Le shogi, les échecs japonais, sous le charme d'un jeune prodige

Le shogi (le «jeu des généraux» en japonais) se joue sur un plateau en bois quadrillé, et existe dans sa version actuelle depuis 400 ans environ (Photo, AFP).
Le shogi (le «jeu des généraux» en japonais) se joue sur un plateau en bois quadrillé, et existe dans sa version actuelle depuis 400 ans environ (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Lundi 18 octobre 2021

Le shogi, les échecs japonais, sous le charme d'un jeune prodige

  • Sota Fujii est devenu en juillet le plus jeune joueur de l'histoire à atteindre le niveau suprême du shogi, juste avant de fêter ses 19 ans
  • Les règles ressemblent à celles des échecs, mais il y a une différence fondamentale: les pièces capturées ne sont pas éliminées mais peuvent être remises dans le jeu en changeant de camp

TOKYO: Le shogi, variante japonaise du jeu d'échecs, s'est trouvé une idole pour dépoussiérer son image et revenir à la mode: un joueur adolescent à l'air gauche mais pulvérisant des records de précocité, au point d'être devenu un phénomène national.

Sota Fujii est devenu en juillet le plus jeune joueur de l'histoire à atteindre le neuvième "dan", le niveau suprême du shogi, juste avant de fêter ses 19 ans. Et en septembre, il est devenu le plus jeune joueur à détenir trois titres majeurs du circuit.

Le petit monde du shogi savoure ce vent de fraîcheur. Avant que Sota Fujii ne crève l'écran "il n'y avait que les passionnés" qui suivaient ce jeu, "mais maintenant les journaux télévisés font des reportages sur le shogi et cela a attiré de nouveaux fans", se félicite Taichi Nakamura, un joueur professionnel de 33 ans interrogé par l'AFP.

Par exemple, "le public féminin pour le shogi n'avait jamais été très conséquent. Mais depuis que Sota Fujii est apparu, beaucoup de femmes s'y intéressent", relève-t-il.

L'originalité de ce champion précoce a attiré un nouveau public moins intéressé par les subtilités du shogi que par les joueurs eux-mêmes, toujours selon M. Nakamura.

"Les gens ont commencé à apprécier les matches sur la base de l'histoire personnelle" de chaque joueur, estime-t-il.

Pas une idole classique

Avec ses cheveux ébouriffés, son sourire maladroit et sa voix haut perchée, Sota Fujii n'a rien d'une idole japonaise ordinaire.

Mais son visage a envahi les médias nippons, et ses moindres faits et gestes font parler: dès qu'il déguste ses gâteaux favoris pendant un match, ils s'arrachent dans les magasins.

"Je n'accorde pas tellement d'attention aux titres", a déclaré le jeune prodige après une récente victoire. "Ce qui m'importe le plus, c'est de voir jusqu'à quel point je peux devenir fort".

Le shogi (le "jeu des généraux" en japonais) se joue sur un plateau en bois quadrillé, et existe dans sa version actuelle depuis 400 ans environ.

Les règles ressemblent à celles des échecs, mais il y a une différence fondamentale: les pièces capturées ne sont pas éliminées mais peuvent être remises dans le jeu en changeant de camp, comme des mercenaires au temps du Japon féodal.

"Je joue au shogi depuis plus de 50 ans maintenant, et je ne m'en suis jamais lassé", confie Kazuo Ishida, un ancien joueur professionnel de 74 ans qui avait atteint le 9ème dan.

"C'est parce que c'est un jeu d'une variété infinie. On ne fait jamais la même partie deux fois".

«Vraiment cool»

Un apprenti doit atteindre le 4ème dan avant ses 26 ans s'il veut devenir professionnel (Sota Fujii l'est devenu à 14 ans). Il existe environ 160 joueurs pros actifs au Japon aujourd'hui.

Des mangas et des dessins animés sur le thème du shogi ont aussi contribué à doper la popularité du sport ces dernières années.

Par ailleurs, Sota Fujii n'est pas la première superstar que le shogi ait produit.

Un autre phénomène de précocité et de records, Yoshiharu Habu, a obtenu son premier titre majeur à 19 ans en 1989. Puis entre 1995 et 1996, il a remporté d'affilée les sept tournois majeurs qui existaient alors (il y en a huit aujourd'hui). Cet exploit sans précédent, équivalent du Grand Chelem en tennis, n'a jamais été réédité depuis.

M. Ishida pense que Sota Fujii est actuellement plus fort que Yoshiharu Habu ne l'a jamais été, mais il doute de sa capacité à durer au sommet aussi longtemps que son aîné.

En attendant, la "Fujiimania" bat son plein, y compris chez les enfants à qui M. Ishida enseigne le shogi le week-end à Kashiwa, près de Tokyo.

"Sota Fujii est vraiment cool" s'extasie Soichi Ishikawa, 7 ans, à peine audible dans le vacarme des innombrables pièces de shogi en train d'être manipulées dans la salle. "Je veux devenir un joueur professionnel quand je serai grand". 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".