«Au revoir mon Phénix»: Bernard Tapie s'éteint à 78 ans

Grande gueule aux serments faciles, il avait le teint hâlé, les cheveux drus et les mâchoires fortes. Son plus gros défaut, admettait-il, était de ne pas «prendre le temps» d'expliquer ses actions. (AFP)
Grande gueule aux serments faciles, il avait le teint hâlé, les cheveux drus et les mâchoires fortes. Son plus gros défaut, admettait-il, était de ne pas «prendre le temps» d'expliquer ses actions. (AFP)
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Publié le Dimanche 03 octobre 2021

«Au revoir mon Phénix»: Bernard Tapie s'éteint à 78 ans

  • Bernard Tapie a été pendant plus de 40 ans une figure marquante de l'histoire politique, économique et sociétale de la France
  • L'accusation a requis cinq ans d'emprisonnement avec sursis à son encontre pour complicité d'escroquerie et détournement de fonds publics

Une personnalité majeure de la république disparait, l'ancien ministre et homme d'affaires, Bernard Tapie le passionné de sport, est mort d'un cancer à l'âge de 78 ans dont il souffrait depuis plusieurs années.

Bernard Tapie a été pendant plus de 40 ans une figure marquante de l'histoire politique, économique et sociétale de la France, de par son charisme, ses éclats mais aussi ses coups tordus.

"Dominique Tapie et ses enfants ont l'infinie douleur de faire part du décès de son mari et de leur père, Bernard Tapie, ce dimanche 3 octobre à 8h40, des suites d'un cancer", a annoncé sa famille par l'intermédiaire du groupe de presse La Provence, dont il était l'actionnaire majoritaire. 

"Au revoir mon Phénix", a posté l'un de ses fils, Stéphane Tapie, sur son compte Instagram, en légende d'une photo en noir et blanc de lui et son père, qui fut tour à tour entrepreneur, ministre, acteur, président de l'Olympique de Marseille et patron du groupe de médias. 

"Il est parti paisiblement, entouré de sa femme, ses enfants, ses petits-enfants et son frère, présents à son chevet. Il a fait part de son souhait d'être inhumé à Marseille, sa ville de cœur", poursuit le communiqué de la famille à La Provence.

Principales étapes de sa carrière:

26 janvier 1943: naissance à Paris. 

Années 1980: repreneur d'entreprises en difficultés (Terraillon, Look, La Vie Claire, Wonder, Testut et, son coup d'éclat, en 1990, Adidas).

1989: élu député "Majorité présidentielle" des Bouches-du-Rhône (réélu en 1993). Affronte lors d'un fameux débat télévisé le leader du Front national, Jean-Marie Le Pen.

Avril-mai 1992: éphémère ministre de la Ville dans le gouvernement socialiste de Pierre Bérégovoy. Il le redeviendra pendant 3 mois l'année suivante.

1993: l'Olympique de Marseille, qu'il préside, remporte la Ligue des Champions. Début de l'affaire du match de football truqué Valenciennes-OM. Vend Adidas à un groupe d'investisseurs piloté en sous-main par sa propre banque, le Crédit lyonnais, alors publique. 

1994: la liste MRG aux européennes qu'il conduit arrive, à la surprise générale, à peine 2,5 points derrière celle du socialiste Michel Rocard.

1995: procès VA-OM. Est condamné pour corruption. Placé en faillite personnelle l'année suivante, il perd ses mandats électifs. Il fait six mois de prison en 1997.

1996/2008: écrit, fait de la radio, du cinéma, du théâtre, joue le "Commissaire Valence" dans la série à succès de TF1.

2012: devient propriétaire du quotidien "La Provence".

2017: condamné, après une bataille judiciaire dantesque, à rembourser les 403 millions d'euros obtenus pour mettre un terme à son litige avec le Crédit lyonnais. Dans le volet pénal de l'affaire, il sera relaxé deux ans plus tard. Le parquet fait appel.

2017: sa femme annonce qu'il souffre d'un cancer de l'estomac.

4 avril 2021: victime d'un violent cambriolage à son domicile en région parisienne.

09 juin 2021: fin du procès en appel sur le volet pénal de l'arbitrage. Le parquet requiert, en son absence, 5 ans de prison avec sursis.

03 octobre 2021 : décès des suites de son cancer

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L'Olympique de Marseille, dont les supporters multipliaient ces derniers jours les soutiens à celui qu'ils surnommaient le «boss». (AFP)

Très rapidement une pluie de réactions a afflué, à commencer par le Premier ministre Jean Castex qui a salué "un combattant", "très engagé contre l'extrême droite, mais surtout pour des causes, son club, sa ville, l'entreprise aussi. Bref un homme très engagé qui a tout donné et je crois qu'on l'a vu aussi contre la maladie".

L'Olympique de Marseille, dont les supporters multipliaient ces derniers jours les soutiens à celui qu'ils surnommaient le "boss", a estimé sur Twitter qu'il "laissera un grand vide dans le cœur des Marseillais et demeurera à jamais dans la légende du club". Bernard Tapie est décédé un jour où son ancienne équipe allait jouer, à 17h00, sur la pelouse des Dogues lillois.

Le maire socialiste de Marseille, Benoît Payan, a lui promis que la ville "sera au rendez-vous pour lui rendre un hommage populaire à sa hauteur", ajoutant: "Bernard Tapie, à jamais Marseillais". 

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En 1993, c'est quelques jours avant la victoire de Marseille en Coupe d'Europe des clubs champions qu'éclate l'affaire de corruption du match OM-VA.   (AFP)

Jean-Louis Borloo, avocat historique de Bernard Tapie et son ami depuis 45 ans, a salué dimanche le "courage", la "force", le panache" de celui qu'il considérait comme son "frère".

Dans un message s'adressant à l'ancien homme d'affaires, l'ancien ministre écrit : "Quel ultime combat ! Courage, force, panache, entouré des tiens, les amours de ta vie, et malgré ceux qui, à défaut d’avoir ta gueule, ton talent, ton charisme, ta générosité, ta bonté, ton humour, tes fulgurances, n’ont cessé hélas de te harceler".

Six vies en une

"J'ai eu un parcours extraordinaire" ou "Je suis plus qu'heureux !", s'exclamait Tapie dans les médias, en dépit de la maladie, celui qui a connu au moins six vies publiques : entrepreneuriale, politique, sportive, artistique, médiatique et judiciaire.

Incarnation de la réussite sociale et de la flamboyance des années 80, "Nanard", que les Guignols de Canal + qualifiaient de "sévèrement burné", était devenu le symbole de l'homme d'affaires sulfureux à partir du match de football truqué Marseille-Valenciennes en 1993. Un épisode qui lui valut six mois de prison en 1997 pour corruption et subornation de témoin.

Grande gueule aux serments faciles, il avait le teint hâlé, les cheveux drus et les mâchoires fortes. Son plus gros défaut, admettait-il, était de ne pas "prendre le temps" d'expliquer ses actions. Il assumait aussi le fait d'avoir été un "emmerdeur" parce que, disait-il, "je ne lâche pas les gens". 

Daniel Cohn-Bendit, qui l'a côtoyé au Parlement européen, évoquait un "enchanteur", un amateur d'"histoires abracadabrantesques" qu'il "ne faut pas toujours croire".

Le débat Tapie-Le Pen 

Né le 26 janvier 1943 à Paris, il est le fils d'un ouvrier-chauffagiste. Brièvement membre des Jeunesses communistes, le petit prolo "aux yeux trop grands" (titre d'un de ses livres) pilote des voitures de course, vend des télés, se lance dans la chansonnette.

En 1977, il se spécialise dans la reprise et la revente de sociétés en difficulté. Surnommé le "Zorro des entreprises", il s'illustre en 1990 avec le rachat d'Adidas, géant allemand de l'équipement sportif. Il se bâtit un empire et une fortune qui lui permettent de s'offrir un hôtel particulier à Paris et un luxueux voilier, le "Phocéa".

En 1983, Bernard Tapie investit dans les activités sportives, d'abord en montant une équipe cycliste, "La Vie claire", puis en reprenant le club de foot de l'Olympique de Marseille. En 1988, il bat le record de la traversée de l'Atlantique nord en monocoque à bord du "Phocéa" sur lequel il se trouve en tant qu'armateur : "ce fut le plus beau jour" de ma vie, a-t-il assuré en 2020.

Mettant à profit sa notoriété, il se lance en politique. Défenseur des jeunes de banlieue, il frappe les esprits en acceptant un débat télévisé en 1989 face à la "bête médiatique" qu'est Jean-Marie Le Pen: il ne se démonte pas, le leader du Front national ne gagne pas.

Il devient député ("Majorité présidentielle") des Bouches-du-Rhône en 1989 et enchaîne les succès: aux régionales de 1992, aux législatives de 1993, aux européennes de 1994. Dans ce scrutin, sa liste MRG taille des croupières à celle de Michel Rocard (PS) et met fin, sous l’œil ravi du président François Mitterrand, séduit par son abattage, aux ambitions présidentielles de l'ex-Premier ministre. 

Au printemps 1992, il est nommé ministre de la Ville dans le gouvernement Bérégovoy mais doit démissionner au bout de deux mois pour abus de biens sociaux. Après un non-lieu, il revient à ce poste pour trois mois fin 1992-début 1993. 

En 1993, c'est quelques jours avant la victoire de Marseille en Coupe d'Europe des clubs champions qu'éclate l'affaire de corruption du match OM-VA.  

Dès lors, les foudres de la justice vont s'abattre sur lui, se soldant par de la prison, une mise en liquidation judiciaire personnelle et la perte de ses mandats électifs.

«Commissaire Valence»

Ce père de quatre enfants va se replier sur sa famille, autour de sa seconde épouse Dominique -son roc-, faire du cinéma ("Hommes, femmes, mode d'emploi", de Claude Lelouch), de la radio et du théâtre. Sur TF1, il tient le rôle du "Commissaire Valence", de 2003 à 2008. Après être revenu aux affaires en 2009, il met en 2012 la main sur les derniers titres du groupe Hersant, dont "La Provence", à Marseille. 

En 2008, il empoche les quelque 400 millions d'euros que lui octroie l'arbitrage dans son vieux conflit avec le Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas. Mais, neuf plus tard, il est condamné définitivement à rendre l'intégralité des sommes.

Pourtant, dans le volet pénal de cette saga judiciaire, le tribunal le relaxe en juillet 2019 des accusations "d'escroquerie". "Mon cancer vient de prendre un sale coup dans la gueule ! C'est bien la preuve qu'il faut toujours, toujours, se battre jusqu'au bout", avait-il réagi même si le parquet a ensuite fait appel.

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Au printemps 1992, Tapie est nommé ministre de la Ville dans le gouvernement Bérégovoy mais doit démissionner au bout de deux mois pour abus de biens sociaux.

165 jours de prison 
Pour de nombreux supporteurs marseillais, il est resté "Le Boss".
C'est aussi à l'OM qu'éclate la première grande affaire qui le met en cause, celle du match truqué entre Marseille et Valenciennes, dite "VA-OM", pour laquelle il est condamné pour complicité de corruption et subornation de témoins et passe 165 jours en prison en 1997.
Il sera ensuite condamné dans d'autres dossiers, pour abus de biens sociaux et fraude fiscale notamment, qui aboutissent à sa mise en liquidation judiciaire et la perte de tous ses mandats.
Celui qui a eu sa marionnette aux Guignols de Canal + a également été animateur de télévision et a fait l'acteur, au cinéma ou au théâtre. 
Père de quatre enfants, il a en outre coiffé la casquette de patron de presse en acquérant, en 2012, les derniers titres du groupe Hersant et en dirigeant depuis le groupe "La Provence".

L'affaire Adidas 
Très affaibli mais toujours combatif, Bernard Tapie comparaissait encore en mai dernier devant ses juges dans un des volets de "l'affaire de sa vie", son conflit financier de près de trente ans avec le Crédit Lyonnais autour de la revente de l'équipementier sportif Adidas.

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Tapie comparaissait encore en mai dernier devant ses juges dans un des volets de «l'affaire de sa vie», son conflit financier de près de trente ans avec le Crédit Lyonnais autour de la revente de l'équipementier sportif Adidas. (AFP)

"Madame la présidente, il est temps, franchement, qu'on arrête avec cette justice-là !", lançait-il à la cour d'appel saisie de l'arbitrage controversé rendu en 2008, depuis annulé au civil, qui lui avait octroyé 408 millions d'euros dans son litige avec le Crédit Lyonnais.
Déjà interrompu six mois à l'automne 2020, ce procès s'est terminé en l'absence de l'homme d'affaires, de nouveau hospitalisé.
L'accusation a requis cinq ans d'emprisonnement avec sursis à son encontre pour complicité d'escroquerie et détournement de fonds publics - la décision est attendue ce mercredi.
En juin, il a publié avec le journaliste Franz-Olivier Giesbert un livre en forme de testament, titré "Bernard Tapie. Leçons de vie, de mort et d'amour", où il revenait notamment sur la "plus grosse" des "conneries" de sa carrière, la vente d'Adidas.
Il y racontait son rapport à Dieu, son statut de quasi "ennemi public numéro 1", après sa chute et la dépossession de ses biens, la privation de ses droits civiques ou son agression en avril dernier, à son domicile, lors d'un violent cambriolage nocturne.

A Marseille, chapelle ardente au Vélodrome et obsèques à la cathédrale de la Major

Une chapelle ardente en hommage à Bernard Tapie sera dressée cette semaine au stade Vélodrome, berceau de l'équipe de l'OM dont il fut président, avant des obsèques à la cathédrale de la Major, a annoncé dimanche à l'AFP le maire de Marseille.

"Marseille sera au rendez-vous pour lui rendre un hommage populaire à sa hauteur", avait auparavant annoncé Benoît Payan, le maire socialiste de la seconde ville de France, en saluant un homme "solaire, rebelle, déterminé, Marseillais par le destin, (qui) a trouvé à Marseille un état d'esprit, une ville qu'il a su à sa manière incarner, jusqu'à se confondre avec elle dans ce qu'elle a de pire ou de meilleur".

"La famille souhaite que Bernard Tapie entre une dernière fois au stade Vélodrome", a expliqué M. Payan, en évoquant "une chapelle ardente" où les supporters et les Marseillais pourraient venir se recueillir pour saluer l'ancien président de l'Olympique de Marseille.

Quant aux obsèques, elles se tiendront à la cathédrale de la Major, face à la Méditerranée, a ajouté le maire de Marseille, sans pouvoir encore préciser la date de la cérémonie.

Lui-même se rendra dès cette après-midi pour participer à "l'hommage populaire et spontané" des Marseillais au stade Vélodrome, devant lequel une gigantesque photo noir et blanc de Bernard Tapie, en costume-cravate, ballon de football à la main, a été installée. 

"Bernard Tapie fait partie de l'histoire de Marseille", avait assuré M. Payan dans le communiqué de réaction officielle de la ville: "L'histoire d'une étoile, lors d'une nuit européenne (NDLR: en 1993, quand l'OM décroche la première et seule Ligue des champions du football français). Cette nuit-là, nous étions sur le toit du monde. J'avais 15 ans et comme moi, des centaines de milliers de Marseillais, de tous âges et toutes conditions, ont vécu un rêve éveillé".

"Comme sa ville, jamais il ne laissa indifférent. Entrepreneur, ministre, chanteur, pilote, animateur de télévision, acteur, comédien. A jamais Président de l'OM. Bernard Tapie aura eu 1.000 vies. Toutes vécues comme si c'était la dernière", insiste M. Payan.

Dans une vidéo sur Twitter, l'actuel président de l'OM, l'Espagnol Pablo Longoria, a lui aussi promis que le club "saura rendre un digne hommage" à son ancien patron, celui que tout le monde, à Marseille, appelait le "boss".


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.