La lanceuse d'alerte de Facebook à Bruxelles, un soutien clé pour réguler le net

La lanceuse d'alerte de Facebook Frances Haugen poursuit son tour d'Europe lundi à Bruxelles, où l'UE compte sur son témoignage pour donner un coup d'accélérateur aux projets de régulation des géants du numérique. (AFP)
La lanceuse d'alerte de Facebook Frances Haugen poursuit son tour d'Europe lundi à Bruxelles, où l'UE compte sur son témoignage pour donner un coup d'accélérateur aux projets de régulation des géants du numérique. (AFP)
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Publié le Lundi 08 novembre 2021

La lanceuse d'alerte de Facebook à Bruxelles, un soutien clé pour réguler le net

  • Le DSA veut interdire aux plateformes d'utiliser ces algorithmes pour promouvoir de fausses informations et discours dangereux
  • Le français Geoffroy Didier (PPE) a jugé «primordial» d'«ouvrir la boîte noire que sont les systèmes d'algorithmes» utilisés par ces plateformes pour recommander des contenus

BRUXELLES: Après Londres et Lisbonne et avant Paris, la lanceuse d'alerte de Facebook Frances Haugen poursuit son tour d'Europe lundi à Bruxelles, où l'UE compte sur son témoignage pour donner un coup d'accélérateur aux projets de régulation des géants du numérique.

L'ancienne employée du géant américain rebaptisé Meta, a rencontré le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton, à l'origine de deux projets de législation (DSA et DMA), présentés en décembre 2020. Elle doit s'exprimer en fin d'après-midi devant les députés européens qui débattent de ces textes.

"On a vu l'impact que les grandes plateformes peuvent avoir sur nos démocraties et sociétés, notamment sur le bien-être de nos enfants", a déclaré le commissaire français à l'issue de son entrevue avec Frances Haugen, qu'il a remerciée pour son "dévouement sans relâche". Il a affirmé la détermination de l'UE à réglementer "ce qui ressemble toujours à un Far West digital".

"Les efforts accrus de lobbying dont nous sommes témoins sont peine perdue: nous ne permettrons pas aux intérêts des entreprises d'interférer avec l'intérêt général des Européens", a-t-il averti, appelant à l'adoption du Règlement sur les services numériques ("Digital Services Act", DSA) et du Règlement sur les marchés numériques ("Digital Markets Act", DMA) dans la première moitié de 2022, période pendant laquelle la France occupera la présidence tournante de l'UE.

L'audition de la lanceuse d'alerte par les parlementaires européens doit permettre de "mieux comprendre les techniques que Facebook, mais aussi d'autres portiers de l'internet ("gatekeepers"), utilisent pour contrôler les flux de données", a déclaré l'eurodéputé allemand Andreas Schwab (PPE, droite) sur Twitter, souhaitant l'adoption par l'UE d'un "cadre légal clair".

Le français Geoffroy Didier (PPE) a jugé "primordial" d'"ouvrir la boîte noire que sont les systèmes d'algorithmes" utilisés par ces plateformes pour recommander des contenus.

Le DSA veut interdire aux plateformes d'utiliser ces algorithmes pour promouvoir de fausses informations et discours dangereux, avec pour les plus importantes d'entre elles une obligation de moyens pour modérer les contenus.

Ciblage publicitaire en question 

Frances Haugen, qui a déjà témoigné devant les parlementaires américains et britanniques, accuse notamment Facebook de répandre la haine en ligne et la désinformation en utilisant un système donnant la priorité aux contenus qui font le plus de clics.

Certains élus, comme l'eurodéputée allemande Anna Cavazzini (Verts), appellent aussi à une interdiction de la publicité ciblée, qui est au coeur du modèle économique des géants de la tech, une disposition qui n'est toutefois pas prévue en l'état dans le projet de régulation européen.

"L'incitation à collecter toujours plus de données et à en tirer de l'argent disparaîtrait, et cela réduirait donc aussi les discours de haine", a-t-elle argumenté auprès de l'AFP.

Mais une telle interdiction pure et simple, également réclamée par des ONG et associations de consommateurs, ne recueillerait pas les votes nécessaires au Parlement: le PPE et Renew Europe (centristes) y sont opposés, tout comme des Etats membres, en particulier la France et l'Allemagne, selon des sources à Bruxelles.

La Slovénie, qui assure la présidence de l'UE jusqu'à fin 2021, s'efforce de faire en sorte que les gouvernements européens adoptent une position commune sur ces projets de loi européens lors d'une réunion le 25 novembre. De leur côté les eurodéputés pilotant les discussions misent sur un compromis d'ici début 2022.

Lundi à Bruxelles dans la matinée, Frances Haugen a reçu une liste des signataires d'une pétition de soutien à ses actions, qui s'élèvent à plus de 80 000 personnes, selon l'ONG organisatrice de l'événement, SumofUs.

Frances Haugen "nous donne enfin des preuves tangibles de ce que les militants, les chercheurs et la société civile ont toujours soupçonné (...) Sa venue ici alimente donc le débat sur la législation qui doit être adoptée, et nous espérons qu'elle le sera", a déclaré à l'AFP la militante Flora Rebello Arduini.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.