Merkel à Rome pour une visite d'adieu au pape et à Draghi

Le pape François reçoit la chancelière allemande Angela Merkel au Vatican (Photo, AFP)
Le pape François reçoit la chancelière allemande Angela Merkel au Vatican (Photo, AFP)
«Mon amour pour l'Italie ne cessera pas, je viendrai séjourner à Rome, je reviendrai en Italie dans un autre rôle», a affirmé la chancelière (Photo, AFP)
«Mon amour pour l'Italie ne cessera pas, je viendrai séjourner à Rome, je reviendrai en Italie dans un autre rôle», a affirmé la chancelière (Photo, AFP)
La chancelière allemande Angela Merkel et son mari Joachim Sauer assistant à une prière et une rencontre pour la paix, promues par la Communauté de Sant'Egidio, par le Colisée monument à Rome, le 7 octobre 2021 (Photo, AFP)
La chancelière allemande Angela Merkel et son mari Joachim Sauer assistant à une prière et une rencontre pour la paix, promues par la Communauté de Sant'Egidio, par le Colisée monument à Rome, le 7 octobre 2021 (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 07 octobre 2021

Merkel à Rome pour une visite d'adieu au pape et à Draghi

Le pape François reçoit la chancelière allemande Angela Merkel au Vatican (Photo, AFP)
«Mon amour pour l'Italie ne cessera pas, je viendrai séjourner à Rome, je reviendrai en Italie dans un autre rôle», a affirmé la chancelière (Photo, AFP)
La chancelière allemande Angela Merkel et son mari Joachim Sauer assistant à une prière et une rencontre pour la paix, promues par la Communauté de Sant'Egidio, par le Colisée monument à Rome, le 7 octobre 2021 (Photo, AFP)
  • Angela Merkel a été reçue par le pape après avoir visité un nouvel institut dépendant de l'université du Vatican consacré notamment aux mesures de protection des personnes vulnérables
  • «La chancelière a su guider l'Allemagne et l'Union européenne avec calme et détermination», a estimé le Premier ministre italien Mario Draghi

CITÉ DU VATICAN: Le Premier ministre italien Mario Draghi a rendu jeudi un vibrant hommage à la chancelière allemande Angela Merkel, en visite d'adieu à Rome, où elle a aussi été reçue en audience privée par le pape François. 

« La chancelière a su guider l'Allemagne et l'Union européenne avec calme et détermination », a estimé M. Draghi au cours d'une conférence de presse conjointe avec la chancelière au siège du gouvernement italien. 

« Merkel a été une championne du multilatéralisme (...) Elle a transformé le rôle de l'Allemagne en Europe. Elle nous manquera, mais je suis sûr que nous la reverrons en Italie étant donné son amour pour notre pays », a-t-il ajouté. 

1
Draghi adresse à Merkel des adieux chaleureux lors d'une réunion à Rome (Photo, AFP)

Avant la pandémie de Covid, Mme Merkel venait régulièrement en Italie, aussi bien sur l'île d'Ischia que dans le nord montagneux, dans le Haut-Adige. 

« Mon amour pour l'Italie ne cessera pas, je viendrai séjourner à Rome, je reviendrai en Italie dans un autre rôle », lui a répondu la chancelière. « Il s'agit peut-être de notre dernière rencontre bilatérale, je suis contente d'être ici. En quelques mois une collaboration très étroite s'est nouée » entre nous, a-t-elle souligné. 

« Quand il était à la banque centrale, nous avons collaboré et M. Draghi a été un protecteur de l'euro », a rappelé Mme Merkel, qui a échangé plusieurs années avec M. Draghi quand il était à la tête de la Banque centrale européenne (BCE). 

Les deux chefs de gouvernement devaient ensuite déjeuner ensemble dans un restaurant du centre de Rome. 

Plus tôt dans la journée, Mme Merkel a été reçue en audience privée par le pape François. « Nous avons eu des discussions importantes sur les agressions commises contre des enfants : je voulais souligner par ma visite que nous pensons que la vérité doit éclater au grand jour, et que le sujet doit être traité », a-t-elle déclaré à la presse après son entrevue. 

Elle a achevé son séjour romain en participant une rencontre inter-religieuse sur la paix organisée au Colisée par la communauté catholique de Sant'Egidio. 

« Nous ne devons jamais nous résigner et devenir des spectateurs passifs quand des êtres humains souffrent en raison de conflits », a-t-elle déclaré. 

Le grand imam de l'Université égyptienne d'Al-Azhar, cheikh Ahmed al-Tayeb, a dénoncé pour sa part l'injustice dans la distribution des vaccins contre la Covid. 

« Les dernières statistiques montrent que le pourcentage de personnes vaccinées en Afrique est entre 2% et 3% tandis que d'autres continents ont la moitié ou carrément les trois quarts de la population qui ont obtenu le droit à la vie grâce à la disponibilité de vaccins », a-t-il dit. 

« Moins d’armes et plus de nourriture, moins d’hypocrisie et plus de transparence, plus de vaccins distribués équitablement et moins de fusils vendus imprudemment », a renchérit le pape François à la même occasion. 

Cette rencontre s'est achevée par un « Appel de paix » dans lequel les participants ont demandé de « reprendre le processus de désarmement (...) d'arrêter le commerce et l'utilisation des armes (...) de faire avancer le désarmement nucléaire ».  

« Il faut faire la paix. La paix c'est aussi le respect de la planète, de la nature et des créatures », ont conclu les participants. 

Après 16 ans de pouvoir, Mme Merkel s'apprête à laisser la place. Sociaux-démocrates, Verts et libéraux allemands devaient entamer ce jeudi des tractations pour tenter de former une coalition inédite, et sans les conservateurs d'Angela Merkel. 

Ces discussions préliminaires ne signifient pas encore pour autant que la coalition sera formée et qu'Olaf Scholz, chef de la file du SPD et vice-chancelier sortant, succèdera à la chancellerie à Angela Merkel. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.