A six mois de la présidentielle, le duel Macron-Le Pen vacille

Le tapis rouge est déroulé pour l'arrivée du président italien à l'Elysée à Paris le 5 juillet 2021. Ludovic MARIN / AFP
Le tapis rouge est déroulé pour l'arrivée du président italien à l'Elysée à Paris le 5 juillet 2021. Ludovic MARIN / AFP
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Publié le Vendredi 08 octobre 2021

A six mois de la présidentielle, le duel Macron-Le Pen vacille

  • À six mois de la présidentielle, l'irruption du trouble-fête Eric Zemmour dans la course à l'Elysée sème le doute sur le remake annoncé du duel de 2017 entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen
  • Près d'une trentaine de candidats se bousculent sur la ligne de départ, dont une partie seulement obtiendra le précieux sésame des 500 parrainages pour l'élection à la présidence de la République

PARIS : À six mois de la présidentielle, l'irruption du trouble-fête Eric Zemmour dans la course à l'Elysée sème le doute sur le remake annoncé du duel de 2017 entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Près d'une trentaine de candidats se bousculent sur la ligne de départ, dont une partie seulement obtiendra le précieux sésame des 500 parrainages pour l'élection à la présidence de la République, prévue le 10 et 24 avril prochains, même si Emmanuel Macron et Eric Zemmour ne se sont pas encore officiellement déclarés. 

A ce stade, les sondages confirment les uns après les autres la présence d'Emmanuel Macron au second tour, qu'elles que soient les configurations, et pratiquement tous le donnent à nouveau vainqueur. 

Déjà une trentaine de candidats pour la présidentielle

Au moins une trentaine de candidats à la présidentielle de 2022, poids lourds de la politique ou "simples citoyens", se sont déjà déclarés, mais la liste définitive, qui devrait être réduite d'ici là, ne sera connue qu'au printemps.

Pour pouvoir se présenter au premier tour, ces candidats doivent en effet obtenir l'investiture de leur parti pour ceux qui s'inscrivent dans ce schéma, et le soutien de 500 élus issus de 30 départements et collectivités différents. Ces parrainages d'élus doivent ensuite être validés par le Conseil constitutionnel.

Les candidats non déclarés

Ils ne sont pas encore officiellement dans la course, mais font déjà beaucoup parler d'eux: 

- Le président sortant Emmanuel Macron n'a toujours pas annoncé son intention de briguer un second mandat. Il caracole en tête des sondages. 

- Le polémiste Eric Zemmour a fait une irruption tonitruante dans la campagne depuis la rentrée. Il maintient le doute sur sa candidature. Un sondage l'a placé cette semaine au second tour. 

A gauche, les sept compagnons

A gauche, ils sont nombreux à s'être déjà lancés dans la course, mais aucun d'entre eux ne parvient pour l'instant à décoller:

- L'eurodéputé EELV Yannick Jadot a remporté fin septembre la primaire des Verts, le seul parti qui ait choisi ce système pour désigner son candidat.

- Pour la France insoumise (LFI), le suspense est levé depuis bientôt une année: Jean-Luc Mélenchon sera son candidat. 

- La maire PS de Paris Anne Hidalgo a annoncé sa candidature début septembre, mais le maire du Mans Stéphane Le Foll maintient sa candidature à l'investiture du PS pour la présidentielle.

- L'ex-ministre socialiste Arnaud Montebourg a choisi de se lancer hors parti.

- Le PC lance son propre candidat, le secrétaire national Fabien Roussel, sans soutenir le candidat LFI comme lors des deux dernières présidentielles.

- Philippe Poutou, le conseiller municipal Nouveau Parti anticapitaliste et syndicaliste.

- La porte-parole de Lutte ouvrière Nathalie Arthaud.

A droite, un congrès pour choisir

Le parti Les Républicains n'a toujours pas de candidat à l'Elysée. Les militants le choisiront lors d'un congrès le 4 décembre. La date limite de dépôt des candidatures, le 13 octobre, mais ils sont déjà nombreux à avoir annoncé leur candidature soit au congrès soit directement à la présidentielle.

- Le président des Hauts-de France (ex-LR) Xavier Bertrand s'est lancé seul dans la course à l'Elysée ce printemps. Il n'a toujours pas annoncé s'il se soumettrait ou pas au congrès de LR. 

- La présidente ex-LR de l'Ile-de-France Valérie Pécresse a choisi de se soumettre au congrès de décembre, tout comme l'ancien négociateur pour le Brexit Michel Barnier, le député LR Eric Ciotti et le maire LR de La Garenne-Colombes Philippe Juvin.

- Le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan, souverainiste de droite et ex-allié de Marine Le Pen, a lancé sa campagne dimanche. 

Extrême droite

- La présidente du RN Marine Le Pen est officiellement candidate depuis plus d'un an. Dans la plupart des sondages, elle affronte Emmanuel Macron au second tour comme en 2017. 

Une multitude de "petits candidats"

Comme à chaque élection, nombre de candidats issus de formations plus modestes, des figures des "gilets jaunes" voire de complets inconnus du grand public, comptent se présenter.

Parmi eux:

- Le président des Patriotes Florian Philippot

- Anasse Kazib, syndicaliste Sud-Rail et candidat du CCR (Courant communiste révolutionnaire)-Révolution permanente, une ex-branche du NPA

- Le député Jean Lassalle, à la tête du mouvement "Résistons"

- Le président de l'Union populaire républicaine (UPR) François Asselineau

- Le président de "VIA, la voie du peuple" Jean-Frédéric Poisson, qui s'est dit prêt à se retirer en faveur d'Eric Zemmour

- Hélène Thouy pour le Parti animaliste

- Le "gilet jaune" Eric Drouet

- La "gilet jaune" Jacline Mouraud avec son parti Les Emergents

- L'enseignante Clara Egger pour le mouvement Espoir RIC 2022

- Antoine Martinez, ex-général de l'armée de l'Air, président de Volontaires pour la France et signataire au printemps d'une tribune controversée de militaires dans Valeurs Actuelles

- Alexandre Langlois, ex-policier et secrétaire général du syndicat Vigi, avec son parti Refondation

- Antoine Waechter, ex-candidat des Verts à la présidentielle de 1988.

- Georges Kuzmanovic, souverainiste, ex-LFI. 

En revanche, la présence de Marine Le Pen au second tour est en perte de vitesse.

"Toutes les enquêtes démontraient jusqu'à présent que les Français avaient décidé de remettre les deux challengers de 2017 face à face et que le match Macron-Le Pen se rejouerait avec des équilibres un peu différents", explique à l'AFP le politologue Pascal Perrineau, professeur à Sciences Po, pour qui l'ordre qui semblait "immuable depuis 2017 est en train d'être bouleversé".

Le responsable de ce chamboulement n'est autre qu'Eric Zemmour qui ne cesse de monter dans les sondages, l'un d'eux l'ayant même placé cette semaine pour la première fois au second tour avec 17 à 18% des intentions de vote, derrière Emmanuel Macron (24 à 27%).

Présidentielle: comment conjurer le spectre de l'abstention ?

A six mois de la présidentielle, le spectre d'une forte abstention, après le record des dernières régionales, hante les politiques qui cherchent la parade pour combattre la désaffection et remobiliser les électeurs.

Depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron à l’Élysée, plus de la moitié des électeurs ont boudé les urnes à chaque suffrage, des législatives de 2017 (51,3% et 57,3%) aux municipales de 2020 (55,25% et 58,6%), à l'exception notable du sursaut inattendu des européennes de 2019 (49,88%). 

Jusqu'à atteindre, sur fond de crise du Covid, des records aux régionales en juin dernier (66,72% et 65,31%), un niveau proche du référendum sur le quinquennat en 2000, record absolu d'abstention sous la Ve République avec 69,8%.

Dans le passé, l'élection présidentielle bénéficiait d'un effet mécanique de remobilisation. Quid de 2022 ?

"C'est impossible à prédire", estime le sondeur Jean-Daniel Lévy (Harris Interactive), malgré des "paramètres", comme "l'éparpillement de la gauche qui peut démobiliser ses électeurs, faute de chance de victoire" et "un débat pour l'heure focalisé sur l'immigration et pas forcément à la hauteur des attentes des Français".

A ce stade, les dernières études des sondeurs relèvent des intentions de participation très en retrait par rapport à celles mesurées en septembre 2016 (17 points de moins pour Ipsos, 10 points pour Harris Interactive). 

Pour conjurer ce risque qui menace aussi leur légitimité, les politiques ont sonné la remobilisation.

Dans tous les camps, le débat sur l'abstention a rythmé la rentrée politique, chacun estimant qu'elle le dessert plus que les autres.

A l'Assemblée nationale, une mission d'information parlementaire a été lancée en juin, ponctuée par une "consultation citoyenne" auprès des Français en octobre.

En novembre, "on proposera des choses applicables immédiatement via la voie règlementaire ou une proposition de loi mais aussi des sujets de plus long terme pour le débat présidentiel ou une future réforme constitutionnelle", prévient le rapporteur de cette mission Stéphane Travert (LREM).

Simplification des procurations

Parmi les pistes évoquées, les députés étudient une simplification des procurations, peut-être sans passer par un commissariat ou une gendarmerie. 

Le vote électronique n'est en revanche pas plébiscité, en raison de "grosses difficultés en matière d'identité numérique". Les députés s'interrogent davantage sur le vote par correspondance ou anticipé.

Avec un souvenir douloureux pour la majorité: le tollé suscité en février par un amendement inattendu du gouvernement, sèchement retoqué au Sénat.

Il prévoyait que les électeurs puissent demander à voter de manière anticipée sur des machines à voter durant la semaine précédant le scrutin présidentiel. Les oppositions de tous bords avaient dénoncé un "tripatouillage".

Récemment le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, sans y être favorable à titre personnel, a expliqué "travailler à mettre en place le vote à distance", mais pas pour le scrutin de 2022.

Ces solutions "techniques" laissent cependant sceptiques nombre de spécialistes. "Je n'y crois pas un instant", répond Jean-Daniel Lévy, pour qui "le problème est avant tout politique", avec "des électeurs mécontents qui ne reviendront aux urnes que s'ils perçoivent clairement les enjeux de l'élection et y adhèrent". 

A l'Assemblée, Stéphane Travert insiste aussi sur "l'engagement" et la "citoyenneté" des jeunes: "on peut imaginer que quelqu'un de 18 ans qui reçoive sa carte d'électeur ait par exemple comme rôle de tenir un bureau de vote à l'élection suivante, dans une logique de droit et devoir", glisse-t-il.

Côté ministériel, la secrétaire d'État Sarah El Haïry travaille sur l'engagement citoyen avec les mouvements de jeunesse de tous les partis.

Mais les politiques ou les associations citoyennes ne sont pas les seuls à chercher des solutions.

L'animateur phare de C8 Cyril Hanouna entend par exemple "faire +campagne pour la campagne+", se fixant même pour objectif de faire reculer l'abstention de vingt points, écrit-il dans son livre "ce que m'ont dit les Français".

Pour ce faire, le présentateur et producteur va partir en tournée "dans ces villes que l'on voit rarement à la télévision", particulièrement dans des régions fortement abstentionnistes où ses émissions sont très suivies.

Selon Frédéric Dabi, directeur du pôle opinion de l'Ifop, Mme Le Pen apparaît désormais "relativement fragilisée" par la candidature de M. Zemmour, qu'il présente comme "un poison lent qui infuse dans une partie de l'électorat du Rassemblement national qui avait déjà des doutes sur la candidate du RN après sa campagne au second tour en 2017", quand elle avait raté son débat face à Emmanuel Macron. 

"Eric Zemmour apparaît comme un homme qui n'est pas du sérail, qui n'appartient pas à la classe politique et qui incarne assez bien le dégagisme. Il en joue, il en surjoue et en rejoue encore", estime M. Perrineau pour qui l'entrée en scène du polémiste n'est pas sans rappeler certains aspects de la candidature hors parti du président sortant en 2017.  

"Cela peut se dégonfler. Mais pour l'instant, en deux semaines, quel changement de perspective et quel désordre!", s'exclame le politologue.

Ticket plus accessible

Résultat: sous l'effet Zemmour, le ticket d'entrée au second tour devient plus accessible: "Avec une offre électorale morcelée, il baisse automatiquement", constate M. Dabi qui rappelle que Jean-Marie Le Pen avait accédé au second tour le 21 avril 2002 avec 16,8% des suffrages. 

Calendrier et mode d'emploi

L'élection présidentielle est prévue le 10 et le 24 avril et les candidats ayant obtenu 500 parrainages pourront s'y présenter. Elle sera suivie par les législatives en juin. Voici le mode d'emploi:

Calendrier

Le Conseil des ministres a fixé le 13 juillet les dates de la présidentielle. Le premier tour aura lieu le 10 et le second le 24 avril. Le choix était restreint compte tenu des impératifs fixés par la Constitution. Pour la présidentielle, il n'y avait que deux couples de dates possibles: 10 avril/24 avril ou 17 avril/1er mai. Le choix des dates a fait l'objet d'une concertation avec les partis politiques autour du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Le scrutin se déroulera pendant une période de congés scolaires: le 10 avril, seule la zone B sera en vacances. Le 24 avril, toutes les zones, A, B et C, seront en congé.

Les législatives se dérouleront dans la foulée avec un premier tour le 12 juin et un second le 19 juin.

Mode de scrutin

Le chef de l'Etat est élu au suffrage universel direct, au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. 

Il doit recueillir la majorité absolue des suffrages exprimés en un ou deux tours, quel que soit le taux de participation.

Le vote blanc, qui permet d'exprimer un refus de choix, n'est pas reconnu en France. Depuis une loi de 2014, ces bulletins sont cependant décomptés séparément des votes nuls et annexés au procès-verbal de chaque bureau de vote, mais ils ne sont pas pris en compte dans le calcul des suffrages exprimés.

L'élection des députés pour un mandat de cinq ans se fait au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, constamment utilisé sous la Ve République à l'exception des élections de 1986 qui se sont faites au scrutin proportionnel (listes départementales).

Parrainage

Pour entrer officiellement dans la course, les candidats doivent recueillir 500 parrainages d'élus (maires, parlementaires, conseillers régionaux et départementaux...) dans au moins 30 départements différents, et sans dépasser 50 signatures dans un même département. La période de collecte des parrainages débutera au lendemain de la publication du décret de convocation des électeurs début 2022. 

Les électeurs

Les Français inscrits sur les listes électorales pourront voter à la présidentielle, y compris ceux installés à l'étranger, qui étaient près d'un million en 2017. Le vote commence dès samedi dans les Antilles françaises, en Guyane (Amérique du Sud), à Saint-Pierre et Miquelon (archipel français d'Amérique du Nord) et en Polynésie française (Pacifique Sud). Traditionnellement, les Français découvrent le visage du président élu sur les écrans de télévision à 20h00.

Déjà huit présidents depuis 1959

Huit présidents ont été élus depuis l'instauration de la Ve République en 1958 :

Depuis 2017 : Emmanuel Macron (centre) 

2012-2017 : François Hollande (socialiste)

2007-2012: Nicolas Sarkozy (droite)

1995-2007: Jacques Chirac (droite), qui a enchaîné un septennat et un quinquennat 

1981-1995: François Mitterrand (socialiste), qui a effectué deux mandats de sept ans 

1974-1981: Valéry Giscard d'Estaing (droite), qui a effectué un septennat

1969-1974: Georges Pompidou (droite), décédé deux ans avant la fin de son mandat

1959-1969: Charles de Gaulle (droite), élu par un collège électoral pour un premier septennat puis réélu au suffrage universel direct en 1965. Il a démissionné après avoir perdu un référendum l'année suivante.

Cette baisse du ticket pourrait-il profiter à d'autres candidats qu'Eric Zemmour? Comme la droite ne désignera son candidat que début décembre, il est difficile de tirer des conclusions pour l'instant, mais les sondages placent Xavier Bertrand en embuscade derrière Marine Le Pen et Eric Zemmour. 

Pour M. Perrineau, rien n'est donc joué y compris au second tour: "Des sondages montrent que Xavier Bertrand pourrait battre Emmanuel Macron s'il accède au second tour", souligne-t-il.

Les militants ne désigneront pourtant leur candidat que le 4 décembre parmi M. Bertrand, s'il accepte de s'y soumettre, Valérie Pécresse, Michel Barnier ou encore Eric Ciotti. "LR n'a pas perdu, mais attendre le 4 décembre, ça ne peut que renforcer une certaine fébrilité du peuple de droite qui ne veut ni de Zemmour ni de Le Pen", explique M. Dabi. 

Les thèmes qui dominent le début de la campagne à la présidentielle

L'immigration, l'environnement ou encore le pouvoir d'achat : la course à l'Elysée a débuté cet automne sur des thèmes traditionnels. Voici quelques promesses des candidats: 

Immigration

Avec l'entrée en scène d'Eric Zemmour début septembre, les thèmes de l'immigration et de l'insécurité ont dominé le début de campagne, obligeant la plupart des candidats à se positionner. Marine Le Pen a, pour sa part, présenté les contours de son référendum pour combattre l'immigration. La droite cherche la parade, avec également des promesses de toucher à la Constitution et, à gauche, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une "vision rabougrie de la France"

Selon un sondage Ifop réalisé à la fin août, l'immigration et l'insécurité ne constituent pourtant pas la principale préoccupation des Français, largement devancées par les interrogations sur "l'avenir du système social", comme la réforme des retraites. Mais par tranche d'âges, 59% des plus de soixante ans se disent inquiets, 30 points de plus que les moins de 35 ans.

Le pouvoir d'achat

Depuis la rentrée et l'entrée en lice de plusieurs candidats, les promesses pour améliorer le pouvoir d'achat des Français se multiplient. La PS Anne Hidalgo a proposé de doubler le salaire des enseignants pendant le prochain quinquennat. A gauche, plusieurs candidats promettent une hausse du Smic, à l'image du communiste Fabien Roussel qui veut l'élever à 1.800 euros bruts par mois.   

A droite, Valérie Pécresse propose une "grande conférence salariale" et une augmentation du salaire net de 10% en abaissant les charges salariales. Quant à Xavier Bertrand, il défend l'idée d'une "prime au travail" pour qu'il n'y ait "plus un salarié à temps complet recevant moins de 1.500 euros net par mois". 

L'énergie

Avec les prix du gaz et de l'essence qui flambent, les candidats multiplient les idées pour réduire la facture énergétique des Français. Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé que le gouvernement allait "bloquer" le tarif réglementé du gaz jusqu'en avril 2022. Fabien Roussel (PCF) propose de "diviser par deux les factures d'énergie". Anne Hidalgo est favorable à une baisse de la TVA sur l'essence. Une idée que défend Marine Le Pen, qui souhaite abaisser TVA sur l'essence, le gaz et l'électricité à 5,5% au lieu de 20%. 

Jean-Luc Mélenchon veut, quant à lui, bloquer les prix des produits de première nécessité, dont ceux du gaz, de l'électricité et de cinq fruits et légumes. A droite, Valérie Pécresse promet la construction de six nouveaux EPR si elle est élue à la présidence.

Environnement

Les questions environnementales constituent la principale préoccupation des jeunes électeurs. Le candidat écologiste Yannick Jadot, désigné candidat fin septembre lors d'une primaire, promet notamment "d'aller vers l'ISF climatique", qui taxerait davantage "le patrimoine financier qui investit dans les énergies fossiles". A droite, Michel Barnier, l'ex-négociateur du Brexit, se dit favorable à l'instauration d'une taxe carbone aux frontières de l'UE. 

Autres idées

Ils sont plusieurs à prôner une nationalisation des autoroutes, comme Arnaud Montebourg et Marine Le Pen. Xavier Bertrand plaide, quant à lui pour "une République des territoires" qui serait plus décentralisée.

Quant à la gauche, dont les nombreux candidats ne décollent pas pour l'instant dans les sondages, elle court le risque de connaître un "troisième 21 avril", en étant éliminée du second tour comme en 2017 et en 2002, prévient M. Dabi. "On n'a jamais eu un bloc de gauche aussi faible autour de 25-27%.

Pour M. Perrineau, elle est même "en miettes". "Aucun leader n'arrive à exister. On a l'impression qu'en quelques semaines, la gauche a utilisé toutes les stratégies possibles, mais rien ne marche", observe-t-il. 


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.