hôpital mais n'a pas pu être sauvé.

Abdulrahman Darwish, le représentant de la Fédération des associations de secours à Danniye, déclare que l'homme avait l'habitude de conclure des affaires sur le marché noir.

Le Liban a souffert d'une crise énergétique aiguë au cours des derniers mois.

« Il se rendait tous les jours dans les stations-service, où il faisait la queue pendant des heures pour obtenir 40 litres d'essence pour ensuite retirer cette quantité de sa voiture et la vendre au marché noir à un prix plus élevé à ceux qui ne veulent pas attendre », raconte-t-il à Arab News. « Les activités du marché noir ont prospéré pendant la crise. Les jeunes, les citoyens libanais et les réfugiés syriens se sont retrouvés au chômage en pleine crise économique du Liban. Ils cherchent à tout prix à gagner de l'argent pour acheter de la nourriture, des médicaments et du lait pour leurs familles, et ont trouvé une occasion en or sur le marché noir.

Une source sécuritaire déclare à Arab News que les autorités ont observé une baisse du taux de vols dans le nord au cours des dernières semaines, où « les voyous se sont concentrés sur le marché noir » au lieu des truanderies parce que c'est très rentable.

« Chaque jour, des dizaines d'entre eux se rassemblent devant les stations-service en gangs pour se procurer de l'essence et la revendre ensuite au marché noir. Les jeunes chômeurs ont trouvé un moyen de gagner de l'argent illégalement », déclare la source.

Selon la liste de prix publiée par le ministère de l'Économie mercredi, le carburant sera vendu selon le taux de change du dollar, notamment 14 000 LBP pour 1 $.

Les files d'attente à l'extérieur des stations-service persistent, ainsi que les différends qui dégénèrent souvent en violence physique et même en fusillade.

Certains s'attendaient à une baisse des activités du marché noir avec la disponibilité du carburant sur le marché et la libéralisation du prix de l'essence.

Toutefois, des opportunités de travail ont émergé de ce chaos. Certains individus fournissent des services « d'attente » ; ils font la queue et le plein à la place du propriétaire du véhicule et en tirent jusqu'à 100 000 LBP (55 euros).

Certains réservent une place à l'extérieur des stations-service pendant la nuit et vendent la place le matin à ceux qui attendent derrière.

Fadi Abu Shakra, un représentant de l'Union des distributeurs de carburant, soulignent que les files d'attente semblaient plus courtes lundi car le carburant était devenu disponible et les importations se poursuivaient.

« Les activités des commerçants du marché noir qui nous ont épuisés vont probablement baisser », dit-il à Arab News.

La crise au Liban qui a culminé en 2019 après l'épuisement de ses ressources financières a conduit à un effondrement économique complet, des centaines d'entreprises ayant fermé et des milliers d'employés ayant été licenciés.

Le dernier rapport de l'Administration centrale des statistiques indique que le taux de chômage en 2020 est passé à 55% pour le secteur informel et à 45% pour l'économie formelle.

Le taux de chômage parmi les étudiants a atteint 35,7% et les taux de chômage les plus élevés ont été enregistrés au Akkar, dans la Bekaa centrale et à Aley.

L'Organisation Internationale du Travail relève l'étendue de « l'emploi informel et de la vulnérabilité parmi les citoyens libanais les plus démunis, ainsi que les réfugiés syriens en 2021 ».

Selon les estimations du ministère du Travail, le chômage en 2020 est passé à environ 36% et devrait atteindre 41,4% d'ici la fin de 2021.

Les statistiques de la Caisse nationale de sécurité sociale de début 2020 à février 2021 indiquent que 40 000 personnes inscrites à la caisse ont quitté le marché du travail.

Darwish déclare : « Les réfugiés syriens au Liban ont été gravement touchés par la crise économique. Certains réfugiés vendent leurs rations alimentaires pour acheter des médicaments ou consulter un médecin.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.