Après la fuite sur un oléoduc californien, «Surf City» broie du noir

Depuis le début de la catastrophe, plusieurs centaines de personnes ont été mobilisées pour nettoyer la légendaire plage d'Huntington Beach. (AFP)
Depuis le début de la catastrophe, plusieurs centaines de personnes ont été mobilisées pour nettoyer la légendaire plage d'Huntington Beach. (AFP)
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Publié le Jeudi 07 octobre 2021

Après la fuite sur un oléoduc californien, «Surf City» broie du noir

  • A Huntington Beach, le surf n'est pas seulement un sport ou un loisir, c'est pour beaucoup un mode de vie et l'endroit où l'on se rencontre entre copains
  • Une inspection sous-marine a révélé qu'un important segment de l'oléoduc avait été déplacé au fond de l'eau, et détecté une déchirure d'une trentaine de centimètres dans le tuyau

HUNTINGTON BEACH: "C'est bizarre de ne voir aucun surfeur à l'horizon, c'est très rare", assure Shawna Sakal, gérante d'une boutique spécialisée à Huntington Beach, au sud de Los Angeles.


En temps normal, l'eau est noire de sportifs en combinaison mais dimanche, elle était recouverte d'une nappe de pétrole brut qui a entraîné la fermeture de la plage sur des kilomètres.


Les autorités californiennes estiment que cette marée noire, qui heureusement a pu être partiellement contenue par des barrages flottants, peut atteindre jusqu'à 500.000 litres de brut, échappé d'un oléoduc passant à proximité.


La cause de l'incident n'a pas encore été déterminée mais une inspection sous-marine a révélé qu'un important segment de l'oléoduc avait été déplacé au fond de l'eau, et détecté une déchirure d'une trentaine de centimètres dans le tuyau.


Des investigations sont en cours pour déterminer si un cargo en attente d'un quai d'amarrage n'a pas accroché l'oléoduc avec son ancre.


"On a tiré sur l'oléoduc comme sur la corde d'un arc", selon Martyn Willsher, patron d'Amplify Energy, la société texane exploitant l'oléoduc et des plateformes pétrolières voisines.


Depuis le début de la catastrophe, plusieurs centaines de personnes ont été mobilisées pour nettoyer la légendaire plage d'Huntington Beach, baptisée "Surf City" et célèbre au point de figurer dans une chanson des Beach Boys.


"Il y a toujours des gens en train de surfer ici, toute l'année, particulièrement autour du ponton", dit à l'AFP Mme Sakal, désignant d'un air triste le sable désert à proximité de sa boutique.


"Même pendant la pandémie, quand ils essayaient d'interdire aux surfeurs d'y aller, ils s'en fichaient, ils allaient quand même prendre la vague", se souvient-elle.

Octobre, le meilleur mois 
L'économie de la ville dépend en grande partie des sports nautiques et du tourisme. Les boutiques vendant ou louant du matériel de surf se succèdent sur le front de mer, alternant avec des écoles de surf dont les portes sont désormais closes.


"Cet accident crée une situation horrible, ça m'emmerde", lâche Zack Lyons. Originaire de Huntington Beach, ce jeune homme blond âgé de 20 ans dit avoir appris à surfer avant de marcher.


A Huntington Beach, le surf n'est pas seulement un sport ou un loisir, c'est pour beaucoup un mode de vie et l'endroit où l'on se rencontre entre copains.


"On ne s'envoie même pas de textos, on se voit à la plage", assure Jake McNerney, 18 ans. Cet ami de Zack a l'habitude de regarder le vent et les vagues dès qu'il se lève et part surfer si les conditions sont bonnes.


La marée noire impacte toute l'industrie touristique de la zone. Malgré le ciel bleu et les palmiers de rigueur, les magasins et les restaurants restaient quasiment vides mercredi à la mi-journée.


"Nous avons sans doute perdu la moitié de nos recettes", dit Shawna Sakal, dont le père vend depuis cinquante ans les planches qu'il fabrique lui-même dans le magasin familial.


"Octobre est le meilleur mois pour les surfeurs et les gens du coin. Le temps est très agréable, beaucoup de gens vont à la plage le week-end mais maintenant, ce n'est plus possible avec la marée noire", explique-t-elle.


D'ordinaire, au moins cinq à dix clients se présentent chaque jour en semaine mais "maintenant, rien du tout", confirme Connor Waldrin, employé dans une boutique de location de planches.


Les écoles locales, qui pour beaucoup incluent le surf dans le cursus, ont également dû s'adapter.


"On venait juste de commencer la saison des compétitions avant la marée noire", souligne Lisa Battig, de l'école Fountain Valley, située à seulement quelques minutes à pied de la plage.


"On va rester hors de l'eau aussi longtemps que les autorités le diront. D'ici là, on va s'entraîner au sol (...). On va aussi essayer d'aller surfer en dehors de la zone touchée" par la pollution, explique l'enseignante.]


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.