Le Sud-africain Damon Galgut couronné par le Booker Prize

En recevant le prix, Damon Galgut, qui faisait partie des favoris parmi les six finalistes, a souligné qu'il voulait l'accepter pour "toutes les histoires qui ont été racontées et celle qui ne l'ont pas été", les écrivains, reconnus ou non, "de ce remarquable continent".  (Photo, AFP)
En recevant le prix, Damon Galgut, qui faisait partie des favoris parmi les six finalistes, a souligné qu'il voulait l'accepter pour "toutes les histoires qui ont été racontées et celle qui ne l'ont pas été", les écrivains, reconnus ou non, "de ce remarquable continent". (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 04 novembre 2021

Le Sud-africain Damon Galgut couronné par le Booker Prize

  • Le prestigieux prix littéraire britannique pour «The Promise», un livre sur le temps qui passe dans une famille de fermiers blancs à l’époque post-apartheid
  • Le lauréat a salué une «grande année pour l'écriture africaine», marquée par le prix Nobel de littérature d'Abdulrazak Gurnah, Britannique né à Zanzibar

LONDRES : L'auteur sud-africain Damon Galgut a remporté mercredi soir le Booker Prize, prestigieux prix littéraire britannique, pour "The Promise", un livre sur le temps qui passe dans une famille de fermiers blancs dans l'Afrique du Sud post-apartheid.

"Je suis profondément, humblement reconnaissant", a déclaré le lauréat de 57 ans, finaliste pour la troisième fois du Booker Prize. Manifestement ému, il a salué une "grande année pour l'écriture africaine", marquée par le prix Nobel de littérature d'Abdulrazak Gurnah, Britannique né à Zanzibar.

"C'est un processus qui va continuer" et "les gens vont prendre l'écriture africaine un peu plus au sérieux", a prévenu Damon Galgut lors d'une conférence de presse, "il y a beaucoup d'écriture formidable qui vient de notre part".

En recevant le prix, Damon Galgut, qui faisait partie des favoris parmi les six finalistes, a souligné qu'il voulait l'accepter pour "toutes les histoires qui ont été racontées et celle qui ne l'ont pas été", les écrivains, reconnus ou non, "de ce remarquable continent".

Couvrant la période de la fin de l'apartheid jusqu'à la présidence de Jacob Zuma, son livre, "The Promise", retrace, au fil d'une série d'enterrements, la progressive dislocation d'une famille blanche de Pretoria alors que le pays émerge vers la démocratie.

La présidente du jury, l'historienne Maya Jasanoff, a souligné l'"originalité" et la "fluidité de voix incroyables", de l'ouvrage, "un livre dense, avec une signification historique et métaphorique".

Le New Yorker a qualifié "The Promise" de "remarquable", tandis que le Sunday Times d'Afrique du Sud a jugé "étonnant de voir combien d'histoire Galgut parvient à mettre dans ce court roman".

Dans une vidéo diffusée avant l'annonce du résultat, l'auteur a expliqué qu'il voulait montrer dans ce livre "le passage du temps et ce qu'il fait à la famille, ce qu'il fait à la politique du pays et ce qu'il fait aux notions de justice".

Le vrai sujet du livre est "le temps et comment le temps passe". Si un message était à retenir, "ce serait que la mortalité est ce qui sous-tend toutes nos vies", "nous vieillissons tous et tout change au fur et à mesure que le temps passe".

Retransmise sur la BBC, la cérémonie a réuni tous les finalistes en personne, après des apparitions par vidéoconférence lors de la précédente édition, en raison des restrictions liées à la pandémie de coronavirus.

Les six ouvrages retenus pour la finale avaient été sélectionnés par les cinq jurés parmi 158 romans publiés au Royaume-Uni ou en Irlande entre le 1er octobre 2020 et le 30 septembre 2021.

Y figuraient l'américaine Patricia Lockwood, en lice pour "No One is talking About This", qui met la tragédie d'une vie face à "l'absurdité" des réseaux sociaux, ainsi que deux de ses compatriotes: Richard Powers ("Bewilderment", dans lequel un astrobiologiste s'échappe vers des mondes fantastiques alors qu'il aide son fils perturbé) et Maggie Shipstead ("Great Circle", qui entraîne les lecteurs dans les parcours entrelacés d'une aviatrice du XXe siècle et une star de Hollywood du XXIe siècle).

Les autres finalistes étaient l'écrivain srilankais Anuk Arudpragasam, 33 ans, avec "A passage North", qui évoque traumatismes et souvenirs de la guerre civile au Sri Lanka et la Britannico-Somalienne Nadifa Mohamed, 40 ans, pour "The Fortune Men", basé sur l'histoire vraie d'un Somalien injustement condamné et exécuté pour le meurtre d'une femme dans le port de Cardiff au Pays de Galles en 1952.

L'an dernier, le prix avait été attribué à l'Ecossais Douglas Stuart pour son premier roman "Shuggie Bain", qui se déroule dans une famille de la classe ouvrière à Glasgow en proie à l'alcoolisme et à la pauvreté dans les années 1980.

Lancé en 1969, le Booker Prize récompense chaque année l'auteur du "meilleur roman écrit en anglais". Le vainqueur gagne une récompense de 50000 livres (environ 55000 euros) et l'assurance d'une renommée internationale.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".