Pays-Bas: des villageois hantés par les séismes près d'un gisement gazier

Cette photo, prise le 23 novembre 2021, montre une vue d'une installation d'extraction de gaz près de Garelsweerd, dans la province de Groningue, au nord des Pays-Bas, où un tremblement de terre de 3,2 sur l'échelle de Richter s'est produit deux semaines auparavant. (Photo, AFP)
Cette photo, prise le 23 novembre 2021, montre une vue d'une installation d'extraction de gaz près de Garelsweerd, dans la province de Groningue, au nord des Pays-Bas, où un tremblement de terre de 3,2 sur l'échelle de Richter s'est produit deux semaines auparavant. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 12 décembre 2021

Pays-Bas: des villageois hantés par les séismes près d'un gisement gazier

  • Le séisme de magnitude 3,2 a été le plus important depuis plus de deux ans dans cette région agricole plate bordant le plus grand gisement de gaz naturel d'Europe, dans la région de Groningue
  • Après s'être réjouis de la fermeture annoncée du gisement, les habitants en quête d'indemnisation ont vite déchanté face au bourbier juridique et technique «beaucoup trop complexe»

GARRELSWEER, Pays-Bas : Daan Schoolland et sa compagne dormaient à poings fermés lorsqu'un séisme a frappé le petit village de Garrelsweer, dans le nord des Pays-Bas, juste avant 2 heures du matin un mardi glacial de novembre.

"C'était comme une vague, nous pouvions la sentir arriver vers nous", raconte cet enseignant costaud, père de trois enfants. "Quand je me suis réveillé, toute la pièce tremblait encore et mes enfants pleuraient, terrorisés." 

Le séisme de magnitude 3,2 a été le plus important depuis plus de deux ans dans cette région agricole plate bordant le plus grand gisement de gaz naturel d'Europe, dans la région de Groningue.

Cette énième secousse a rappelé que bien que le gouvernement ait acté la fermeture prochaine du gisement, celui-ci n'en a pas encore fini avec les villageois des alentours.

Depuis 1986, ces derniers ont subi une série de séismes dus aux poches de vide formées lors de l'extraction de gaz, qui se sont intensifiés ces dix dernières années.

Tout comme de nombreux habitants de cette région agricole qui s'étend jusqu'à la mer du Nord, M. Schoolland a chaleureusement accueilli il y a deux ans la décision de La Haye de stopper les extractions d'ici 2030.

Il a été d'autant plus rassuré lorsque cette fermeture a ensuite avancée à 2022. L'Etat a créé par ailleurs deux commissions pour s'occuper des indemnisations et pour aider les habitants à consolider leurs maisons contre les tremblements de terre.

Mais le soulagement a été de courte durée. Peu après le séisme de novembre, l'organisme public de surveillance des mines a émis un avertissement inquiétant.

"Même si nous arrêtions maintenant d'extraire toute molécule de gaz, les tremblements de terre continueront de se produire", déclare à l'AFP l'inspecteur général de l'organisme, Theodor Kockelkoren. 

Selon les estimations, il faudra encore "une vingtaine d'années" pour que la terre sous Groningue se calme enfin, ajoute-t-il.

De quoi faire désespérer les habitants, comme M. Schoolland, engagé dans une bataille juridique avec l'une des commissions gouvernementales pour la réparation de dégâts sur sa maison qu'il attribue aux séismes.

«C'est fou»

"Regardez, ici on voit comment ce studio s'éloigne du reste de la maison", déclare M. Schoolland, montrant une fissure dans la bâtisse construite en 1952.

"C'est vraiment idiot qu'un juge doive maintenant dire +payez ces gens pour les dommages causés par la société minière+", "c'est fou", s'insurge-t-il. Et il n'est pas le seul.

Après s'être réjouis de la fermeture annoncée du gisement, les habitants en quête d'indemnisation ont vite déchanté face au bourbier juridique et technique "beaucoup trop complexe", observe Coert Fossen, vice-président du Groningen Bodem Beweging (GBB), une association de citoyens.

"Certains ont des dégâts sur leurs maisons qui peuvent atteindre 100.000 euros", explique M. Fossen à l'AFP. "Mais ils doivent se battre pour chaque centime". 

Pour ne rien arranger, le gouvernement a récemment averti que pour faire face à une flambée des prix de l'énergie en Europe, l'extraction pourrait temporairement augmenter en 2022, année supposée de la fermeture.

Une mesure qui sera prise "s'il n'y a vraiment pas d'autre option", selon le ministre des Affaires économiques et du Climat, Stef Blok.

«J'ai perdu confiance»

Mais les promesses gouvernementales sonnent creux pour les habitants de la région de Groningue, où quelque 27 000 maisons doivent être inspectées pour des raisons de sécurité, selon l'Etat. A peine 8% de ces évaluations ont été effectuées, d'après le GBB. 

Le renforcement des bâtisses pour les protéger des futurs séismes "ne se déroule pas bien", admet auprès de l'AFP un porte-parole du ministère des Affaires économiques et du Climat, Jules van de Ven. 

Mais l'Etat a débloqué plus d'un milliard d'euros pour financer de nouvelles façons de tester la résistance des bâtiments aux séismes, et 1,5 milliard d'euros supplémentaire pour des projets culturels, éducatifs et sociaux, soulève-t-il.

Un principe juridique a été institué, en vertu duquel les dommages sont présumés avoir été causés par les tremblements de terre, sauf preuve du contraire établie par des experts. L'Etat se charge par ailleurs de réclamer au nom des habitants des dommages et intérêts auprès de la société minière en cause.

Une piètre consolation, estime M. Schoolland, qui affirme avoir "perdu confiance dans le gouvernement". 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.