Le poison identifié retrouvé dans la chambre d’hôtel ou à séjourné Navalny

Alexei Navalny s'adressant aux manifestants lors d'un rassemblement pour soutenir l'opposition et les candidats indépendants après que les autorités ont refusé de les inscrire aux élections de septembre à Moscou (Photo, AFP)
Alexei Navalny s'adressant aux manifestants lors d'un rassemblement pour soutenir l'opposition et les candidats indépendants après que les autorités ont refusé de les inscrire aux élections de septembre à Moscou (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 18 septembre 2020

Le poison identifié retrouvé dans la chambre d’hôtel ou à séjourné Navalny

  • Sur Instagram, son équipe a affirmé jeudi que des traces de la substance neurotoxique de type Novitchok, identifiées par un laboratoire allemand, avaient été retrouvées sur une « bouteille d'eau en plastique ordinaire »
  • Le Parlement européen a réclamé jeudi des sanctions sévères contre la Russie, dénonçant « un effort systémique pour le réduire au silence »

MOSCOU : L'équipe d'Alexeï Navalny a affirmé jeudi que des traces de l'agent innervant ayant empoisonné l'opposant, selon Berlin, avaient été retrouvées sur une bouteille d'eau en plastique récupérée dans la chambre d'hôtel où il a séjourné.

L'avocat, homme politique et militant anti-corruption de 44 ans a fait un malaise le 20 août durant un vol le ramenant à Moscou de la ville sibérienne de Tomsk, où il était venu soutenir des candidats aux élections municipales et tourner une enquête sur la corruption des élites locales.

Sur Instagram, son équipe a affirmé jeudi que des traces de la substance neurotoxique de type Novitchok, identifiées par un laboratoire allemand, avaient été retrouvées sur une « bouteille d'eau en plastique ordinaire » ramassée dans la chambre d'hôtel d'Alexeï Navalny à Tomsk par ses partisans, dans les minutes ayant suivi l'annonce que l'opposant s'était senti mal.

Elle précise que l'agent a été identifié « deux semaines plus tard », la bouteille d'eau devenant alors la preuve permettant de conclure à un empoisonnement au Novitchok. 

Cette découverte signifie que « Navalny a été empoisonné avant qu'il quitte l'hôtel, et non pas à l'aéroport ou dans l'avion », a indiqué dans une vidéo la porte-parole de l'opposant, Kira Iarmych, alors que les premiers soupçons s'orientaient vers un thé bu à l'aéroport de Tomsk.

D'abord hospitalisé à Omsk, autre ville de Sibérie, Alexeï Navalny avait été transféré 48 heures après son empoisonnement vers l'hôpital de la Charité à Berlin. Il est sorti du coma la semaine dernière et récupère progressivement.

Un laboratoire militaire allemand a conclu le 3 septembre à son empoisonnement par une substance de type Novitchok, conçue à des fins militaires à l'époque soviétique, ce que Moscou réfute. Des laboratoires français et suédois ont confirmé les conclusions allemandes.

Chambre passée au crible

Durant son séjour à Tomsk, Alexeï Navalny était resté trois jours à l'hôtel Xander, un établissement quatre étoiles dont il avait aussi fréquenté le restaurant, selon la police.

Une vidéo accompagnant le message de l'équipe de Navalny montre ses soutiens passant au crible sa chambre d'hôtel et emballant de possibles indices avant que la police ait pu visiter les lieux.

« Comme il était absolument clair que Navalny n'était pas +légèrement malade+ (...), nous avions décidé de ramasser tout ce qui pouvait être utile et de le transmettre aux médecins en Allemagne », expliquent ses partisans dans un communiqué, ajoutant qu'il était « évident qu'il n'y aurait pas d'enquête en Russie ».

Une proche alliée de l'opposant, Lioubov Sobol, a indiqué sur Twitter qu'il était « important de comprendre qu'il y avait des traces de Novitchok sur la bouteille, mais que cela ne veut pas dire qu'il a été empoisonné par cette bouteille d'eau ». La victime a pu les transférer sur le récipient.

Preuve majeure

Proekt.media, un site d'information russe, a publié jeudi une enquête détaillée citant plusieurs proches de l'opposant affirmant par ailleurs que le poison n'était plus détectable dans son organisme quand son transfert à Berlin est intervenu.

Selon le site, Alexeï Navalny ne se souvient plus quand exactement il a bu cette bouteille de marque Sviatoï Istotchnik (« Sainte Source »), marque russe très populaire.

L'un des inventeurs de l'agent innervant, Vladimir Ouglev, a assuré à Proekt.media que toute ingestion du poison aurait été probablement mortelle.

Le site ajoute que la porte de la chambre de Navalny était filmée par deux caméras de vidéo-surveillance dont les images ont été récupérées par la police des transports, qui a lancé des vérifications préliminaires. 

Mais malgré des preuves suffisantes, « une enquête criminelle n'a toujours pas été ouverte », dénonce Mme Iarmych.

L'affaire Navalny a provoqué une nouvelle passe d'armes entre la Russie et les pays occidentaux: le Parlement européen a réclamé jeudi des sanctions sévères contre la Russie, dénonçant « un effort systémique pour le réduire au silence ».

Cette demande est « manifestement anti-russe », a répliqué la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova. Depuis le début de l'affaire, Moscou dénonce une cabale et affirme que ses médecins n'ont détecté aucune trace d'empoisonnement.

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a elle assuré avoir envoyé des spécialistes en Allemagne pour récolter des échantillons biomédicaux.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.