L'UE et le Bélarus discutent de la crise migratoire, Bruxelles prépare des sanctions

Le haut représentant européen de l'Union pour les affaires étrangères, Josep Borrell prononce son discours au Parlement européen à Strasbourg, le 8 juin 2021 (Photo, AFP)
Le haut représentant européen de l'Union pour les affaires étrangères, Josep Borrell prononce son discours au Parlement européen à Strasbourg, le 8 juin 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 15 novembre 2021

L'UE et le Bélarus discutent de la crise migratoire, Bruxelles prépare des sanctions

Le haut représentant européen de l'Union pour les affaires étrangères, Josep Borrell prononce son discours au Parlement européen à Strasbourg, le 8 juin 2021 (Photo, AFP)
  • Josep Borrell a indiqué qu'il a discuté au téléphone avec le ministre bélarusse Vladimir Makei de «la situation humanitaire précaire» à la frontière entre le Bélarus et la Pologne
  • Les ministres des Affaires étrangères de l'UE doivent se réunir lundi pour élargir les sanctions imposées au Bélarus suite à sa répression contre les opposants au régime Loukachenko

VARSOVIE : L'UE est prête à appliquer de nouvelles sanctions contre le Bélarus, après le premier contact à haut niveau entre Bruxelles et Minsk depuis le début de la crise migratoire à la frontière orientale de l'UE.

Après un entretien téléphonique avec le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, le ministre bélarusse des Affaires étrangères Vladimir Makei a prévenu que toute sanction visant son pays serait "sans espoir" et "contre-productive".

Selon M. Borrell, "la situation humanitaire est précaire" à la frontière polono-bélarusse. "La situation actuelle est inacceptable et doit cesser. Les gens ne doivent pas être utilisés comme armes", a déclaré M. Borrell dans un tweet. 

Des milliers de migrants du Moyen-Orient campent à la frontière UE-Bélarus, source d'impasse dans les relations entre l'Union et les États-Unis d'un côté, et de l'autre le Bélarus soutenu par la Russie, son alliée. 

Les Occidentaux accusent le régime bélarusse d'Alexandre Loukachenko d'avoir délibérément orchestré la crise en encourageant les migrants à venir dans le pays, puis en les acheminant à la frontière. 

Loukachenko, qui est au pouvoir depuis près de 30 ans et qui a mené une répression sanglante contre ses opposants, nie les accusations et accuse l'Occident.

Le président russe Vladimir Poutine a aussi rejeté les accusations d'implication dans la crise et exhorté l'UE à s'adresser directement à Minsk.

«Fatigués et malades»

Le plus grand campement de migrants, près du village bélarusse de Brouzgi, rassemble selon les autorités environ 2 000 personnes, dont des femmes enceintes et des enfants.

Contacté par l'AFP par téléphone, Bakr, un ressortissant irakien de 28 ans, a indiqué qu'il était à la frontière depuis six jours après avoir voyagé à Minsk depuis Bagdad via Dubaï, dans le cadre d'un voyage organisé par l'intermédiaire d'un tour-opérateur. 

"Nous sommes tous fatigués et malades", a-t-il insisté. 

Sangar, chauffeur de camion d'une trentaine d'années, originaire du Kurdistan irakien, a précisé qu'il se trouvait à la frontière avec sa femme et ses trois enfants, dont un garçon de huit ans qui a été amputé des deux jambes. 

"Je souhaite aller dans n'importe quel pays qui accepterait de prendre mes enfants", a-t-il déclaré.

Les autorités bélarusses ont fourni au campement de l'aide, des tentes et des radiateurs, mesure qui pourrait présager une présence semi-permanente à la frontière.

«Mensonge total»

Varsovie refuse de laisser les migrants passer et accuse le Bélarus de les empêcher de retourner chez eux.

Le ministre polonais de l'Intérieur Mariusz Kaminski a signalé samedi une rumeur circulant parmi les migrants, selon laquelle la Pologne leur permettrait lundi de passer et que des autocars viendraient d'Allemagne pour les récupérer.

Le gouvernement a réagi par un texto envoyé à tous les téléphones portables étrangers le long de la frontière, en dénonçant "un mensonge total et un non-sens!"

La diplomatie allemande a également démenti la rumeur. 

Malgré les difficultés, des groupes de migrants franchissent régulièrement la frontière mais sont souvent arrêtés et beaucoup sont renvoyés au Bélarus.

«Loukachenko s’est trompé»

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE doivent se réunir lundi pour élargir les sanctions imposées au Bélarus suite à sa répression contre les opposants au régime Loukachenko.

M. Borrell a indiqué que les ministres autoriseraient des sanctions contre "tous ceux qui participent au trafic de migrants vers le Bélarus", y compris les compagnies aériennes, les agences de voyages et les fonctionnaires.

"Loukachenko s’est trompé. Il croyait qu’en ripostant de cette façon il allait nous tordre le bras et faire annuler les sanctions. C’est tout le contraire qui se produit", a déclaré M. Borrell au Journal du Dimanche, un hebdomadaire français.

Suite aux pressions des diplomates européens, la Turquie a désormais interdit aux Irakiens, aux Syriens et aux Yéménites de se rendre au Bélarus. La compagnie aérienne syrienne privée Cham Wings Airlines a également interrompu ses vols vers Minsk.

«Mesures concrètes» de l'Otan

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a quant à lui appelé l'Otan à prendre des "mesures concrètes" face à la crise.

"Il ne nous suffit plus d'exprimer publiquement notre inquiétude - ce qu'il faut maintenant, ce sont des mesures concrètes et l'implication de l'ensemble de l'alliance", a-t-il déclaré dans une interview à l'agence polonaise PAP. 

Washington a annoncé que le secrétaire d'État Antony Blinken s'était entretenu avec son homologue polonais Zbigniew Rau. 

"Les actions du régime Loukachenko menacent la sécurité, sèment la division et visent à détourner l'attention des activités de la Russie à la frontière avec l'Ukraine", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Ned Price. 

M. Blinken a mis en garde contre les mouvements de troupes russes près de l'Ukraine et a mis en garde Moscou contre une invasion semblable celle en Crimée il y a sept ans.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.