Chine: le pouvoir tente de reprendre en mains sa jeunesse

«La génération internet trouve toujours le moyen d'échapper au contrôle des parents et du pouvoir», observe Altman Peng. (AFP)
«La génération internet trouve toujours le moyen d'échapper au contrôle des parents et du pouvoir», observe Altman Peng. (AFP)
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Publié le Mercredi 29 septembre 2021

Chine: le pouvoir tente de reprendre en mains sa jeunesse

  • Le régime communiste a limité ces derniers mois le temps que les mineurs peuvent consacrer aux jeux vidéo et a radicalement limité les cours de soutien scolaire
  • Ces mesures à former une jeunesse plus en phase avec les traditionnelles valeurs socialistes et nationalistes défendues par le président Xi Jinping

PEKIN: De la musique aux jeux en ligne, en passant par la téléréalité et les cours particuliers, la Chine tente de reprendre en mains sa jeunesse et d'imposer des valeurs viriles, par opposition à une décadence morale qui viendrait de l'étranger.


Coup sur coup, le régime communiste a limité drastiquement ces derniers mois le temps que les mineurs peuvent consacrer aux jeux vidéo et a radicalement limité les cours de soutien scolaire.


Des mesures prises au nom de la santé publique (lutter contre la fatigue de l'écran et la myopie) mais aussi de l'égalité (éviter que les parents les plus riches fassent de leurs enfants des bêtes à concours).


Mais elles visent aussi à former une jeunesse plus en phase avec les traditionnelles valeurs socialistes et nationalistes défendues par le président Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir il y a neuf ans.


"Il s'agit d'une politique délibérée destinée à renforcer le contrôle idéologique de la population", observe Cara Willis, spécialiste des médias à l'Université A&M du Texas.


Il est par exemple désormais illégal de rémunérer un professeur d'anglais enseignant la langue de Joe Biden en ligne depuis les Etats-Unis. Une fenêtre sur le monde extérieur est désormais fermée.


Dans le viseur également, les contenus "vulgaires" diffusés sur le petit écran et les réseaux sociaux, appelés à privilégier plutôt les valeurs "patriotiques".


Fini les émissions de téléréalité inspirées par la pop culture japonaise ou sud-coréenne, certains télécrochets... et surtout les stars de la chanson à l'allure par trop efféminée. 

Xi à l'école 
Alors que la tension monte avec l'Occident, Pékin semble préférer une conception plus testostéronée du mâle chinois, incarnée par le "loup combattant", ce héros de films musclés qui a fait un malheur dans les salles obscures.


Certains médias ont trouvé un coupable: l'influence étrangère.


Le quotidien nationaliste Global Times voit ainsi dans le manque de virilité supposé des stars est-asiatiques un complot de la CIA datant de l'après-guerre, destiné à infiltrer le secteur du divertissement au Japon pour y promouvoir des artistes "efféminés" et ainsi affaiblir l'image des hommes japonais.


Un modèle qui se serait ensuite diffusé en Corée du Sud et en Chine, selon le journal.


Altman Peng, spécialiste de la représentation sexuelle dans les médias à l'Université de Newcastle (Angleterre), décelle au sein du pouvoir chinois "une peur pour la prospérité future du pays liée à la qualité des jeunes générations".


Le Parti communiste au pouvoir se sent menacé par un monde du spectacle "qui offre une alternative à son orientation idéologique", observe le sinologue Steve Tsang, de l'université SOAS à Londres.


On ne s'oppose pas aux directives du régime: des centaines de développeurs de jeux vidéo se sont engagés à bannir les contenus "politiquement nocifs" ou qui relèvent du "culte de l'argent". 


Contrôler l'information et le divertissement n'est certes pas nouveau en Chine communiste, avec une censure qui a frappé par le passé les porteurs de boucles d'oreille, de tatouages, ou encore les paroles de chansons rap.


Cette fois, le pouvoir a trouvé un modèle différent pour les jeunes: le président Xi en personne, dont la "pensée" est désormais au programme dès l'école primaire.

«La planche»
Mais le pouvoir peine à convaincre la jeunesse d'assurer l'avenir du pays: si les couples sont désormais autorisés à avoir trois enfants, cette libéralisation annoncée en mai a été accueillie par des sarcasmes de la part de parents écrasés par le coût des loyers et de l'éducation.


D'autres refusent purement et simplement la compétition à tout prix offerte par le monde du travail et choisissent de faire "la planche", un mode de vie sans contraintes dénoncé par la presse officielle.


Quant aux amateurs de jeux vidéo, certains ont déjà trouvé la parade à la limitation des heures de jeu, en empruntant des identifiants d'adultes.


"La génération internet trouve toujours le moyen d'échapper au contrôle des parents et du pouvoir", observe Altman Peng.


Su, une amatrice de téléréalité âgée de 21 ans, reconnaît que les nouvelles règles "pourraient faire du bien à certains adolescents immatures".


"Moi je suis une adulte et je peux décider par moi-même", assure la jeune femme qui préfère ne pas donner son nom complet. "Ce genre de règles qui s'imposent à tous ne favorisent pas la diversité".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.