Des élus américains critiques d’Israël confrontés à des défis en raison du redécoupage des districts électoraux

Les représentantes Rachida Tlaib, à gauche, et Ilhan Omar ont toutes deux voté contre le financement de l’Iron Dome. (Photo, AFP)
Les représentantes Rachida Tlaib, à gauche, et Ilhan Omar ont toutes deux voté contre le financement de l’Iron Dome. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 03 décembre 2021

Des élus américains critiques d’Israël confrontés à des défis en raison du redécoupage des districts électoraux

Les représentantes Rachida Tlaib, à gauche, et Ilhan Omar ont toutes deux voté contre le financement de l’Iron Dome. (Photo, AFP)
  • Un nouveau découpage des circonscriptions électorales pourrait affecter neuf membres du Congrès qui ont toujours exprimé leur soutien aux questions palestiniennes
  • Le redécoupage électoral de l’Illinois approuvé par le gouverneur de l’État, J.B. Pritzker, l’un des plus fervents défenseurs d’Israël, pourrait mettre en danger Marie Newman, qui soutient régulièrement la législation propalestinienne

CHICAGO: Neuf membres du Congrès, qui sont des critiques virulents des politiques d’Israël à l’égard des Palestiniens, pourraient être confrontés à des campagnes de réélection plus difficiles en raison du redécoupage de leurs circonscriptions, selon une analyse réalisée par Arab News. 

Tous les dix ans, les partis politiques dominants de plusieurs États redessinent les limites de leurs circonscriptions en se basant sur des données démographiques fournies par le recensement national, qui ne considère pas les Américains arabes et musulmans comme une catégorie distincte. 

Si les changements démographiques entraînent des propositions de redécoupage, les députés actuels pourront être contraints à se présenter dans d’autres circonscriptions. C’est le défi auquel est confronté la représentante de l’Illinois, Marie Newman, qui a remporté les élections en 2020 dans le troisième district congressionnel, qui comprend le plus grand nombre d’électeurs palestino-américains. 

Mme Newman a décidé d’affronter Sean Casten, qui fait campagne sur la protection de l’environnement, dans le nouveau sixième district, plutôt que de s’opposer à Jesus Garcia, dit Chuy Garcia, qui est l’un des deux seuls représentants hispaniques dans l’Illinois, situé dans le quatrième district. M. Casten est un fervent partisan d’Israël et ne s’exprime pas sur la violence des Israéliens contre les Palestiniens, tandis que M. Garcia a souvent rejoint Mme Newman pour soutenir la législation propalestinienne, notamment en votant contre un projet de loi de financement d’un milliard de dollars à Israël pour renforcer son système de défense Dôme de fer en septembre dernier. 

«Newman était favorable à l’idée de créer un deuxième district congressionnel à majorité latino et a compris que, pour ce faire, il faudrait modifier les limites des districts congressionnels existants dans la région de Chicagoland», a déclaré Ben Hardin, porte-parole de la campagne de l’élue américaine. 

Décrivant les défis comme «inévitables», M. Hardin a déclaré que «Marie Newman est reconnaissante (...) de bénéficier du soutien de tant de personnes ici, dans le quartier sud-ouest de Chicago et dans les banlieues sud et ouest, y compris celui d’une forte coalition de partisans de la communauté américaine arabe et musulmane». 

La nouvelle carte des districts de l’Illinois a été approuvée en novembre par le gouverneur de l’État, J.B. Pritzker, l’un des plus fervents défenseurs d’Israël. M. Pritzker a suscité la colère des Américains d’origine arabe après avoir refusé de s’excuser pour les propos désobligeants qu’il avait tenus lors d’une course électorale pour le Congrès en 1998, dans laquelle il avait accusé un rival d’avoir accepté de l’argent d’un groupe musulman qui, selon lui, soutenait les terroristes. «Il ne fait aucun doute que les démocrates de l’Illinois cherchent à affaiblir Mme Newman, qui est une ardente défenseuse des droits des Palestiniens, des Arabes et des musulmans», a souligné Hassan Nijem, président de la Chambre de commerce arabe américaine. 

«Avec Chuy Garcia, ils sont les seuls démocrates de l’Illinois à défendre les droits des Palestiniens et à accepter notre communauté croissante», a-t-il ajouté. Les primaires présidentielles de l’Illinois, qui devaient initialement se tenir en mars, ont été reportées au 28 juin 2022 en raison de la pandémie de Covid-19. 

Outre Marie Newman et M. Garcia, sept autres membres du Congrès qui ont voté contre le financement du Dôme de fer pourraient être affectés par les modifications des circonscriptions. Ces représentants sont Cori Bush, du Missouri, André Carson, de l’Indiana, Raúl Grijalva, de l’Arizona, Ilhan Omar, du Minnesota, Ayanna Pressley, du Massachusetts, Rachida Tlaib, du Michigan et Thomas Massie du Kentucky. Ce dernier est un républicain qui vote systématiquement contre toute aide étrangère, quel que soit le bénéficiaire. 

Mme Tlaib, Mme Pressley et M. Omar sont membres du «Squad», un groupe de démocrates progressistes qui inclut également la représentante de New York, Alexandria Ocasio-Cortez. Toutefois, au lieu de voter contre le financement du Dôme de fer, AOC a voté «présente» sans prendre position. 

Dans l’État du Michigan, qui organise ses primaires le 2 août 2022, les cartographes proposent de redessiner le treizième district de Rachida Tlaib, augmentant ainsi le nombre d’électeurs afro-américains. Cela pourrait jouer un rôle important dans la course électorale, même si Mme Tlaib a battu plusieurs candidats afro-américains lorsqu’elle s’est présentée pour la première fois et a été élue dans le district en 2018. 

La femme politique d’origine palestinienne pourrait être contrainte de se retrouver dans une nouvelle circonscription contre la démocrate pro-arabe, Debbie Dingell. Elle pourrait cependant s’en sortir, car le redécoupage électoral au Michigan a été confié à une commission indépendante plutôt qu’à des politiciens partisans. Il ne sera sans doute pas achevé avant la fin janvier. Également dans le Michigan, les changements proposés opposeraient le représentant juif démocrate Andy Levin, fervent partisan d’une solution à deux États pour la Palestine et Israël, à Brenda Lawrence. 

Les plans de redécoupage congressionnels du Minnesota ciblent Ilhan Omar et une autre membre du Congrès propalestinienne, Betty McCollum, bien que les cartes électorales de ces circonscriptions n’aient pas encore été finalisées. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.