Les riches pays pétroliers du Golfe misent sur l'intelligence artificielle

Des robots qui arpentent les rues des pays du Golfe. Cela pourrait rapidement devenir une nouvelle réalité. (AFP).
Des robots qui arpentent les rues des pays du Golfe. Cela pourrait rapidement devenir une nouvelle réalité. (AFP).
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Publié le Mercredi 17 novembre 2021

Les riches pays pétroliers du Golfe misent sur l'intelligence artificielle

  • A l'Expo Dubai 2020, des robots y accueillent les visiteurs et peuvent enregistrer leurs commandes de restauration
  • Selon des analystes, les monarchies du Golfe sont prêtes à parier gros sur l'intelligence artificielle, conscientes de leur dépendance aux industries liées aux énergies fossiles

DUBAI: Les robots qui sillonnent le site de l'Exposition universelle de Dubaï, aux Emirats arabes unis, laissent présager une nouvelle ère dans le Golfe où des villes futuristes, fondées sur l'intelligence artificielle, voient le jour.


Connecté au réseau 5G, le site pharaonique de l'Expo 2020, qui fait deux fois la taille de Monaco, est en soi une "ville du futur" et va rester une plateforme pour le développement des nouvelles technologies, avait indiqué à l'AFP la responsable de l'événement avant son ouverture en octobre.

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Terminus, l'un des robots qui arpentent l'Expo 2020 de Dubai. (AFP). 

Des robots y accueillent les visiteurs et peuvent enregistrer leurs commandes de restauration. 


D'un coût de 7 milliards de dollars, ce projet n'est pas le seul dans la riche région du Golfe, où désormais les petro-dollars sont investis dans l'avenir post-pétrolier de la zone.


L'Arabie saoudite voisine a investi quelque 500 milliards de dollars (environ 437 milliards d'euros) dans son méga-projet NEOM, une mégapole futuriste en cours de développement sur la mer Rouge et teste des taxis volants.


Dans le richissime royaume pétrolier, l'intelligence artificielle est au coeur d'autres projets, comme une nouvelle station balnéaire en chantier sur la mer Rouge, avec des technologies de pointe pour surveiller les impacts environnementaux et les mouvements des visiteurs.


Selon des analystes, les monarchies du Golfe sont prêtes à parier gros sur l'intelligence artificielle, conscientes de leur dépendance aux industries liées aux énergies fossiles. 


"Vous avez des dirigeants qui anticipent, qui ont un certain goût du risque et voient bien le besoin de transformation", a déclaré à l'AFP Kaveh Vessali, du cabinet de conseil PricewaterhouseCoopers (PwC) Moyen-Orient.


Transport automatisé 

Avec des cours sur l'intelligence artificielle dès l'école primaire à Bahreïn, un projet de livraisons par drones au Emirats ou encore l'objectif de Dubaï d'atteindre une part de 25% de transports automatisés d'ici 2030, les pays du Golfe démontrent leur appétit pour les nouvelles technologies. 


Autre signe de cet engagement, les Emirats ont nommé en 2017 leur premier ministre d'Etat dédié à l'intelligence artificielle, Omar Ben Sultan al-Olama. 

 

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Comme tout droit sorti d'un film futuriste, ce robot orange aux traits affables parcourt lui aussi les allées de l'Expo2020. (AFP).


Selon un rapport de PwC, la région du Moyen-Orient ne représentera d'ici 2030 que 2% de l'économie mondiale liée à l'intelligence artificielle, évaluée à 15,7 milliards de dollars (environ 13,7 milliards d'euros).


Mais pour plusieurs analystes, les monarchies du Golfe (Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite et Emirats arabes unis) misent sur le long terme et pourraient un jour dépasser les principaux acteurs.


Selon PwC, la croissance annuelle du marché de l'intelligence artificielle des pays du Golfe - Emirats et Arabe saoudite en tête - se situe entre 20 et 34%. Cette activité pourrait, selon la même source, représenter pour ces deux pays 10% de leur PIB d'ici 2030.


"Les gouvernements (du Golfe) ont le luxe d'être plus stratégiques", a expliqué M. Vessali, évoquant des plans à 20 ou 50 ans.


"Cela n'existe pas d'une part dans le secteur privé et d'autre part en Occident", ajoute-t-il.


La plupart des entreprises du Golfe sont en effet soit à 100% ou au moins en partie gouvernementales, et sont donc moins soumises à la pression de générer des bénéfices à court-terme, ajoute-t-il. 

Processus «simplifié»

L'idée "d'être vue comme étant à la traîne en terme de nouvelles technologies est considérée dans la région comme un risque plus important que tout autre", indique à l'AFP Cesar Lopez, directeur de Datumcon,  une entreprise qui développe notamment des technologies pour scanner et identifier les conteneurs endommagés au port de Jebel Ali à Dubaï, un des plus actifs au monde.

 

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Un homme serre la main du robot qui l'accueille au pavillon de la Chine à l'Expo2020. (AFP). 


"Prendre le risque de faire ce que les autres ne font pas a permis d'attirer (des entreprises) et de construire un marché", estime-t-il saluant aussi un processus de prise de décisions "simplifié" aux Emirats.


Mais le manque de fiabilité et la difficulté d'accès aux données, au coeur du développement des systèmes liés à l'intelligence artificielle, reste une entrave.


"Cela va prendre quelques années" avant d'avoir un système performant dans la région, estime Stephan Rawson, associé dans le cabinet de conseil Oliver Wyman.


Un démarrage plus tardif dans la collecte de données pourrait cependant s'avérer être un atout avec des systèmes à terme plus rationalisés, dit M. Rawson. 


Et, selon lui, ce développement sera plus facile qu'en Occident où les entreprises privées ne se mobilisent que "s'il y a un bénéfice à la clé pour chacune d'entre elles", estime-t-il. 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.