Le graphène, le «matériau miracle» qui alimente le complotisme antivaccin

Manifestation anti-vaccin, le 23 juillet au Chili (Photo, AFP).
Manifestation anti-vaccin, le 23 juillet au Chili (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 02 octobre 2021

Le graphène, le «matériau miracle» qui alimente le complotisme antivaccin

  • Ultra-résistant, ultra-stable et ultra-conducteur, le graphène promet de révolutionner l'industrie aérospatiale, énergétique et médicale
  • Certaines vidéos tentent de «démontrer» que les vaccins anticovid contiennent des ingrédients nocifs comme le graphène, afin notamment de «contrôler la volonté» des gens grâce à des propriétés magnétiques

BUENOS AIRES, Argentine: Ultra-résistant, ultra-stable et ultra-conducteur, le graphène promet de révolutionner l'industrie aérospatiale, énergétique et médicale. Mais en raison de sa nouveauté et de ses immenses potentialités, ce nanomatériau fait aussi l'objet dans le monde d'innombrables messages de désinformation de la part des antivaccins. 

Qu'es-ce que le graphène ?

Souvent qualifié de "matériau miracle", le graphène est parmi les plus légers découverts à ce jour. Composé de carbone, il a été identifié en 1947, mais isolé seulement en 2004 par le Néerlandais Andre Geim et le Russo-Britannique Konstantin Novoselov, ce qui leur a valu en 2010 le prix Nobel de physique.

Ce matériau possède des propriétés chimiques et physiques uniques, ce qui en fait un "des plus prometteurs pour les technologies du futur", explique à l'AFP le chercheur argentin Marcelo Mariscal, spécialiste des nanotechnologies. 

Le graphène fait l'objet de recherches pour la fabrication de capteurs de très haute sensibilité, de dispositifs électroniques souples, notamment pour les voitures, avions, satellites. Il stocke très facilement l'énergie, ce qui en fait un matériau de choix pour les batteries de voitures. 

Il pourrait aussi avoir des débouchés dans la construction et la médecine, notamment comme vecteur pour les thérapies géniques, la médecine moléculaire et les vaccins. 

Quel lien avec les vaccins anticovid ?

Comme cela a déjà été le cas avec les technologies de la 5G et des micropuces, le graphène fait l'objet de nombreuses théories du complot de type "cheval de Troie". Selon ces théories, des gouvernements ou des personnalités chercheraient à "contrôler" à distance les personnes grâce à de matérieux injectés par le biais de vaccins contre le Covid-19, ou suivre leurs déplacements par GPS.

Ces rumeurs ont surgi au printemps 2021 après que le Canada a retiré du marché des masques médicaux contenant du graphène en raison de possibles risques pour la santé. 

Un mois plus tard, alors que les campagnes de vaccination anticovid battent leur plein en Europe, aux Etats-Unis et progressent en Amérique latine et ailleurs dans le monde, des utilisateurs des réseaux sociaux accusent le vaccin de les avoir "magnétisés". 

Les vidéos traversent les frontières afin de "démontrer" que les vaccins anticovid contiennent des ingrédients "secrets" et nocifs, dont du graphène, afin notamment de "contrôler la volonté" des gens grâce à des propriétés magnétiques. 

D'autres affirment que de l'oxyde de graphène, un dérivé, est présent dans les vaccins et "altère le champ électromagnétique" des personnes, pouvant occasionner leur décès. 

Que sait-on ?

Aucun des vaccins anticovid homologués par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont la composition est publique, ne contient du graphène ou de l'oxyde de graphène. 

Ni le graphène, ni l'oxyde de graphène n'ont de propriété magnétiques naturelles, indiquent les scientifiques interrogés par l'AFP. 

"Il n'est magnétique que dans des conditions de laboratoire très spécifiques (...) dans les conditions naturelles il perd ses propriétés magnétiques", souligne Diego Peña du Centre de recherche en chimie biologique et matériaux moléculaires d'Espagne. 

Le graphène et l'oxyde de graphène font aussi l'objet de recherches à des fins biomédicales, mais "il s'agit d'études modèles dans des phases de science fondamentale, qui sont encore loin d'une application", explique Marcelo Mariscal.

Concernant les masques vendus au Canada, leur vente a d'ailleurs repris après qu'une étude a montré que "les particules de graphène (...) ne sont pas libérées par ces masques en quantités susceptibles de provoquer des effets néfastes sur les poumons".

Pour Marcelo Mariscal, "toutes les attentes de la presse et du marché vis-à-vis d'un matériau qui promet de révolutionner l'industrie - comme l'acier ou les matériaux polymères l'ont fait en leur temps - en font une cible" de choix pour les complotistes.

"Les recherches qui suscitent beaucoup d'espoir ont un problème : les gens veulent en voir les effets très rapidement", souligne Ester Vazquez Fernandez-Pacheco, de l'Institut régional de recherche scientifique appliquée (IRICA) de Castille et Mancha, en Espagne. 

Or "tout développement technologique requiert de nombreuses années (...) et cette idée malheureusement ne se diffuse pas de manière efficace", souligne-t-elle. 

"Le matériau est connu, tout le monde sait qu'il est réel, mais tout le monde ne peut pas comprendre comment on travaille avec", il est donc "très facile de faire croire des choses sans aucun fondement scientifique".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.