Violences en Ethiopie: Washington renforce la pression sur les rebelles et Addis Abeba

Le gouvernement éthiopien, qui a démenti avoir perdu le contrôle de ces villes, a déclaré l'état d'urgence dans l'ensemble du pays, a annoncé mardi un média d'Etat. (AFP)
Le gouvernement éthiopien, qui a démenti avoir perdu le contrôle de ces villes, a déclaré l'état d'urgence dans l'ensemble du pays, a annoncé mardi un média d'Etat. (AFP)
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Publié le Mercredi 03 novembre 2021

Violences en Ethiopie: Washington renforce la pression sur les rebelles et Addis Abeba

  • Biden a expliqué mardi au Congrès qu'Addis Abeba serait privé à compter de janvier des avantages prévus par une loi américaine qui exempte les pays d'Afrique subsaharienne de droits de douane américains
  • L'émissaire américain pour la Corne de l'Afrique, Jeffrey Feltman, a accusé de son côté Addis Abeba d'entraver la livraison d'aide humanitaire aux régions disputées

WASHINGTON: Joe Biden s'est dit prêt mardi à priver l'Ethiopie d'un accord commercial vital avec les Etats-Unis, en raison des violations des droits humains perpétrées dans la région dissidente du Tigré, une menace dénoncée par Addis Abeba.


Le Tigré, en proie depuis près d'un an à un conflit entre les autorités dissidentes locales et les forces du gouvernement éthiopien, a été le théâtre de massacres et de viols de masse, dénoncés par le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken comme des "actes de nettoyage ethnique".


En réponse à ces violations des droits humains, Joe Biden a expliqué mardi au Congrès qu'Addis Abeba serait privé à compter de janvier -- de même que la Guinée et le Mali, deux pays théâtres de coups d'Etat -- des avantages prévus par une loi américaine qui exempte les pays d'Afrique subsaharienne de droits de douane américains.


"Notre administration est profondément préoccupée (...) par les violations flagrantes des droits humains internationalement reconnues, perpétrées par le gouvernement éthiopien et d'autres factions (...) dans le nord de l'Ethiopie", a indiqué la représentante américaine au Commerce, Katherine Tai, dans un communiqué.


L'émissaire américain pour la Corne de l'Afrique, Jeffrey Feltman, a accusé de son côté Addis Abeba d'entraver la livraison d'aide humanitaire aux régions disputées.


"Aucun gouvernement ne peut tolérer d'insurrection armée, nous comprenons cela, mais aucun gouvernement ne devrait adopter des mesures ou autoriser des pratiques conduisant à massivement affamer ses propres citoyens", a-t-il lancé.


Plus tard mardi, le département d'Etat a recommandé aux voyageurs américains de ne pas se rendre en Ethiopie à cause du danger représenté par le conflit armé, relevant son avertissement au niveau maximal.


"Les citoyens américains se trouvant en Ethiopie devraient envisager de partir" en empruntant les lignes commerciales, a précisé le bureau du porte-parole dans un communiqué.

Impact à long terme 
Les autorités éthiopiennes, qui redoutaient depuis plusieurs semaines la perte des avantages de la loi américaine sur la croissance et les opportunités en Afrique (dite Agoa, pour African growth and opportunity act), ont dénoncé mardi la décision américaine.


"Nous sommes extrêmement déçus par la menace de retrait de l'Agoa actuellement envisagée par le gouvernement américain", a déclaré le ministère éthiopien du Commerce, demandant que cette décision soit "annulée" avant son entrée en vigueur le 1er janvier.


"Le retrait de l'Ethiopie de l'Agoa porterait un coup sérieux au bien-être de millions de travailleurs à faible revenu à un moment où l'industrie manufacturière éthiopienne enregistre des niveaux de production mensuels record", avait auparavant averti Mamo Mihretu, un conseiller du Premier ministre Abiy Ahmed, dans l'édition d'octobre du magazine Foreign Policy.


Selon lui, depuis l'adoption de l'Agoa, les exportations éthiopiennes vers les Etats-Unis sont passées de 28 millions de dollars en 2000 à près de 300 millions de dollars en 2020, avec près de la moitié de ce total directement lié à ces avantages commerciaux.


Netsanet Sidamo, qui supervise la fabrication de vêtements à Hawassa, dans le sud de l'Ethiopie, a ainsi déclaré à l'AFP qu'elle recevait 4.000 birr éthiopiens par mois (environ 85 dollars), une somme qui l'a aidée à payer son loyer, à subvenir aux besoins de sa famille et à obtenir un diplôme universitaire.


"Si l'entreprise arrête ses activités, non seulement moi, mais encore des milliers de mes collègues n'auront nulle part où aller", a-t-elle confié.

Etat d'urgence 
"Les Etats-Unis exhortent ces gouvernements (l'Ethiopie, la Guinée et le Mali, ndlr) à prendre les mesures nécessaires pour répondre aux critères statutaires afin que nous puissions reprendre nos précieux partenariats commerciaux", a indiqué Katherine Tai.


L'Agoa accorde en effet depuis 2000 de larges exemptions douanières à une quarantaine de pays africains pour exporter leurs produits aux Etats-Unis, à condition qu'ils améliorent leurs réglementations en matière de droits humains et de conditions de travail.


L'émissaire Jeffrey Feltman a également demandé mardi aux rebelles du Tigré de ne pas marcher sur la capitale, Addis Abeba, lors d'une intervention à l'Institut américain pour la paix.


"Nous nous opposons à tout mouvement du TPLF (le Front de libération du peuple du Tigré, ndlr) vers Addis (Abeba) ou toute action visant à assiéger Addis", a-t-il souligné.


Le TPLF a revendiqué ces derniers jours la prise de Dessie et de Kombolcha, deux villes situées à un carrefour routier stratégique à quelque 400 kilomètres au nord d'Addis Abeba, sans exclure de marcher sur la capitale.


Le gouvernement éthiopien, qui a démenti avoir perdu le contrôle de ces villes, a déclaré l'état d'urgence dans l'ensemble du pays, a annoncé mardi un média d'Etat.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.