Avec Scholz au pouvoir, Merkel «dormira tranquille»

Le ministre allemand des Finances, vice-chancelier et candidat des sociaux-démocrates (SPD) à la chancelière Olaf Scholz prononce un communiqué de presse au siège du parti à Berlin le 27 septembre 2021, un jour après les élections générales. (Odd Andersen/AFP)
Le ministre allemand des Finances, vice-chancelier et candidat des sociaux-démocrates (SPD) à la chancelière Olaf Scholz prononce un communiqué de presse au siège du parti à Berlin le 27 septembre 2021, un jour après les élections générales. (Odd Andersen/AFP)
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Publié le Samedi 23 octobre 2021

Avec Scholz au pouvoir, Merkel «dormira tranquille»

  • «Il y aura des différences politiques, ça va de soi», a expliqué la chancelière dans une interview au journal Süddeutsche Zeitung. «Mais je peux dormir tranquille», a assuré Angela Merkel
  • En passant le relais à son actuel ministre des Finances, la dirigeante conservatrice n'attend pas de changement radical dans la politique budgétaire allemande, marquée par la rigueur et l'aversion pour la dette

FRANCFORT, Allemagne : Angela Merkel a assuré vendredi être sereine à l'idée de passer le relais au social-démocrate (SPD) Olaf Scholz et pouvoir «dormir tranquille» avec l'arrivée probable à la chancellerie de ce centriste, vainqueur des législatives de septembre.

«Il y aura des différences politiques, ça va de soi», a expliqué la chancelière dans une interview au journal Süddeutsche Zeitung. «Mais je peux dormir tranquille», a-t-elle assuré.

Angela Merkel devrait quitter ses fonctions avant la fin de l'année, après 16 ans au pouvoir, si les pourparlers aboutissent pour former une coalition entre SPD, Verts et libéraux du FDP.

Les trois partis veulent finaliser leurs discussions d'ici fin novembre et installer Olaf Scholz aux commandes début décembre.

En passant le relais à son actuel ministre des Finances, la dirigeante conservatrice n'attend pas de changement radical dans la politique budgétaire allemande, marquée par la rigueur et l'aversion pour la dette.

«Je n'ai jamais eu l'impression que M. Scholz dépense facilement», a-t-elle déclaré.

Son successeur prendra la tête d'un pays où «le climat politique est devenu plus rude», selon Mme Merkel.

«Quand je suis devenue chancelière, les smartphones n'existaient pas. Facebook avait un an, Twitter a été inventé seulement un an plus tard. Nous vivons dans un monde médiatique complètement transformé, et ça y contribue», explique-t-elle au «SZ».

Réputée pour son aptitude au dialogue et son sens du compromis, la dirigeante a dit craindre de voir «de plus en plus de problèmes pour parvenir à l'élaboration de compromis, indispensables en démocratie».

Celle qui est devenue en 2005 la première chancelière du pays estime qu'en Allemagne, «nous n'avons pas encore réussi à passionner assez de femmes pour la politique», appelant à «continuer le travail pour que les femmes aient davantage confiance en elles».

«Je ne peux qu'encourager les femmes à s'engager», a-t-elle ajouté. «Seulement des hommes, cela ne correspond plus à notre époque.»

Le designer du cadeau de départ à Merkel et l'œil de Sauron

L'œuvre offerte vendredi à Angela Merkel, évoquant le bâtiment du Conseil qui accueille les sommets européens, a été comparée par les critiques à l'oeil de Sauron des films du Seigneur des Anneaux, ce qui a amusé son designer.

Ce cadeau de départ spécial, une œuvre en transparence du jeune designer franco-néerlandais Maxim Duterre, a été offert par les dirigeants européens à la chancelière allemande.

Le jeune designer s'est dit "honoré" et amusé par la comparaison avec le symbole de la saga de Tolkien.

"Je n'ai pas encore vu Twitter mais je peux voir la ressemblance. C'est marrant", a déclaré à l'AFP Maxim Duterre, qui étudie à la Design Academy d'Eindhoven aux Pays-Bas (sud).  

A l'opposé de l’œil flamboyant géant contrôlé par le Seigneur des ténèbres, l'œuvre en transparence se veut être une "abstraction du batiment européen", explique l'artiste. 

La partie centrale de l'œuvre représente la structure en forme de lanterne du bâtiment, visible de l'extérieur lorsqu'il est illuminé. Elle est au centre d'un cadre sur lequel il a tracé les châssis de fenêtre recyclés, comme ceux qui composent la façade du bâtiment, explique M. Duterre.

La partie en laiton évoquant un instrument de navigation montre le Conseil en tant qu'institution "guidant et orientant", explique-t-il.

Une sphère en acier poli symbolise pour sa part la présence des membres du Conseil en tant que représentation du peuple européen.

Le bâtiment du Conseil s'est vu affublé du surnom d'"Oeuf de l'espace" à cause de son aspect (AFP)
Le bâtiment du Conseil s'est vu affublé du surnom d'"Oeuf de l'espace" à cause de son aspect (AFP)

Les dirigeants des pays de l'UE ont rendu hommage vendredi à Angela Merkel lors d'un sommet à Bruxelles qui devrait être son 107e et dernier après 16 ans au pouvoir.

"Merkel a toujours été là, depuis que je suis petit, donc pouvoir faire quelque chose ça fait bizarre, c'est irréel", a souligné le designer de 23 ans, qui a grandi en Belgique.

La même œuvre, sélectionnée selon M. Duterre par le président du Conseil européen Charles Michel, valant 150 euros pièce, a été offerte au dirigeant suédois Stefan Löfven, lui aussi sur le départ.

Le bâtiment du Conseil s'est vu affublé du surnom d'"Oeuf de l'espace" à cause de son aspect.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.