Cinéma: Arab et Tarzan Nasser, jumeaux, anticonformistes et amoureux de Gaza

Cinéastes anticonformistes au look de guitaristes métal, les jumeaux Arab et Tarzan Nasser (Photo, AFP)
Cinéastes anticonformistes au look de guitaristes métal, les jumeaux Arab et Tarzan Nasser (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 05 octobre 2021

Cinéma: Arab et Tarzan Nasser, jumeaux, anticonformistes et amoureux de Gaza

Cinéastes anticonformistes au look de guitaristes métal, les jumeaux Arab et Tarzan Nasser (Photo, AFP)
  • Deuxième long-métrage de ces deux Palestiniens aux vestes de cuir, chevelure jusqu'aux épaules et barbe charbonneuse, «Gaza Mon Amour» sort en salles mercredi en France
  • Famille, police, militants islamistes, toute la société gazaouïe est embarrassée par cette trouvaille et ces deux personnages qui ne marchent pas au pas

PARIS: Cinéastes anticonformistes au look de guitaristes métal, les jumeaux Arab et Tarzan Nasser puisent leur énergie, et l'inspiration de leur dernier film, dans une jeunesse à Gaza pour toujours dans leur esprit. 

Deuxième long-métrage de ces deux Palestiniens aux vestes de cuir, chevelure jusqu'aux épaules et barbe charbonneuse, « Gaza Mon Amour » sort en salles mercredi en France. Il raconte la rencontre amoureuse entre deux Gazaouïs modestes : un pêcheur sexagénaire et vieux garçon (Salim Daw, acteur palestinien vu notamment dans la série « Le bureau des légendes »), et une couturière du marché, qui élève seule sa fille. 

Elle est interprétée par l'actrice franco-palestinienne Hiam Abbass, qui a tourné avec Patrice Chéreau ou Jean Becker mais aussi à Hollywood. Dans une société traditionnelle, où police et religion sont omniprésentes, le rapprochement de ces coeurs solitaires n'a déjà rien d'évident. 

Mais lorsque le sort s'en mêle, c'est le début des ennuis : le personnage principal pêche par hasard au large une statue antique d'Apollon, doté d'un pénis en érection, qu'il tente de cacher chez lui. 

Famille, police, militants islamistes, toute la société gazaouïe est embarrassée par cette trouvaille et ces deux personnages qui ne marchent pas au pas. 

Le film, teinté d'absurde, « est inspiré de la vie quotidienne à Gaza, loin des clichés », explique Arab Nasser, dont le père a inspiré une facette du personnage principal. 

Ce dernier ne rentre dans aucune case : il n'est pas candidat à l'émigration, écoute de la musique sur de vieilles cassettes, ne touche ni à la politique ni à la religion et fait des rêves érotiques même lorsqu'on le jette en prison... 

« C'est un Gazaouï très normal, pas impliqué dans la politique, comme il y en a plein », poursuit Arab Nasser, qui tenait à bâtir une histoire sur la vie quotidienne de ces Palestiniens qui ne passent jamais aux infos. 

« Il n'y a plus d'horizon »  

« Si vous regardez les pays autour de Gaza, même en Egypte, les gens ne connaissent rien des Gazaouïs, de leur vraie vie, mais seulement ce qu'ils en voient aux nouvelles », déplore son frère jumeau Tarzan. 

Dans un territoire dont la « mémoire a été détruite » par les affrontements avec Israël, « on voulait tourner une histoire d'amour loin de la politique et du reste », précisent-ils. 

Mais le conflit, omniprésent, rattrape tout, toile de fond permanente dans le film : bombardements, pression militaire et policière... 

Chez ces frères de 33 ans, installés depuis plusieurs années en France, le cinéma est tendre et désespéré à la fois. « Ce n'est pas une comédie, il n'y a pas de blagues, c'est sur la vraie vie des Gazaouïs, qui doivent faire avec l'humour pour survivre. Sinon, ils n'auraient plus qu'à se suicider », dit Tarzan. 

« Le ciel est occupé, tout est occupé, et (les Gazaouïs) vivent là, il n'y a plus d'horizon », poursuit-il. Le film se termine par une belle scène entre les deux amoureux, sur le petit bateau de pêche et sous l'oeil des drones israéliens, à la limite des maigres eaux concédées aux Palestiniens. 

Si eux-mêmes ont pu fuir la bande de terre surpeuplée, c'est après des études de Beaux-arts. Le cinéma, ils l'ont découvert à la télé : lorsqu'ils sont nés à la fin des années 1980, les dernières salles de Gaza venaient de fermer, racontent ces trentenaires marqués par l'oeuvre du réalisateur russe Andreï Tarkovski. 

Leur court-métrage « Condom Lead » a été le premier film palestinien montré en compétition officielle à Cannes, en 2013. « Dégradé », leur premier long, a été deux ans plus tard à la Semaine de la Critique, une section parallèle. 

« Gaza mon Amour » a été présenté à Venise et à Toronto. Toutes ces oeuvres ont un point commun : briser des tabous et montrer « la partie humaine » des habitants de Gaza, qu'ils comptent bien continuer de filmer. 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".