Pourquoi l'Islande s'apprête à forer vers le centre d'un volcan

Avec son cratère rempli d'une eau bleue turquoise, ses fumerolles d'où jaillissent vapeur, soufre et eau boueuse bouillante dans une odeur d'oeuf pourri, le volcan Krafla est une des merveilles naturelles de l'Islande, trônant au nord-est de l'île. (Photo/AFP)
Avec son cratère rempli d'une eau bleue turquoise, ses fumerolles d'où jaillissent vapeur, soufre et eau boueuse bouillante dans une odeur d'oeuf pourri, le volcan Krafla est une des merveilles naturelles de l'Islande, trônant au nord-est de l'île. (Photo/AFP)
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Publié le Vendredi 26 novembre 2021

Pourquoi l'Islande s'apprête à forer vers le centre d'un volcan

  • Lancé en 2014 et avec un premier forage prévu en 2024, ce grand plan estimé à 100 millions de dollars est porté par des scientifiques et des ingénieurs de 38 instituts de recherche et entreprises de onze pays
  • Le projet vise à la fois à des progrès en science fondamentale, dans l'exploitation de l'énergie géothermique dite « super chaude »

REYKJAVIK : Avec son cratère rempli d'une eau bleue turquoise, ses fumerolles d'où jaillissent vapeur, soufre et eau boueuse bouillante dans une odeur d'oeuf pourri, le volcan Krafla est une des merveilles naturelles de l'Islande, trônant au nord-est de l'île.

C'est là qu'une alliance internationale s'apprête à forer à plus de deux kilomètres de profondeur, directement dans le volcan, afin d'y créer le premier observatoire de magma souterrain au monde, un projet à la Jules Verne qui a aussi des visées énergétiques.

Lancé en 2014 et avec un premier forage prévu en 2024, ce grand plan estimé à 100 millions de dollars est porté par des scientifiques et des ingénieurs de 38 instituts de recherche et entreprises de onze pays dont les États-Unis, le Royaume-Uni et la France. 

Baptisé "Krafla Magma Testbed" (KMT), il vise à atteindre une poche remplie de magma. Car contrairement à la lave de surface, la roche en fusion à des kilomètres de profondeur reste encore terre inconnue.

"Il n'existe aucun observatoire de ce type et nous n'avons jamais observé du magma souterrain, en dehors de trois rencontres fortuites lors de forages" à Hawaï, au Kenya et en Islande, explique à l'AFP Paolo Papale, vulcanologue à l'Institut national italien de géophysique et vulcanologie et associé au projet.

Le projet vise à la fois à des progrès en science fondamentale, dans l'exploitation de l'énergie géothermique dite "super chaude" ainsi que la prédiction d'éruptions volcaniqus et ses risques.

"Savoir où le magma se trouve est vital pour être bien préparé", souligne M. Papale. "Sans cela, nous sommes presque aveugles".

La première phase du forage, qui doit coûter 25 millions de dollars, prévoit plusieurs trous d'exploration autour et en-dessous du magma et devrait débuter en 2024. 

Le forage, maintenu ouvert, permettra d'atteindre le magma et de prélever des échantillons.

C'est à la suite d'un accident que l'idée est née. En 2009, pour développer les capacités de la centrale géothermique installée sur Krafla depuis 1977, un forage perfore une poche de magma à 900°C à une profondeur de 2,1 kilomètres

Défi

De la fumée sort à la surface, de la lave remonte de quelques mètres dans le conduit, le matériel de forage est endommagé. Personne n'est heureusement blessé, et les vulcanologues ont désormais à portée de foreuse une poche de magma estimée à 500 millions de mètres cubes.

"Cette découverte a le potentiel d'être un énorme progrès dans notre capacité à comprendre beaucoup de choses différentes", estime Paolo Papale, citant notamment l'origine des continents, la dynamique des volcans et les systèmes géothermiques.

L'accident se révèle aussi plein de promesses pour Landsvirkjun, la compagnie nationale d'électricité qui exploite le site.

À des kilomètres sous terre, la roche y atteint des températures si extrêmes que les fluides rencontrés sont dits "supercritiques", c'est-à-dire au comportement intermédiaire entre l'état liquide et gazeux.

L'énergie produite y est cinq à dix fois plus importante que dans un puits conventionnel. Lors de l'accident de 2009, la vapeur remontant à la surface a atteint 450°C, du jamais-vu.

Deux puits supercritiques suffiraient ainsi pour atteindre la puissance de 60 mégawatts que génère la centrale actuellement avec... 18 puits conventionnels.

"Grâce au projet, nous voulons développer une nouvelle technologie pour pouvoir forer plus profondément et exploiter cette énergie qui ne l'a encore jamais été", ambitionne Vordís Eiríksdóttir, directrice exécutive de l'exploitation géothermique à Landsvirkjun.

Forer dans un environnement si extrême est un défi technique: les matériaux doivent être adaptés pour résister à la corrosion engendrée par la vapeur super chaude.

La possibilité que l'opération déclenche une éruption volcanique est une "inquiétude naturelle" selon John Eichelberger, professeur émérite de géologie et de géophysique à l'Université d'Alaska, mais elle équivaut selon lui à "piquer un éléphant avec une aiguille".

"Une douzaine de trous ont touché du magma à trois endroits différents (dans le monde, ndlr) et rien de grave ne s'est produit", plaide-t-il.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.