Le festival de Cannes tourne la page Canal+

L'affiche de la 74e édition du festival international du film de Cannes. (Photo, AFP)
L'affiche de la 74e édition du festival international du film de Cannes. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 13 décembre 2021

Le festival de Cannes tourne la page Canal+

L'affiche de la 74e édition du festival international du film de Cannes. (Photo, AFP)
  • «Entre Cannes et Canal+, c'est une longue histoire d'amour. On a fait face à une surenchère de la part du service public, qui a proposé davantage d'argent que nous», a affirmé au JDD Gérald-Brice Viret, directeur des antennes et des programmes de Canal+
  • France Télévisions «vise à être le partenaire média de tous les festivals français champions du monde de leur catégorie», détaille Christophe Tardieu

PARIS: Clap de fin pour le partenariat fleuve de 28 ans entre Canal+ et le festival de Cannes, désormais en discussions avec France Télévisions et le média numérique Brut qui proposent de démultiplier la couverture audiovisuelle de la compétition cinématographique cannoise en France et à l'étranger.   

L'annonce a fait l'effet d'un petit séisme dans le milieu médiatique: Canal+, dont l'image est associée depuis près de 30 ans au festival de Cannes, ne sera plus son partenaire lors de la prochaine édition qui se tiendra du 17 au 28 mai 2022.  

Joint par l'AFP, le Festival s’est refusé à tout commentaire, indiquant qu’il communiquerait ultérieurement.  

« Entre Cannes et Canal+, c'est une longue histoire d'amour. On a fait face à une surenchère de la part du service public, qui a proposé davantage d'argent que nous », a affirmé au JDD Gérald-Brice Viret, directeur des antennes et des programmes de Canal+.  

Désormais sur les rangs, le groupe France Télévisions s'est associé à Brut, média multilingue numérique 100% vidéo très prisé des moins de 35 ans, pour reprendre la couverture médiatique officielle de la compétition cannoise pour les trois ans à venir.    

« Aucune décision n'est encore prise » et les discussions se poursuivent « sereinement » avec Pierre Lescure et Thierry Frémaux, respectivement président et délégué général du festival de Cannes, a déclaré à l'AFP le groupe audiovisuel public, qui assure avoir « appris avec surprise par la presse la décision de Canal+ ».  

« On ne voulait pas participer à cette escalade, alors on s'est retirés de l'appel d'offres », a expliqué Gérald-Brice Viret, assurant que malgré le prestige de cette compétition, « l'audience n'est pas toujours à la hauteur avec environ 600 000 téléspectateurs par soirée de gala ».  

Cette lecture des faits est contestée par plusieurs spécialistes du rendez-vous cannois.  

« Sous Rousselet/Lescure/Couture/Farrugia/Meheut, Canal a déployé à Cannes un dispositif global, bénéfique aux 2 camps, un poil envahissant. Dès 2008, les choses se sont affadies: usure, contrat moins respecté. Sondé, le service public ne pouvait s'aligner. Il revient, tant mieux! », a réagi sur Twitter Gilles Jacob, ancien président du festival de Cannes.  

« Ce n’est pas le festival de Cannes qui est en baisse d’audiences, c’est Canal… », renchérit une source proche du dossier auprès de l'AFP.  

Pour un autre connaisseur des tractations, souhaitant conserver l'anonymat, « Gérald-Brice Viret dit ça pour mieux faire passer la pilule mais l’offre financière est peu ou prou équivalente à celle de Canal+, la vraie différence c'est que l'offre éditoriale est meilleure ».    

Force médiatique démultipliée   

« Les deux cérémonies diffusées (d'ouverture et de clôture) mériteraient d’être un peu réaménagées », concède Christophe Tardieu, secrétaire général de France Télévisions, sollicité par l'AFP, sans détailler la proposition du groupe au festival.  

Sur le papier, les différentes chaînes de l'audiovisuel public -entre France 2, France 3, la chaîne culturelle CultureBox ou TV5 Monde à l'international- ouvrent une nouvelle force de frappe médiatique pour la sélection cannoise.  

France Télévisions « vise à être le partenaire média de tous les festivals français champions du monde de leur catégorie », détaille M. Tardieu.  

Chez Brut, on compte pour ambassadeur auprès du festival Renaud Le Van Kim, co-fondateur du média en 2016 et ancien producteur phare de Canal+, écarté en 2015 lors de l'arrivée de Vincent Bolloré dans le groupe Canal+.  

« J'ai un lien professionnel très intime avec le festival de Cannes », explique Renaud Le Van Kim. Un énorme atout pour le réalisateur qui pendant 23 ans a travaillé sur les cérémonies et la promotion du festival de Cannes, notamment via l'emblématique « Grand Journal », diffusé en direct depuis la Croisette.  

Et de rappeler que Brut, présent physiquement dans 18 pays et plus de 80 par la langue, est devenu le premier média social en Europe l'an dernier en dépassant en termes de vues BBC News. En moyenne, ce média spécialiste des vidéos courtes enregistre 400 millions de vues sur Facebook dans le monde et touche en France « 100% des 15-35 ans en France », expose Renaud Le Van Kim.  

« L'association du service public, qui a une puissance de feu monumentale, et de Brut, pourra donner une notoriété très différente au festival de Cannes, toucher des populations que le festival n'atteint pas » aujourd'hui, prévoit le cofondateur de Brut. 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".