A Calais, le père Philippe Demeestère en grève de la faim contre «l'intolérable»

Un groupe de 80 migrants monte sur l'un des canots pneumatiques pour traverser la Manche en direction de l'Angleterre dans la nuit, près de Wimereux, dans le nord de la France, le 16 octobre 2021. (AFP)
Un groupe de 80 migrants monte sur l'un des canots pneumatiques pour traverser la Manche en direction de l'Angleterre dans la nuit, près de Wimereux, dans le nord de la France, le 16 octobre 2021. (AFP)
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Publié le Mercredi 27 octobre 2021

A Calais, le père Philippe Demeestère en grève de la faim contre «l'intolérable»

  • M. Demeestère en est convaincu: «Les exilés sont une chance.» En risquant «leur peau» pour changer de vie, «ils nous sortent de notre sujétion»
  • Dans cette ville frontalière, il vit d’abord dans un meublé puis rapidement dans une maison où il loge des exilés

CALAIS: Face au "harcèlement quotidien" des migrants à Calais, Philippe Demeestère, prêtre jésuite de 72 ans, voulait "marquer un coup d'arrêt". L'aumônier du Secours catholique, qui a passé sa vie auprès des sans-abris, est en grève de la faim depuis 17 jours.


M. Demeestère doit rencontrer mercredi Didier Leschi, le patron de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), envoyé par le gouvernement pour une mission de médiation.


L'homme est assis seul sur l'une des chaises en bois de l'importante église Saint-Pierre. En polaire, manteau et bonnet, il le répète, après plus de deux semaines de grève de la faim, il "va bien". 


"Question de décence", par "pudeur pour tous les gens dehors qui ne jouissent pas des conditions formidables que j'ai moi ici", soutient cet homme aux yeux clairs. "Je fais partie des riches même si je n’ai pas un sou en poche." 


Philippe Demeestère est arrivé à Calais en février 2016 quelques mois avant le démantèlement de "la grande Jungle". Ce fut pour lui un "lieu de renaissance". 


Dans cette ville frontalière, il vit d’abord dans un meublé puis rapidement dans une maison où il loge des exilés. "On a vécu plusieurs mois à 17 l'hiver dernier", se rappelle-t-il. Sous sa légère barbe blanche, il sourit: "Les rythmes de vie sont différents, ce sont des jeunes !" 

Aux côtés d'Orban en Hongrie, Marine Le Pen fustige l'UE et la «submersion migratoire»

Contre "l'asservissement" de l'UE et la "submersion migratoire", Marine Le Pen a fait bloc mardi à Budapest avec le dirigeant ultraconservateur hongrois Viktor Orban, à l'occasion de leur premier tête-à-tête.


C'était pour la candidate du Rassemblement national (RN) un rendez-vous très attendu, un mois après la visite du polémiste Eric Zemmour, son rival potentiel mais non encore déclaré à la présidentielle française de 2022, et de sa nièce Marion Maréchal.


Escorte policière, tapis rouge, déjeuner en petit comité et conférence de presse "officielle": Mme Le Pen s'est dite "honorée" de l'accueil que M. Orban lui a réservée au monastère des Carmélites, aujourd'hui bureau du Premier ministre, surplombant le Danube. 


M. Zemmour n'avait eu, lui, droit qu'à un entretien privé.


Menacée d'être écartée dès le premier tour de la présidentielle d'avril 2022 selon certains sondages récents, Marine Le Pen a cherché à asseoir sa stature en s'affichant aux côtés du Premier ministre hongrois, défenseur des valeurs "illibérales" en Europe.


Interrogé sur le scrutin à venir, Viktor Orban s'est cependant gardé de "prendre position", "la décision revenant au peuple français".

«Brutalité idéologique»
Devant la presse, tous deux ont martelé leur message souverainiste, à quelques mois d'élections nationales délicates pour elle, très serrées pour lui.


A l'unisson de M. Orban, Marine Le Pen a vivement critiqué la "brutalité idéologique" de l'Union européenne, refusant tout principe de primauté du droit européen en référence au récent bras de fer polonais.


Et de fustiger un "pouvoir centralisé bruxellois enivré de sa propre existence, de sa puissance et de son omnipotence",  une "volonté d'asservissement" de l'Union européenne.


Dans ce contexte, les deux figures souverainistes ont prôné une alliance des nations.


M. Orban, dont le parti a quitté en mars le groupe PPE (droite) au Parlement européen, a expliqué être "en quête de partenaires pour coopérer dans cette nouvelle ère". Et le camp de Marine Le Pen est "incontournable", a-t-il dit, saluant son "soutien" inébranlable au fil des ans.


Au sujet de cette alliance des nations, la visite n'a toutefois donné lieu à aucune annonce concrète.


"Je pense que tant que les forces patriotes et souverainistes ne sont pas alliées au sein du Parlement européen, elles ont évidemment moins de poids que si nous arrivons à constituer ce grand groupe que nous appelons de nos voeux depuis déjà un certain nombre de temps", a-t-elle insisté ensuite devant la presse.


Le sujet n'a guère avancé depuis la publication, en juillet, d'une "déclaration commune" entre la candidate du RN et une quinzaine d'alliés en Europe, dont le Premier ministre hongrois.

Pas des «clones»

En attendant, Marine Le Pen a pris soin de gommer les divergences, mettant plutôt en avant la "question de l'immigration", chère aux deux responsagles.


Elle a ainsi étrillé "ce fléau dont nos nations doivent impérativement se préserver" et la "submersion migratoire que veut organiser l'UE".


Sur le reste, M. Orban est, comme Eric Zemmour et Marion Maréchal, plus libéral sur le plan économique, et plus conservateur sur le plan des valeurs sociétales que Mme Le Pen. 


Une proximité idéologique affichée par le trio fin septembre, prompt à brandir la "théorie du grand remplacement" (théorie complotiste d'un remplacement de la population européenne par une population immigrée, NDLR) sur la scène d'un "sommet de la démographie" à Budapest.


A six mois de la présidentielle, ces différences paraissent secondaires au regard de son "besoin de regonfler son image à elle", et "de dire à cet électorat tenté par Eric Zemmour que question autoritarisme, elle a aussi quelques galons", commente l'historien Nicolas Lebourg, auteur d'un essai sur "Les droites extrêmes en Europe".

«Intellectuel de terrain»
Depuis le début de sa grève de la faim, le 11 octobre, il dort sur un lit de camp dans l'église avec deux militants associatifs. En pleine campagne électorale "où la pression sur les exilés s’accentue", c'était pour lui "le bon moment" pour "marquer un coup d'arrêt", "dire ça suffit". 


"On fait des exilés un enjeu électoral et ici à Calais on s’habitue à l’intolérable. Il y a une routine des pratiques policières et les associations courent après les dommages que causent ces policiers", tance le retraité, à l'origine ces deux dernières années de l'ouverture de lieux d’accueil hivernaux pour les réfugiés.


Il en est convaincu : "Les exilés sont une chance." En risquant "leur peau" pour changer de vie, "ils nous sortent de notre sujétion".


C'est une personne "libre", un "intellectuel de terrain", "très généreux", décrit Juliette Delaplace, l'une de ses proches chargée de mission pour le Secours Catholique à Calais. 


"Entièrement mobilisé", "sans cesse auprès des plus précaires", Philippe Demeestère "a des valeurs profondes qu'il continue à cultiver", lisant beaucoup pour "réfléchir", "prendre du recul", "enrichir nos actions", ajoute-t-elle. 


Il a d'ailleurs apporté un sac de lectures en retard, mais il n'a eu le temps de relire qu'une douzaine de pages de "La Pédagogie des opprimés" de Paulo Freire.

Migrants: reprendre la «route des Balkans» pour fuir la Grèce inhospitalière

En Grèce depuis cinq ans, Mohamed Bilal n'a plus d'espoir: comme lui, de nombreux migrants et réfugiés lassés des restrictions croissantes au droit d'asile cherche à repartir, en direction de l'Europe du nord via "la route des Balkans".


"Quand je suis arrivé en Grèce en 2016, j'avais 15 ans et après toutes ces années, je n'arrive toujours pas à être régularisé", se désole ce Pakistanais de 20 ans.


Sans papiers, comme son frère, il campe près d'Idomeni, poste-frontière avec la Macédoine du Nord, à une heure de route du port de Thessalonique, la deuxième ville de Grèce dans le nord du pays.


Sa demande d'asile a été récemment rejetée comme celles de milliers d'autres migrants après le tour de vis appliqué aux politiques migratoires par le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis, au pouvoir depuis deux ans. 


"Je risque chaque jour d'être arrêté et renvoyé dans mon pays, donc j'ai décidé de me rendre dans un autre pays européen", poursuit le jeune homme.


En mars 2016, Idomeni était devenu un cul-de-sac pour les migrants quand Skopje et les pays européens ont décidé de fermer les frontières. Athènes avait alors créé des camps pour y cantonner les milliers de migrants bloqués.


Cinq ans après, les migrants y sont de retour: dans la forêt proche d'Idomeni, des jeunes demandeurs d'asile syriens se chauffent autour d'un feu de camp, se protégeant du froid avec des couvertures et sacs de couchage.


"On veut aller s'installer aux Pays-Bas ou en France (...) trouver un travail et continuer notre vie", explique Mezit, 26 ans, originaire de Deir ez-Zor en Syrie.


Arrivé en Turquie en 2017, Mezit a été travailleur agricole puis est reparti en raison de la situation économique dégradée et il a franchi la rivière Evros pour passer en Grèce le mois dernier. Il a l'air exténué, sans presque rien à manger.

Va-et-vient constant 
A Idomeni, la voie ferrée est jonchée des boîtes de conserve, de bouteilles d'eau vides, de vêtements et de chaussures. 


"Chaque jour, des migrants se déplacent dans cette zone. Les traversées ne s'arrêtent jamais", assure un vigile embauché par la gare d'Idomeni.


Ce sont en majorité des hommes jeunes qui "ne sont rattrapés que lorsque, épuisés après des jours à tenter de traverser la frontière, ils se rendent aux autorités", dit-il.


Le gouvernement grec, de son côté, met en avant une réduction importante du nombre de migrants et réfugiés ces deux dernières années.


Pour y parvenir, le pays s'est barricadé: un mur équipé de caméras et de drones a été construit à la frontière terrestre avec la Turquie (nord-est) et les patrouilles se sont intensifiées au large des îles en mer Egée, face à la Turquie, avec l'aide de l'Agence européenne de surveillance des frontières, Frontex.


Avec comme mot d'ordre "la sécurité", Athènes a aussi durci la législation sur le droit d'asile et déclaré la Turquie comme "pays sûr" pour le renvoi des déboutés d'asile, au grand dam des ONG soutenant que les droits de l'homme n'y sont pas respectés.


Plusieurs médias ont documenté une stratégie de refoulement illégal des migrants par des unités spéciales de la police grecque, que dément Athènes. La Commission européenne a toutefois demandé une enquête sur ce sujet.


Une trentaine d'organisations humanitaires ont aussi accusé les autorités grecques d'exclure certains migrants de l'aide alimentaire dans les camps mais le ministère des Migrations a expliqué que la distribution de l'aide ne concernait pas les déboutés du droit d'asile qui "doivent quitter" les camps.


En juin, six pays de l'UE, dont la France, l'Allemagne et les Pays-Bas, ont adressé une lettre à la Commission chiffrant à plus de 17.000 les réfugiés ayant obtenu l'asile en Grèce mais repartis pour un autre pays européen faute de logement décent et du minimum vital pour vivre. 


La Grèce ne cesse de répéter que sa contribution à l'accueil des réfugiés est "substantielle" et que le fardeau doit être partagé par tous en Europe.

«Peu cadrable»
Né d'un père agent d’assurance et d'une mère au foyer, l'aumônier est le "petit dernier" d’une famille de trois. Il a grandi à Halluin, dans le Nord, à la frontière belge.


"Je suis un privilégié. Je suis parti de chez moi les mains dans les poches et je savais que j’étais armé pour la vie, indépendamment de toute richesse financière. Je me considère éternellement débiteur de tout ce que j’ai reçu", témoigne le nordiste pas avare en digressions.


Le bac en poche en 1969, "après l'avoir raté deux fois" se souvient-t-il en riant, il part deux ans en coopération militaire à Azazga, en Algérie, comme instituteur. "Peu cadrable, je ne me voyais pas revêtir l’uniforme, j’avais trouvé cette échappatoire." 


En rentrant en France, il rejoint la Compagnie de Jésus. "Je voulais travailler pour que les gens qui n’ont pas de place dans la société en trouvent une". En parallèle d'une vie aux côtés des sans-abri entre Paris, Marseille ou Nancy, il travaille comme déménageur et chauffeur de car scolaire.   


Le 1er novembre, premier jour de la trêve hivernale, Philippe Demeestère "constatera" l'arrêt ou non des expulsions de campements, l'une de ses principales revendications. Il n'en dira pas plus, mais il confesse déjà avoir "une autre cartouche".


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.