Israël rouvre ses portes aux touristes

Jérusalem vue du mont des Oliviers (Photo, AFP).
Jérusalem vue du mont des Oliviers (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 02 novembre 2021

Israël rouvre ses portes aux touristes

  • Une baisse des contaminations en parallèle d'une campagne nationale de vaccination en faveur des doses de rappel a permis cette reprise
  • Dans la Vieille Ville de Jérusalem, carrefour des monothéismes, les commerçants attendent avec impatience le retour des clients

JERUSALEM: Après plus d'un an et demi presque sans touristes, Israël a rouvert lundi ses frontières aux voyageurs vaccinés, après une baisse des contaminations et en parallèle d'une campagne nationale de vaccination en faveur des doses de rappel.

Et dans la Vieille Ville de Jérusalem, carrefour des monothéismes où se concentrent le St-Sépulcre, le mur des Lamentations et l'esplanade des Mosquées, les commerçants attendent avec impatience le retour des clients.

C'est le cas de Rami Razouk, un marchand de souvenirs qui a retrouvé le sourire après avoir vendu pour la première fois depuis le début de la pandémie, des cartes postales et des t-shirts à des touristes étrangers.

"Je suis très content, ça faisait longtemps que je n'avais rien vendu. Regardez toute cette poussière!", lance celui qui vient d'écouler des chameaux en peluche à un touriste français et tente énergiquement d'alpaguer d'autres clients.

"J'espère que le gouvernement ne va pas revenir sur sa décision", dit le commerçant palestinien, dont l'échoppe est située dans la partie palestinienne de la ville, occupée par Israël. Il est néanmoins conscient que quoiqu'il arrive, "les touristes ne reviendront pas en un jour ou un mois".

Israël avait connu une année touristique exceptionnelle en 2019 avec 4,55 millions de visiteurs. En 2021, les autorités s'attendent à accueillir 300.000 touristes, certains étant arrivés plus tôt cette année dans des groupes organisés, et estiment à 22 milliards de shekels (six milliards d'euros) les pertes pour l'économie.

«200 km/h»

"L'industrie du tourisme roulait à 200 km/h et a dû s'arrêter soudainement à cause du Covid", explique à l'AFP Amir Halevi, directeur général au ministère du Tourisme. "Ca va prendre du temps avant de reprendre (...) mais j'espère que chaque mois nous parviendrons à améliorer les chiffres."

A Jérusalem, l'industrie hôtelière estime avoir perdu un million de shekels par mois pour chaque hôtel fermé. "Aujourd'hui est un jour fantastique car nous voyons le bout du tunnel", soutient David Tucker, de l'Association hôtelière locale.

Sur le parvis de l'église du Saint-Sépulcre, construite à l'endroit où Jésus a été crucifié, mis au tombeau et ressuscité selon la religion chrétienne, quelques guides amassent leurs troupes.

Certains groupes de touristes avaient été autorisés à revenir en Israël en septembre, mais pas les voyageurs individuels.

"En tant que professionnel (du tourisme), c'est à la fois super et étrange", raconte Ezechiel Grinberg, un guide israélien qui accompagne, pour la première fois depuis des mois, un groupe d'Américains.

"Ce n'est pas facile car il y a encore beaucoup d'endroits fermés, ce n'est pas vraiment un retour à la normale", explique-t-il, regrettant les nombreuses conditions auxquelles doivent se plier les étrangers pour rentrer dans le pays, un frein à la reprise du tourisme selon lui.

«Meilleur café»

Les voyageurs doivent présenter un certificat de vaccination de moins de six mois et un test PCR datant d'un maximum de 72 heures avant leur départ pour Israël, puis passer un second test à leur arrivée.

De nombreux commerces de la Via Dolorosa, chemin de souffrance où Jésus, selon les Evangiles, a rencontré sa mère et reçu de l'aide pour porter la croix, restent fermés. 

Nader Zaro, moustache blanche et chemise à carreaux, y a ouvert son petit café aux murs recouverts de dessins laissés par des touristes. "Meilleur café de Jérusalem", peut-on lire en néerlandais, portugais et anglais.

Les oranges, les citrons et les grenades sont prêts à être pressés, mais des frigos sont toujours vides.

"Nous commençons à voir de petits groupes de touristes mais nous avons besoin de touristes 'normaux' (individuels) parce que les groupes de touristes passent mais ne s'arrêtent pas", se lamente le commerçant palestinien en passant la serpillère dans son établissement, dont le fond est plongé dans la pénombre.

Il n'allume que quelques néons à l'entrée, car l'électricité coûte trop cher pour ses réserves amputées par la pandémie. "Et ça servirait à quoi?", s'exclame-t-il. Le peu de visiteurs qu'il y a, "tout le monde les veut alors on leur saute dessus. Moi je me fais bouffer".


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.