Indonésie: le bilan de l'éruption du volcan Semeru relevé à 14 morts

Des villageois récupèrent leurs biens dans une zone couverte de cendres volcaniques dans le village de Sumber Wuluh à Lumajang le 5 décembre 2021, après l'éruption du volcan Semeru qui a tué au moins 13 personnes. (Photo, AFP)
Des villageois récupèrent leurs biens dans une zone couverte de cendres volcaniques dans le village de Sumber Wuluh à Lumajang le 5 décembre 2021, après l'éruption du volcan Semeru qui a tué au moins 13 personnes. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 05 décembre 2021

Indonésie: le bilan de l'éruption du volcan Semeru relevé à 14 morts

  • Les sauveteurs ont multiplié les efforts dimanche pour retrouver des survivants de l'éruption spectaculaire du volcan Semeru, en Indonésie, qui a fait au moins 14 morts et des dizaines de blessés
  • Au moins 11 villages du district de Lumajang ont été recouverts d'une épaisse couche de cendres, qui a enseveli presque complètement certaines habitations et véhicules, et tué du bétail

LUMAJANG: Les sauveteurs ont multiplié les efforts dimanche pour retrouver des survivants de l'éruption spectaculaire du volcan Semeru, en Indonésie, qui a fait au moins 14 morts et des dizaines de blessés, selon un dernier bilan.  

Le volcan situé dans l'est de l'île de Java a projeté un vaste panache de cendres samedi, déclenchant la panique chez les habitants des villages environnants, et a recouvert la région autour du cratère d'une épaisse couche grise.  

Au moins 11 villages du district de Lumajang ont été recouverts d'une épaisse couche de cendres, qui a enseveli presque complètement certaines habitations et véhicules, et tué du bétail. Plus de 1 300 personnes ont été évacuées et ont dû trouver des abris temporaires dans des écoles, des salles municipales ou des mosquées.  

"Nous ne savions pas que c'était des flots de boue brûlante", a expliqué Bunadi, un habitant du village de Kampung Renteng. "Tout d'un coup, le ciel est devenu sombre et des pluies et de la fumée brûlante sont arrivées".  

Les projections de cendres du volcan ont pris les habitants par surprise samedi. Des vidéos ont montré des villageois s'enfuir en courant devant le nuage gris grandissant.   

"Le nombre des victimes décédées a atteint 14 personnes ", a indiqué le porte-parole de l'agence de gestion des catastrophes, Abdul Muhari, au cours d'un briefing télévisé dimanche soir, soit une de plus qu'en début de journée.   

L'éruption a fait au total au moins 56 blessés, dont 41 atteintes par des brûlures, selon l'agence.  

Difficultés pour les sauveteurs  

Le président indonésien Joko Widodo a ordonné aux services de secours de tout faire pour venir en aide aux victimes quand l'ampleur de la catastrophe s'est révélée, a indiqué Pratikno, le secrétaire d'Etat à la présidence.  

Une dizaine de personnes piégées par l'éruption ont été sorties par les services de secours d'une mine de sable où elles étaient restées bloquées.   

Mais les évacuations ont dû être temporairement suspendues dimanche à cause de nuages de cendres brûlantes, selon la chaîne Metro TV, soulignant les difficultés auxquelles font face les sauveteurs.  

De fortes pluies prévues ces prochains jours pourraient encore compliquer les opérations, a indiqué le service météorologique.  

La plupart des victimes de brûlures ont pris les flots de boue, charriant de la cendre et des débris, pour des inondations, et ont choisi de rester dans leur village sous-estimant les risques, a indiqué le porte-parole de la police de Lumajang Adi Hendro. "Ils n'ont pas eu le temps de s'enfuir."   

Les autorités recherchaient encore neuf personnes dont on est sans nouvelles.  

Scène de désolation  

Les images des villages des environs du cratère montrent des scènes de désolation, avec des toits et des palmiers émergeant des cendres et des débris recouvrant le sol, dans un paysage devenu gris sombre.  

Dans le village de Kampung Renteng, "10 personnes ont été emportées par les flots de boue", a déclaré Salim, un habitant.  

"L'un d'entre eux a failli être sauvé. On lui a dit de s'enfuir, mais il a dit 'je ne peux pas, qui va nourrir mes vaches?'."  

Les autorités ont demandé aux habitants de ne pas s'approcher à moins de 5 km du cratère car l'air saturé de poussières de cendre dans la zone est dangereux pour les personnes vulnérables.  

Mais les villageois dans plusieurs localités tentaient, malgré les risques, de sauver quelques biens de leurs maisons détruites, emportant matelas et meubles sur leurs épaules, tandis que d'autres portaient dans leurs bras des chèvres qui avaient survécu au cataclysme.  

Le chef du centre de volcanologie a indiqué que ses services avaient averti dès jeudi d'une activité et de risques accrus pour le volcan Semeru, plus haut sommet de Java, qui culmine à 3.676 mètres.   

Sa dernière éruption majeure date de décembre 2020. Elle avait aussi provoqué la fuite de milliers de personnes et recouvert des villages entiers. Les autorités avaient maintenu depuis cet épisode le niveau d'alerte du volcan au deuxième le plus élevé.    

L'Indonésie est située sur la "ceinture de feu" du Pacifique, où la rencontre des plaques continentales provoque une activité sismique élevée. L'archipel du sud-est asiatique compte près de 130 volcans actifs sur son territoire.   

Fin 2018, l'éruption d'un volcan entre les îles de Java et de Sumatra avait causé un glissement de terrain sous-marin et un tsunami, tuant près de 400 personnes.  


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.