Opéra de Paris: un nouveau capitaine pour retrouver des eaux plus calmes

Alexander Neef pose pour une séance photo. (Joel SAGET/AFP).
Alexander Neef pose pour une séance photo. (Joel SAGET/AFP).
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Publié le Mardi 15 septembre 2020

Opéra de Paris: un nouveau capitaine pour retrouver des eaux plus calmes

  • Nommé l'année dernière par le président Emmanuel Macron, cet Allemand polyglotte de 46 ans aurait dû avoir jusqu'en août 2021 pour se préparer à la succession de Stéphane Lissner
  • Mais, sous l'impulsion de la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, grande mélomane, Alexander Neef arrive un an plus tôt que prévu, en pleine pandémie

PARIS : C'est un vaisseau qui semble à la dérive depuis un an, avec une grève historique suivie de la crise sanitaire. Nouveau maître à bord, Alexander Neef dit vouloir naviguer en douceur vers une identité renouvelée de l'Opéra de Paris.

Nommé l'année dernière par le président Emmanuel Macron, cet Allemand polyglotte de 46 ans aurait dû avoir jusqu'en août 2021 pour se préparer à la succession de Stéphane Lissner, qui a replacé Paris sur la carte lyrique mondiale, doublé le mécénat et tenté de rajeunir le public.

Mais, sous l'impulsion de la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, grande mélomane, Alexander Neef arrive un an plus tôt que prévu, en pleine pandémie et avec "l'Opéra à genoux" selon les mots de son prédécesseur: 45 millions d'euros de pertes de billetterie, baisse d'un tiers des recettes du mécénat et de 45% des abonnements pour la saison 2020-2021.

"Refonder la légitimité" de l'Opéra

Remettre à flot l'Opéra ne sera pas la tâche la plus compliquée de M. Neef: les pertes seront épongées grâce aux 81 millions d'euros d'aide de l'Etat. Il doit cependant, selon Roselyne Bachelot, "repenser le modèle de fonctionnement" de la vénérable maison, créée il y a plus de 350 ans par Louis XIV

Le nouveau directeur au ton posé ne semble pas intimidé. Mais il s'avance avec prudence. "Réformer l'Opéra de Paris est une ambition aussi ancienne que l'Opéra de Paris lui-même", déclare-t-il en souriant.

"Ma démarche n'est certainement pas d’arriver en disant +c'est ainsi que les choses doivent se faire... Nous ne voulons pas travailler dans un climat de peur", indique Alexander Neef, qui a rencontré les syndicats de la maison et veut entamer un dialogue sans lequel "rien ne serait possible".

La "grande boutique", comme la surnommait Verdi, est une vitrine culturelle de la France, mais on lui reproche encore d'être trop grande, trop coûteuse (95 millions d'euros de subventions pour un budget de 220 millions), trop parisienne (11,4% seulement de spectateurs de province) et réfractaire aux réformes.

Son nouveau patron la connaît bien; il y a été le directeur de casting (2004-2008). Depuis, les subventions sont passées de 60% à 40% du budget total, mais la pandémie pousse à s'interroger sur "le monde d'après" dans le milieu lyrique.

"En 2004, personne ne se posait des questions comme +pourquoi cette compagnie existe?+. Il faut aujourd’hui qu'on refonde la légitimité de notre institution mais aussi de notre art (...). Et réfléchir à comment se préparer si une interruption prolongée de spectacles se reproduisait", dit celui qui gère encore à distance la Canadian Opera Company jusqu'à l'arrivée de son successeur.

"Renouer le lien avec le public"

Il préfère le mot "évolution" à "révolution", et deux ex-administrateurs de la maison, qui le secondent, doivent rendre une "feuille de route" fin novembre.

Les réformes seront d'autant plus délicates que la maison emploie quelque 1.700 personnes (près de 70% des dépenses) et est familière des grèves. 

"Il y a une perception de gaspillage car beaucoup ont encore du mal à comprendre pourquoi on a besoin d'autant de monde pour monter un opéra. Mais on est fier qu'au XXIe siècle, on ait autant de talents, de vrais gens au service d'un vrai public".

Si la maison a toujours accueilli les plus grandes voix, il est convaincu que "l'Opéra a besoin de présenter des stars mais aussi de créer des stars".

Alexander Neef veut réfléchir "sur une identité pour l'Opéra", comme "un portail à travers lequel on présente les artistes français au monde et on invite le monde chez nous".

Pour l'heure, une priorité est "de renouer le lien avec le public", même si le début de saison est amputé en raison de travaux à l'automne dans les deux théâtres, avec une série de concerts et de ballets avec jauge réduite à Garnier

Assurant que "ballet et opéra sont des piliers égaux", il discute avec Aurélie Dupont, directrice de la danse, de "l'équilibre entre classique et moderne".

Il veut encourager la diversité des spectateurs et des artistes et aller auprès du public qui se dit "l'opéra, ce n'est pas pour moi".

"Les théâtres ressemblent à des forteresses pour des initiés; il faut trouver les moyens de briser cette appréhension".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".