De la rue au sommet, cinq moments forts de la COP26

Une artiste de la «Red Rebel Brigade» – une troupe internationale de performance artistique – assiste à une manifestation à l'extérieur de la COP26, à Glasgow, le 12 novembre 2021. (Photo, AFP)
Une artiste de la «Red Rebel Brigade» – une troupe internationale de performance artistique – assiste à une manifestation à l'extérieur de la COP26, à Glasgow, le 12 novembre 2021. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 14 novembre 2021

De la rue au sommet, cinq moments forts de la COP26

  • Au début de cette COP début novembre, plus de 120 chefs d'Etat ont défilé dans la salle plénière du centre de conférence de Glasgow
  • Une vingtaine d'Etats, dont les Etats-Unis, se sont ainsi engagés à mettre un terme d'ici fin 2022 au financement à l'étranger de projets d'énergies fossiles sans techniques de capture du carbone

GLASGOW : Les deux semaines de la COP26 ont été marquées par les cris des jeunes, la colère des pays pauvres, mais aussi par des annonces marquantes qui laisseraient malgré tout la planète filer vers un réchauffement "bien au delà" de +2°C.

Promesses au sommet et appels à l'aide

Au début de cette COP début novembre, plus de 120 chefs d'Etat ont défilé dans la salle plénière du centre de conférence de Glasgow, des gros émetteurs de CO2 promettant de faire plus contre le réchauffement aux petites îles du Pacifique menacées par la montée du niveau des mers appelant à l'aide.

"Nous voulons exister dans cent ans, et si notre existence signifie quelque chose, alors nous devons agir dans l'intérêt de nos peuples qui dépendent de nous", a lancé la Première ministre de la Barbade Mia Mottley, appelant la COP26 à agir pour empêcher une "condamnation à mort" de son peuple et d'autres dans la même situation.

Absents de marque: les présidents russe et chinois. 

Le Premier ministre indien Narendra Modi a fait sensation, annonçant pour la première fois pour son pays un objectif de neutralité carbone, pour 2070, et renforçant ses ambitions de réduction des émissions pour 2030.

Cris dans la rue

La pluie diluvienne n'a pas empêché des dizaines de milliers de personnes de tous âges de défiler dans les rues de Glasgow au milieu des deux semaines de conférence, le 6 novembre, pour réclamer la "justice climatique" et des mesures immédiates pour les communautés déjà frappées par les catastrophes climatiques.

La veille, des milliers de jeunes, dont des très jeunes, avaient déjà manifesté dans la ville écossaise, derrière la Suédoise Greta Thunberg.

Le jugement de l'égérie du mouvement des jeunes pour le climat était d'ores et déjà sans appel: "Ce n'est un secret pour personne que la COP26 est un échec", a-t-elle lancé, en qualifiant la conférence de "célébration du +business as usual+ et du blabla".

Fossiles dehors

Cette COP a été marquée comme jamais par une volonté de nombreux pays d'accélérer la sortie des énergies fossiles, principales responsables du réchauffement.

Une vingtaine d'Etats, dont les Etats-Unis, se sont ainsi engagés à mettre un terme d'ici fin 2022 au financement à l'étranger de projets d'énergies fossiles sans techniques de capture du carbone.

Une autre coalition d'une quarantaine de nations a publié une déclaration de transition du charbon vers l'énergie propre, et quelques pays ont lancé une coalition pour sortir du pétrole et du gaz.

La déclaration finale fait référence également, pour la première fois à ce niveau, aux énergies fossiles, dont l'accord de Paris ne fait aucune mention.

Une centaine de pays se sont d'autre part engagés à réduire les émissions de méthane d'au moins 30% d'ici 2030. S'attaquer à ce puissant gaz à effet de serre peut commencer en détectant et en réparant les fuites lors de la production et du transport du gaz ou du pétrole.

Accord USA-Chine

À la veille de la fin officielle de la COP26, la Chine et les Etats-Unis, premiers émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre, annoncent un accord surprise pour "renforcer l'action climatique".

Un accord salué avec prudence par les observateurs, qui y voient une volonté des deux pays de dépasser leurs différends pour discuter sur la question cruciale du climat.

Des larmes pour un accord à l'arraché

Avec plus de 24 heures de retard --un débordement pas inhabituel pour une COP--, le 13 novembre un peu avant 20H00 GMT, un coup de marteau du président de la COP26 Alok Sharma marque l'adoption du "Pacte de Glasgow pour le climat" destiné à accélérer la lutte contre le réchauffement.

Le Britannique annonce cette adoption de l'émotion dans la voix et des larmes aux yeux, après une revendication de dernière minute de la Chine et de l'Inde qui a encore prolongé cette journée pleine de tensions.

Malgré des "pas en avant bienvenus", comme la référence aux énergies fossiles, ce n'est "pas suffisant", déclare le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, notant que le monde se dirige toujours vers un réchauffement "bien au delà de 2°C", toujours pas dans les clous des objectifs de l'accord de Paris.

"La catastrophe climatique frappe toujours à la porte".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.