D-Day: Le projet immersif sur l’histoire du Débarquement fait polémique

Le monument « Les Braves » en l’honneur des soldats tombés lors du Débarquement de Normandie en juin 1944, à ‘Omaha Beach’ (Photo, Charly TRIBALLEAU/AFP).
Le monument « Les Braves » en l’honneur des soldats tombés lors du Débarquement de Normandie en juin 1944, à ‘Omaha Beach’ (Photo, Charly TRIBALLEAU/AFP).
Short Url
Publié le Mardi 22 septembre 2020

D-Day: Le projet immersif sur l’histoire du Débarquement fait polémique

  • « Je suis contre le projet », a indiqué lundi d'un ton vif Léon Gautier, survivant du commando Kieffer, seul commando français en uniforme à avoir participé au débarquement
  • « C'est un documentaire vivant de 50 minutes qui mélangera images d'archives, techniques immersives et tableaux vivants » avec des figurants sur un théâtre sur rail, le tout « pour raconter des faits réels sans fiction » se défend un porteur du projet

CAEN: Un projet de site immersif sur l'histoire du Débarquement de 1944 et de la bataille de Normandie suscite un vif débat. Si ses partisans soulignent les retombées économiques possibles, d'autres, comme le vétéran Léon Gautier, s'opposent fermement à tout « D Day land ».

« Je suis contre le projet », a indiqué lundi d'un ton vif Léon Gautier, survivant du commando Kieffer, seul commando français en uniforme à avoir participé au débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944.

Les porteurs du projet, le communiquant Régis Lefèbvre, le producteur de comédies musicales Roberto Ciurleo et le producteur de télévision Stéphane Gateau, cherchent un terrain d'environ 35 ha, proche des plages du débarquement, pour un site qui viserait les 600.000 visiteurs par an, a indiqué l'un d'eux.

Mais pour 154 descendants du commando Kieffer, signataires d'une tribune dans le Monde le 9 septembre, « la transmission de la mémoire (...) ne peut en aucun cas se faire sur un mode spectaculaire, festif et commercial ». Ses derniers vétérans en vie, Gautier et Hubert Faure, « condamnent eux aussi fermement ce projet », ajoutent-ils.

Le « message » de « nos pères et grands-pères (...) ne cherchait jamais à nous faire revivre les événements », poursuivent-ils.

Le 5 septembre c'est l'écrivain Gilles Perrault, (« Le Pull-over rouge », « Mon ami le roi ») qui a dénoncé ce projet.

Dans une tribune également publiée dans le Monde et cosignée d'un universitaire et d'un médecin, Gilles Perrault, installé à Saint-Marie-du-Mont (Utah beach), dénonce un « D Day Land », « une mascarade historique à visée commerciale (...) faisant appel à 150 comédiens et circassiens, avec la reconstitution d’un village » qui « assurera la vente de produits locaux et de produits dérivés ».

« Un Puy du Fou version Débarquement »

« Ce n'est pas un parc d'attractions », s'est défendu Régis Lefèbvre. « C'est un documentaire vivant de 50 minutes qui mélangera images d'archives, techniques immersives et tableaux vivants » avec des figurants sur un théâtre sur rail, le tout « pour raconter des faits réels sans fiction ».

« Il n'y aura pas de manèges », ce ne sera « pas une zone commerciale », même si il y aura « un espace de vente comme dans tous les musées », a-t-il ajouté.

L'objectif est une ouverture pour le 80e anniversaire du Débarquement, en 2024. 

Une pétition « contre la création d'un Puy du Fou version débarquement de Normandie », lancée par le groupe national de recherche 1939-1945, a de son côté recueilli 26.970 signatures.

« Ce n'est pas un Puy du Fou. C'est un projet avec un comité scientifique avec les meilleurs historiens mondiaux comme Antony Beevor, et un comité d'éthique », a martelé de son côté le président de Région (Centristes) Hervé Morin. En janvier il avait expliqué avoir eu « l'idée » de ce projet pour « retenir une journée ou deux de plus les visiteurs si nombreux qui viennent sur les plages du débarquement ».

Jean Quellien, universitaire de référence sur la bataille de Normandie, a confirmé qu'il ferait partie du conseil scientifique parce qu'il en avait assez de voir autant de bêtises sur le débarquement dans les musées.

Beaucoup d'élus locaux sont pour, a aussi souligné Morin. Le député LR Philippe Gosselin lui a ainsi apporté son soutien le 11 septembre en envoyant à la presse un courrier adressé au Mrap, soulignant les « retombées économiques ».

En janvier, Morin avait évoqué un investissement de 100 millions d'euros, uniquement de fonds privés. « Ce sera bien moins », affirme Lefèbvre.

Le député LREM du Morbihan Jean-Michel Jacques a dénoncé « un rétropédalage » sur un projet « opaque ». Dans une tribune dans l'Opinion le 15 septembre, l'élu y voyait une « dysneylandisation du Débarquement ».

« La cible, c'est plus Morin que le projet parce qu'il y a les régionales » en mars 2021, estime de son côté l'ex-ministre de la Défense.

Les 94 sites liés au Débarquement, dont quelques lieux immersifs de petite taille, attirent presque cinq millions de visiteurs par an en Normandie. Le 6 juin 1944 a fait près de 10.000 victimes (blessés inclus). 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".