Tir mortel d'Alec Baldwin sur un tournage: deux personnes au coeur de l'enquête

Une ambulance est garée à l'hôpital universitaire du Nouveau-Mexique, où Halyna Hutchins a été transportée et plus tard déclarée morte après, le 22 octobre 2021 à Albuquerque. (Photo, AFP)
Une ambulance est garée à l'hôpital universitaire du Nouveau-Mexique, où Halyna Hutchins a été transportée et plus tard déclarée morte après, le 22 octobre 2021 à Albuquerque. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 23 octobre 2021

Tir mortel d'Alec Baldwin sur un tournage: deux personnes au coeur de l'enquête

  • Le rôle de l'armurière de cinéma Hannah Gutierrez Reed, 24 ans, est examiné de près par les enquêteurs
  • La thèse accidentelle semblant privilégiée, Alec Baldwin est lui resté en liberté après avoir été interrogé

LOS ANGELES: L'enquête sur le décès jeudi d'une directrice de la photographie aux Etats-Unis, tuée par un tir d'Alec Baldwin lors du tournage d'un western, se poursuivait samedi en se focalisant sur deux personnes: l'armurière et l'assistant réalisateur du film.

Touchée au torse, selon un rapport d'enquête préliminaire cité par la presse locale, Halyna Hutchins avait été transportée par hélicoptère à l'hôpital, où son décès avait été constaté. Le réalisateur du film "Rust", Joel Souza, a lui été blessé à l'épaule lors du tir et se remet.

Le rôle de l'armurière de cinéma Hannah Gutierrez Reed, 24 ans, est examiné de près par les enquêteurs car c'est elle qui avait, selon le même rapport, préparé l'arme à feu avec laquelle l'acteur a tiré le coup fatal. Elle l'avait placée sur un chariot avec deux autres armes.

L'assistant réalisateur, Dave Halls, décrit comme un professionnel expérimenté, avait ensuite tendu cette arme à M. Baldwin lors de la répétition d'une scène du film, l'informant qu'elle était "froide", c'est-à-dire non chargée d'une balle réelle en jargon cinématographique.

M. Halls ne "savait pas que l'arme était chargée à balles réelles", précise le rapport de l'agent Joel Cano du bureau du shérif du comté de Santa Fe, dans l'Etat du Nouveau-Mexique.

Ni l'un ni l'autre ne sont à l'heure actuelle visés par des poursuites, a confirmé vendredi un porte-parole du shérif. La procureure Mary Carmack-Altwies avait aussi indiqué dans un communiqué "ne pas savoir" à ce stade de l'enquête si "des poursuites seraient engagées".

La thèse accidentelle semblant privilégiée, Alec Baldwin est lui resté en liberté après avoir été interrogé.

Retweet

"Les mots me manquent pour exprimer ma stupeur et ma tristesse après l'accident tragique qui a tué Halyna Hutchins", avait tweeté  vendredi l'acteur de 63 ans, assurant "coopérer pleinement dans l'enquête".

Dans la nuit de vendredi à samedi, le comédien a aussi retweeté un article de Variety dont le titre indique qu'il avait été "informé que l'arme-accessoire était sûre avant le tir fatal", sans y ajouter de commentaire.

Le film "Rust", dont le tournage a été suspendu pour une durée indéterminée, est un western écrit et réalisé par Joel Souza.

Alec Baldwin, co-producteur du film, y tient le rôle principal d'un hors-la-loi qui prend la fuite avec son petit-fils de 13 ans lorsque ce dernier est condamné, à la suite d'un homicide accidentel, à la pendaison pour meurtre.

L'appel téléphonique d'une femme membre de l'équipe au numéro d'urgence des services de secours (911) semble par ailleurs confirmer l'existence de tensions sur le site du tournage. Six membres de l'équipe technique du film avaient quitté le plateau, selon le Los Angeles Times, plusieurs heures avant le drame pour protester contre leurs conditions de travail.

«Responsable»

Questionnée par l'opératrice du 911 sur la présence de balles réelles dans l'arme, cette femme non identifiée a ainsi répondu, selon l'enregistrement rendu public par l'Albuquerque Journal: "Je ne peux pas vous dire... Et cet enfoiré d'assistant réalisateur qui m'a crié dessus au déjeuner, (...) il est censé vérifier les armes, il est responsable de ce qui se passe sur le plateau" de tournage.

Mme Gutierrez Reed, qui ne s'est pas exprimée publiquement depuis le drame, avait été interviewée dans un podcast début septembre. Interrogée au sujet d'un précédent western, "The Old Way" avec Nicolas Cage, la jeune femme confiait avoir hésité à travailler sur le film, n'étant "pas sûre d'être prête", mais que le tournage s'était ensuite "très bien passé".

Alec Baldwin s'est rendu particulièrement populaire aux Etats-Unis ces dernières années par ses imitations de Donald Trump dans la célèbre émission satirique "Saturday Night Live".

Sa réputation, ternie par un divorce très acrimonieux au début des années 2000, avait été redorée en fin de décennie par le succès de la série comique "30 Rock", où il incarnait un patron de studio face à Tina Fey, qui lui avait valu deux Emmy Awards, équivalent des Oscars pour la télévision américaine.

Halyna Hutchins, née en Ukraine et vivant à Los Angeles, était considérée comme une étoile montante du cinéma américain. Elle avait grandi dans une base militaire soviétique située sur le cercle arctique, selon son site internet.

Son mari, Matt Hutchins, qui a confirmé à la chaîne CBS qu'Alec Baldwin l'avait contacté et avait fait preuve d'un "grand soutien", a décrit dans un tweet la "perte immense" de son épouse. "Halyna était une source d'inspiration pour nous tous", a-t-il écrit.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.