Législatives au Japon: la coalition au pouvoir en passe de garder sa majorité

Décompte des votes des élections, le 31 octobre à Tokyo (Photo, AFP).
Décompte des votes des élections, le 31 octobre à Tokyo (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 31 octobre 2021

Législatives au Japon: la coalition au pouvoir en passe de garder sa majorité

  • Dans la précédente législature, la coalition formée par le PLD (droite nationaliste) et le Komeito (centre-droit) avait une solide assise parlementaire, permettant un contrôle de tous les leviers du pouvoir
  • Mais le contexte a beaucoup changé par rapport aux dernières législatives en 2017 et la participation électorale, particulièrement basse au Japon, sera scrutée de près dimanche

TOKYO: Le Premier ministre Fumio Kishida espère se maintenir au pouvoir à l'issue des élections législatives dimanche au Japon, que son parti devrait remporter mais en y laissant probablement des plumes face à une population désenchantée et une opposition mieux coordonnée.

Selon les dernières estimations, la coalition au pouvoir sortante devrait conserver sa majorité parlementaire tout en subissant une perte nette de sièges aux élections législatives dimanche, selon les estimations de médias locaux après la fermeture des bureaux de vote.

Alors qu'elle disposait de 305 sièges sur 465 à la Chambre basse des représentants lors de la dernière législature, la coalition formée par le Parti libéral-démocrate (PLD, droite nationaliste) et le parti Komeito devrait remporter entre 239 et 288 sièges, selon la chaîne de télévision publique japonaise NHK.

Les bureaux de vote ont ouvert tôt dimanche matin et fermeront à 20H00 (11H00 GMT), quand des estimations sorties des urnes seront dévoilées.

Quelque 106 millions de Japonais sont appelés à départager 1.051 candidats pour 465 sièges à la Chambre basse de la Diète. La pandémie et l'économie ont été les thèmes dominants d'une brève campagne électorale de 17 jours.

Le mécontentement de certains électeurs était palpable dimanche. 

Les mesures contre le coronavirus mises en place par le gouvernement depuis 2020 étaient "désordonnées", a affirmé à l'AFP Takashi Shima, 51 ans. "J'ai choisi un parti qui je pense mènerait une meilleure politique", a ajouté l'électeur tokyoïte.

Eko Nagasaki, 18 ans, s'est quant à elle concentrée sur les propositions des candidats concernant le mariage gay, qui n'existe pas au Japon à l'heure actuelle, et les droits pour les personnes LGBT+.

"Beaucoup de candidats sont plutôt vieux (...). J'espère que la politique japonaise va se décoincer et gagner en diversité", a déclaré cette jeune électrice.

Dans la dernière législature, le Parti libéral-démocrate (PLD, droite nationaliste), qui domine presque constamment la scène politique japonaise depuis 1955, détenait 276 sièges et son allié, le parti Komeito (centre-droit), 29. Soit 305 sièges au total, ce qui leur donnait un très large contrôle du pouvoir.

«Résurrection» ou «plongeon mortel»?

Mais la donne a beaucoup changé par rapport aux dernières législatives en 2017.

Shinzo Abe, qui semblait inoxydable au poste de Premier ministre, a démissionné en septembre 2020 pour des raisons de santé. Son successeur Yoshihide Suga n'a tenu qu'un an, victime d'une impopularité record.

Devenu président du PLD fin septembre 2021 grâce au soutien des caciques du parti, puis nommé Premier ministre par le Parlement début octobre, M. Kishida, 64 ans, n'a cependant pas bénéficié d'un état de grâce dans l'opinion. Début octobre, sa popularité gravitait autour de 50%, l'une des plus faibles pour un nouveau dirigeant japonais depuis 20 ans.

Il vise aux législatives la majorité absolue la plus courte: 233 sièges pour le PLD et le Komeito réunis. Une manière de sauver la face même en cas de perte sensible de sièges.

"Si leur nombre de sièges descendait vers ce niveau, ce serait très difficile pour la réputation de M. Kishida", prévient toutefois Michael Cucek, professeur d'études asiatiques au campus japonais de l'Université Temple. "Quand un Premier ministre est à ce poste uniquement grâce à d'autres, à partir du moment où il commence à perdre de l'altitude, il commence à se diriger vers un plongeon mortel".

"Nous devons montrer au public que le PLD est ressuscité", avait lancé M. Kishida après son élection à la tête du parti.

Ayant fait de la lutte contre le Covid-19 sa priorité numéro un, il a aussi promis un nouveau plan de relance budgétaire massif et veut combattre les inégalités sociales, mais avec des moyens encore flous.

Des atouts pour le PLD

Le PLD a longtemps profité des divisions dans l'opposition. Mais pour ces législatives, cinq partis d'opposition dont le principal d'entre eux, le Parti démocrate constitutionnel (PDC, centre-gauche), coopèrent dans de nombreuses circonscriptions, une alliance inédite qui pourrait affaiblir leur écrasant rival.

D'un autre côté, le PLD dispose de gros moyens et reste maître dans l'art de contrôler le processus électoral, notamment dans les zones rurales où il cultive des liens très anciens avec les électeurs.

Le nombre d'infections au coronavirus a par ailleurs chuté dernièrement au Japon, et après un démarrage laborieux, la vaccination a accéléré: plus de 71% des habitants ont désormais reçu deux injections.

Une abstention élevée favorise traditionnellement le PLD, et la participation électorale avait été particulièrement basse au Japon lors des deux dernières législatives (53,68% en 2017 et 52,66% en 2014).

Dimanche à 14H00 heure (05H00 GMT), le taux de participation était de 21,49%, en très légère baisse (-0,34 point) par rapport au scrutin de 2017 à la même heure.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.