Brésil: À Sao Paulo, les cendres d'Amazonie deviennent une fresque géante

Après avoir recueilli 200 kg de cendres dans différents biomes ravagés par les flammes, l'artiste a créé une immense fresque de 1 000 m2 sur un immeuble tout proche de l'Avenida Paulista, artère du coeur de la mégalopole brésilienne (Photo, AFP)
Après avoir recueilli 200 kg de cendres dans différents biomes ravagés par les flammes, l'artiste a créé une immense fresque de 1 000 m2 sur un immeuble tout proche de l'Avenida Paulista, artère du coeur de la mégalopole brésilienne (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 19 octobre 2021

Brésil: À Sao Paulo, les cendres d'Amazonie deviennent une fresque géante

Après avoir recueilli 200 kg de cendres dans différents biomes ravagés par les flammes, l'artiste a créé une immense fresque de 1 000 m2 sur un immeuble tout proche de l'Avenida Paulista, artère du coeur de la mégalopole brésilienne (Photo, AFP)
  • «Cette idée m'est venue d'un sentiment d'impuissance. Cela fait des décennies qu'on voit la forêt brûler, de plus en plus ces dernières années, avec des niveaux record», confie cet artiste
  • Les incendies, qui surviennent après la déforestation, avec des brûlis pour faire place à l'agriculture et à l'élevage du bétail, ont aussi atteint des niveaux alarmants

SAO PAULO: Les cendres s'écoulent à travers un tamis, jusqu'au récipient plein de peinture. C'est avec des vestiges carbonisés de la végétation luxuriante d'Amazonie et d'autres régions du Brésil qu'a été créé une fresque géante sur la façade d'un immeuble de Sao Paulo. 

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«Le pompier de la forêt», représente un soldat du feu, à la fois héroïque et impuissant face à un incendie (Photo, AFP)

Inaugurée officiellement mardi, l'oeuvre de Mundano, « Le pompier de la forêt », représente un soldat du feu, à la fois héroïque et impuissant face à un incendie. 

Après avoir recueilli 200 kg de cendres dans différents biomes ravagés par les flammes, l'artiste a créé une immense fresque de 1 000 m2 sur un immeuble tout proche de l'Avenida Paulista, artère du coeur de la mégalopole brésilienne. 

Les cendres proviennent non seulement de la jungle amazonienne, mais aussi du Pantanal, de la Mata Atlantica -- forêt des zones littorales du Brésil -- et de la savane du Cerrado. 

« Cette idée m'est venue d'un sentiment d'impuissance. Cela fait des décennies qu'on voit la forêt brûler, de plus en plus ces dernières années, avec des niveaux record », confie cet artiste et activiste de 36 ans. 

Début 2020, Mundano (qui souhaite être appelé par ce seul nom) avait peint une autre fresque géante, en utilisant des résidus de boue toxique provenant du barrage minier de Brumadinho, dont la rupture tragique en janvier 2019 avait fait 270 morts. 

Du gris partout 

Avec les cendres, Mundano souhaite sensibiliser les habitants de Sao Paulo aux incendies qui ravagent tous les ans des régions reculées du Brésil, immense pays aux dimensions continentales. 

« Les feux de forêt en Amazonie, c'est trop loin, personne ne les voit vraiment. L'idée est d'amener les cendres ici pour susciter de l'empathie », explique-t-il. 

En juin et juillet dernier, lors de ses expéditions pour collecter des cendres, il a ressenti la chaleur extrême du feu mais aussi la détresse des pompiers qui luttent inlassablement contre les incendies ravageant la faune et la flore.  

Sur sa fresque, à côté d'un pompier, un homme noir au regard déterminé, on voit un squelette de caïman. 

La palette de noirs ou gris varie selon la quantité d'eau utilisée, mais aussi selon l'origine des cendres, conservées dans des grandes boites transparentes dûment étiquetées. La fresque en noir et blanc tranche avec les couleurs vives des graffitis de Sao Paulo. 

« La ville est grise, avec l'asphalte, la pollution. Nous aussi on est en train de devenir gris », déplore-t-il. 

Graffeur durant son adolescence, Mundano s'est fait connaître en 2012, en décorant des carrioles de ramasseurs de matériaux recyclables avec des peintures colorées et des messages comme « mon véhicule ne pollue pas ». 

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Les cendres proviennent non seulement de la jungle amazonienne, mais aussi du Pantanal, de la Mata Atlantica -- forêt des zones littorales du Brésil -- et de la savane du Cerrado (Photo, AFP)

Le peintre Portinari 

Avec la fresque faite de cendres, cet artiste engagé dénonce l'incurie des gouvernements successifs, « négligents » et incapables selon lui de préserver l'environnement. 

Et la situation n'a fait qu'empirer sous la présidence de Jair Bolsonaro: depuis le début de son mandat, en 2019, près de 10 000 km2 ont été déboisés par an en moyenne en Amazonie, contre 6 500 km2 lors de la décennie précédente. 

Les incendies, qui surviennent après la déforestation, avec des brûlis pour faire place à l'agriculture et à l'élevage du bétail, ont aussi atteint des niveaux alarmants. 

« Le gouvernement est en train de démanteler les politiques environnementales et de bafouer les droits des populations vulnérables », notamment les indigènes, insiste Mundano. 

La fresque aux cendres est inspirée d'un célèbre tableau du peintre brésilien Candido Portinari (1903-1962), « O Lavrador de Café » (le laboureur du champ de café). 

Comme dans cette oeuvre de 1934, la fresque de Mundano montre un homme noir, le visage tourné sur le côté, avec la végétation en arrière-plan. 

Le modèle de Mundano est un homme bien réel, Vinicius Curva de Vento, pompier bénévole qu'il a vu combattre les flammes du Cerrado. 

Mais si le laboureur de Portinari est muni d'une bêche pour retourner la terre, la pelle du « Pompier de la forêt » sert à étouffer les flammes. Et la végétation luxuriante du tableau cède la place à un paysage calciné sur la fresque, avec des camions transportant des troncs d'arbres. 

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".