Retraite politique au goût amer pour Angela Merkel

Le leader de l'Union chrétienne-démocrate CDU et candidat à la chancelier Armin Laschet et la chancelière allemande Angela Merkel lors de leur rassemblement électoral à Aix-la-Chapelle, dans l'ouest de l'Allemagne, le 25 septembre 2021, un jour avant les élections fédérales allemandes. (Photo, AFP)
Le leader de l'Union chrétienne-démocrate CDU et candidat à la chancelier Armin Laschet et la chancelière allemande Angela Merkel lors de leur rassemblement électoral à Aix-la-Chapelle, dans l'ouest de l'Allemagne, le 25 septembre 2021, un jour avant les élections fédérales allemandes. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 26 septembre 2021

Retraite politique au goût amer pour Angela Merkel

  • Il n'est pas exclu que les conservateurs se retrouvent pour la première fois depuis 2005 dans l'opposition
  • Le parti pourrait éclater entre tenants d'une ligne économiquement plus libérale, représentée par Friedrich Merz, ou conservatrice plus traditionnelle, incarnée par le bavarois Markus Söder

BERLIN : Sortie ratée en vue pour Angela Merkel: selon toute probabilité son camp conservateur va enregistrer un score historiquement bas aux législatives de dimanche et se prépare à des lendemains difficiles.

Dans les derniers sondages, la famille démocrate-chrétienne allemande, composée des partis CDU et CSU, n'était créditée que de 23% des suffrages au mieux.

Fournisseur de cinq des huit chanceliers depuis 1949, le centre-droit allemand avait jusqu'ici toujours récolté plus de 30% des suffrages. Un seuil aujourd'hui qui paraît hors de portée.

Pire même, il n'est pas exclu que les conservateurs se retrouvent pour la première fois depuis 2005 dans l'opposition.

De quoi ternir la retraite politique annoncée après 16 ans de pouvoir d'Angela Merkel. 

"Débâcle historique attendue dans les urnes" pour la CDU, titre le magazine Der Spiegel, qui pointe d'abord du doigt le mauvais choix des conservateurs, qui ont désigné "le désastreux Armin Laschet" comme chef de file.

Il n'a jamais réussi à persuader l'opinion qu'il avait la carrure d'un chancelier et affiche une cote de popularité abyssale.

"La CDU ne ressemble plus au parti omnipotent qui tient d'une main de fer la chancellerie, mais plutôt à un groupe de discussions sans but, sans idées, ni solutions propres", lâche l'hebdomadaire.

Vide après Merkel

Dirigeant de la plus peuplée des régions allemandes, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest), il n'avait remporté la primaire à droite qu'aux forceps face au Bavarois Markus Söder, nettement plus populaire.

Il a vu sa cote s'éroder après les inondations meurtrières de mi-juillet, lorsqu'il a été filmé hilare pendant un discours empreint de gravité du président allemand Frank-Walter Steinmeier.

"La façon d'agir de Laschet -lors des inondations mais pas seulement- ont entraîné une perte de confiance et de réputation de la CDU. Tout à coup, elle s'est retrouvée dans une position de challenger à laquelle elle n'était pas préparée et l'a remarquée après coup", explique à l'AFP le politologue Thorsten Faas de l'Université libre de Berlin.

Il pointe aussi du doigt la responsabilité d'Angela Merkel qui n'a pas fait émerger de nouvelles personnalités derrière elle, "laissant de fait un grand vide, d'abord à la tête du parti, maintenant probablement aussi à la chancellerie".

Mais la CDU a également dû se battre contre ses propres démons, éclaboussée par des scandales qui ont conduit à la démission de deux députés et au retrait annoncé d'un troisième.

Un premier a été accusé d'avoir touché des pots de vin de la part de l'Azerbaïdjan pour faire la promotion de ce pays riche en hydrocarbures dans un journal. Deux autres ont été soupçonnés de malversations autour de l'achat de masques médicaux au début de la pandémie.

«Séisme»

S'y ajoute une perte de repères idéologiques. Durant les années Merkel, et après l'ère Helmut Kohl, la droite allemande s'est déplacée au centre, notamment sur les questions d'immigration, de société, voire même sociales. 

Ses électeurs les plus conservateurs sont partis pour l'extrême droite ou le parti libéral FDP.

"Toutes les années de gouvernement ont en partie gommé la spécificité programmatique" du parti CDU, analyse le politologue Karl-Rudolf Korte de l'Université de Duisbourg.

"Il est difficile aujourd'hui, au-delà de la capacité à gérer les situations de crise qui se présentent, de savoir quelle est l'essence" du mouvement, estime-t-il, précisant que dans son domaine de prédilection, l'économie, il "a désormais du mal à se distinguer des sociaux-démocrates auprès des citoyens".

Si les conservateurs ne parviennent pas à rester au pouvoir, "ce sera synonyme de séisme interne au sein du parti", avertit le groupe de presse régional RND.

"Je ne pense pas que Laschet serait capable de tenir le coup si son camp termine loin derrière le SPD. Ses détracteurs viendront alors en force et diront: +nous avons besoin d'un nouveau départ maintenant+", affirme le politologue Oskar Niedermayer de l'Université libre de Berlin.

Le parti pourrait alors éclater entre tenants d'une ligne économiquement plus libérale, représentée par Friedrich Merz, ou conservatrice plus traditionnelle, incarnée par le bavarois Markus Söder. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.