Après les élections, l'Allemagne à l'heure des négociations de coalition

Arrivé en tête des législatives allemandes, Olaf Scholz va devoir patienter avant de succéder à Angela Merkel au poste de chancelier. (Photo, AFP)
Arrivé en tête des législatives allemandes, Olaf Scholz va devoir patienter avant de succéder à Angela Merkel au poste de chancelier. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 03 octobre 2021

Après les élections, l'Allemagne à l'heure des négociations de coalition

  • Près de six Allemands sur dix (59%) souhaitent ainsi une coalition «tricolore» entre SPD, Verts et FDP, contre 24% qui lui préfèreraient une coalition menée par les conservateurs, selon un sondage pour la chaîne publique ZDF
  • Pour trois quarts des personnes interrogées, Scholz, expérimenté mais dénué de charisme, doit être le prochain chancelier. Seuls 13% penchent pour Armin Laschet

BERLIN : Après les élections, les tractations: les sociaux-démocrates, arrivés en tête, et les conservateurs d'Angela Merkel, tombés à un niveau historiquement bas, entament dimanche des pourparlers séparés pour tenter de bâtir une coalition et conquérir la chancellerie.

L'enjeu est de taille pour la première économie européenne, qui garde un souvenir amer des précédentes négociations de coalition en 2017, qui avaient duré des mois et provoqué une paralysie de l'Union européenne.

Le SPD d'Olaf Scholz, en pole position pour tenter de former le prochain attelage au pouvoir après sa courte victoire, rencontrera dimanche tour à tour les libéraux du FDP et les Verts, les deux partis faiseurs de chancelier.

L'objectif de M. Scholz est clair: succéder à Angela Merkel à la chancellerie, à la tête d'une coalition "tricolore" avec ces deux formations.

«Partie de poker»

"Il est clair dans tous les sondages que les gens ne veulent pas que la CDU-CSU fasse partie du prochain gouvernement", a résumé samedi le nouvel homme fort de la social-démocratie allemande dans l'hebdomadaire Der Spiegel, qui le présente en une comme le probable futur chancelier.

Mais l'union conservatrice CDU-CSU, bien que passée pour la première fois depuis 1949 sous la barre des 30%, n'a pas dit son dernier mot et entend bien tout faire pour tenter de conserver la chancellerie.

Les chrétiens-démocrates de l'impopulaire Armin Laschet mèneront ainsi des pourparlers avec les libéraux dimanche, avant de rencontrer les "Grünen" mardi.

Tous les ingrédients sont donc réunis pour une gigantesque "partie de poker", selon le Spiegel, en vue de composer le futur attelage aux manettes du pays.

L'opinion publique semble pourtant avoir clairement tranché en faveur du SPD et de son chef de file, actuel ministre des Finances du gouvernement de grande coalition.

Près de six Allemands sur dix (59%) souhaitent ainsi une coalition "tricolore" entre SPD, Verts et FDP, contre 24% qui lui préfèreraient une coalition menée par les conservateurs, selon un sondage pour la chaîne publique ZDF.

Pour trois quarts des personnes interrogées, M. Scholz, expérimenté mais dénué de charisme, doit être le prochain chancelier. Seuls 13% penchent pour Armin Laschet.

Les discussions s'annoncent cependant ardues avec ces deux partis.

Les libéraux ne cachent pas qu'ils auraient préféré traiter avec les conservateurs. Mais quatre ans après avoir renoncé à s'entendre avec Angela Merkel, ils semblent cette fois prêts à faire des concessions.

Les Verts eux aussi sont prêts à lâcher du lest pour former un "gouvernement progressiste" avec le SPD.

Ils ne font ainsi plus de l'instauration d'une limitation de vitesse sur l'autoroute un totem incontournable d'une éventuelle participation au gouvernement.

Les deux partis, arrivés en tête chez les jeunes électeurs, sont également en phase pour réclamer la suppression de la criminalisation de la publicité pour l'avortement, à laquelle sont attachés les conservateurs.

Dans ce contexte, le co-président du SPD, Norbert Walter-Borjans s'est voulu optimiste samedi: "nous pourrions entamer des négociations formelles de coalition en octobre et les conclure d'ici décembre".

«Naphtaline»

Mais les conservateurs rechignent à tirer un trait sur le pouvoir après l'avoir exercé sans discontinuer depuis 2005.

Dans le parti de Mme Merkel, l'heure semble cependant être aux règlements de compte et querelles d'ego.

M. Laschet, dont l'image a été un peu plus abîmée par sa réticence à reconnaître sa défaite, semble de plus en plus menacé.

"Il est là comme quelqu'un qui s'accroche à son poste de chef de parti de la manière la plus indigne qui soit et qui veut accéder à la chancellerie avec toute sa force brute, alors que presque personne d'autre ne le souhaite", a résumé samedi le quotidien Süddeutsche Zeitung.

Friedrich Merz, ennemi intime de Mme Merkel et candidat malheureux à la présidence de la CDU en début d'année, s'est d'ores et déjà dit prêt à diriger un parti "devenu paresseux dans sa façon de penser".

L'actuel ministre de la Santé, l'ambitieux Jens Spahn, appelle lui à un rajeunissement pour sortir le parti de la "naphtaline".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.