Présidentielle: les nouveaux territoires de l'abstention

Un secrétaire de vote dépose des bulletins dans l'urne de "l'abstention" le 22 octobre 2010, au Sénat à Paris. JACQUES DEMARTHON / AFP
Un secrétaire de vote dépose des bulletins dans l'urne de "l'abstention" le 22 octobre 2010, au Sénat à Paris. JACQUES DEMARTHON / AFP
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Publié le Jeudi 16 décembre 2021

Présidentielle: les nouveaux territoires de l'abstention

  • La montée inexorable de l'abstention, devenue spectaculaire avec les élections municipales de 2020 et régionales de 2021, a conquis de nouveaux territoires, aussi bien géographiques que sociologiques
  • Depuis la victoire d'Emmanuel Macron en 2017, le phénomène s'est accéléré et l'abstention a battu des records à chaque élection

PARIS: La montée inexorable de l'abstention, devenue spectaculaire avec les élections municipales de 2020 et régionales de 2021, a conquis de nouveaux territoires, aussi bien géographiques que sociologiques, qui seront scrutés avec attention lors de la présidentielle dans quatre mois.

L'abstention s'est durablement installée dans le paysage politique français à partir de la fin des années 80, en franchissant un premier seuil de 30% d'abstentionnistes lors des législatives de 1988.

Mais depuis la victoire d'Emmanuel Macron en 2017, le phénomène s'est accéléré et l'abstention a battu des records à chaque élection, à l'exception des européennes de 2019, pour culminer lors des régionales en juin (66,72% et 65,31%), soit 31 millions de Français qui ont boudé les urnes sur un corps électoral de 47,9 millions d'inscrits.

Extension sociologique

Si les facteurs les plus déterminants du désengagement électoral sont les mêmes depuis 40 ans (jeunesse, faible niveau de diplômes et fragilité économique), le phénomène change de physionomie quand il atteint une telle ampleur, en conquérant de nouvelles populations.

Les abstentionnistes, réserves de voix surtout pour la gauche et le RN ?

Après l'abstention record des régionales, tous les candidats appellent à un regain de participation électorale en avril lors de la présidentielle, mais selon une étude de la Fondation Jean-Jaurès, c'est surtout la gauche et le RN qui auraient le plus à y gagner.

Car, comme le soulignent les spécialistes des élections, le premier enjeu pour un candidat ou un parti, c'est de réussir à mobiliser ses électeurs potentiels.

Et en la matière, ce sont surtout Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Yannick Jadot (EELV), et, à un degré moindre, Anne Hidalgo (PS) et Marine Le Pen (RN), qui ont les plus grandes marges de progression dans les récents sondages d'intention de vote, avertit Antoine Bristielle, directeur de l'Observatoire de l'Opinion de la Fondation Jean-Jaurès et auteur de cette étude publiée fin novembre.

"On se rend compte qu'on a une abstention qui est assez différentielle en fonction des électorats, en fonction des candidats", explique-t-il à l'AFP, en précisant qu'"à l'heure actuelle, l'électorat qui est le plus mobilisé, c'est celui d'Eric Zemmour, et au contraire celui qui est le moins mobilisé, c'est celui de Jean-Luc Mélenchon". 

Dans le détail, en se basant sur l'enquête électorale de l’institut de sondage Ipsos pour Le Monde et la Fondation Jean-Jaurès, Antoine Bristielle montre que parmi les personnes qui déclarent vouloir voter pour Eric Zemmour, il y en a 70% qui sont certaines d'aller voter. Pour LR (c'est Xavier Bertrand qui avait été testé), 69% sont certaines d'aller voter, pour Emmanuel Macron 67%, alors que pour Jean-Luc Mélenchon, on est seulement à 55% (à 61% pour Jadot, à 64% pour Le Pen et à 65% pour Hidalgo).

Le contraste est encore plus net entre les électeurs de droite (66% certains d'aller voter) et ceux de gauche (57%). 

"Quand on regarde les sondages d'opinion à l'heure actuelle, la gauche est à un niveau extrêmement faible et assez loin du seuil de qualification pour le second tour mais elle a des réserves de voix potentielles", analyse Antoine Bristielle.

"Tout l'enjeu de la campagne, ça va être: est-ce qu'elle va être en mesure de les mobiliser pour potentiellement réussir à gagner quelques points et éventuellement accéder au second tour ?", ajoute-t-il.

Les partis politiques en sont d'ailleurs bien conscients, à l'instar de LFI qui a fait du combat contre l'abstention sa priorité pour cette campagne électorale.

"Notre principal adversaire, c'est la résignation et l'abstention. Si les milieux populaires se mobilisent alors nous pouvons être qualifiés au second tour", clame le numéro deux de LFI Adrien Quatennens.

Même analyse à l'autre bout du spectre politique pour le RN. "Vu que Marine Le Pen a un électorat très populaire qui se mobilise le plus tardivement, elle est à des seuils qui sont assez bas dans les enquêtes d'opinion", explique Antoine Bristielle. 

Mais "si elle réussit à mobiliser cet électorat lors de la campagne, ce qui se fait traditionnellement, elle pourrait gagner justement les quelques points qui lui permettraient d'avoir une marge un petit peu plus confortable sur Eric Zemmour et d'accéder au second tour", fait-il valoir.  

Pour le politologue Pascal Perrineau, l'abstention touche "aujourd'hui des électrices et des électeurs intéressés par la politique et par la chose publique, qui ne sont exclus ni culturellement ni socialement". 

"Elle touche absolument tout le monde, même les professions intellectuelles et la bourgeoisie", insistait-il lors d'une audition parlementaire en octobre, en prenant l'exemple de ses étudiants de Sciences Po Paris, où, selon lui, "aujourd'hui, environ 40 % des étudiants affirment ne pas avoir l'intention d'aller voter".

Et si les catégories socio-professionnelles continuent de déterminer la participation, l'abstention aux régionales a été si forte qu'elle a réduit les écarts en progressant plus rapidement chez les catégories les plus aisées. 

Au premier tour des législatives en 2017, l'abstention concernait 45 % des cadres contre 66 % des ouvriers, mais cet écart s'est réduit à six points aux dernières élections régionales, relève un récent rapport parlementaire sur le sujet.

Nouvelle géographie

De la même façon, la poussée de l'abstention a enrichi sa géographie.

Depuis longtemps, des villes populaires de banlieue sont identifiées comme des bastions historiques de l'abstention. Hors présidentielle, une commune comme Vénissieux, en banlieue sud de Lyon, enchaîne les chiffres vertigineux d'abstentionnistes à chaque scrutin: 67% des inscrits ont boudé les urnes aux régionales de 2015 et aux législatives de 2017, 65% aux européennes de 2019. Puis dans un contexte de Covid, 71% des inscrits se sont abstenus aux municipales de 2020 et 83% aux régionales 2021.

Durtal, son château, ses 3 400 habitants et son abstention à 80%

"Je m'y intéresse très peu", "je trouve ça compliqué": à Durtal, commune de 3.400 habitants dans le Maine-et-Loire où le taux d'abstention atteint des sommets, il est difficile de trouver des citoyens motivés par la présidentielle.

Sur le marché, au pied d'un superbe château Renaissance et à proximité des flots tumultueux du Loir, les candidats ou les programmes politiques font peu recette dans cette commune qui a connu un taux d'abstention frôlant les 80% aux régionales et départementales en juin remportées par la droite.

"Je ne me plains pas, comme je ne m'y intéresse pas, je n'ai pas grand-chose à dire", explique Candice Vincent, 31 ans, en remballant ses produits. "On respecte les opinions de chacun mais ce n'est pas souvent qu'on échange autour de la politique" avec les amis, car ce sont "des sujets à dispute", ajoute cette ancienne infirmière.

Franck, tourneur fraiseur de 48 ans, "n'a jamais voté". Et ça ne devrait pas changer en avril prochain, même si "Emmanuel Macron, de ce que j'ai vu, a fait des bonnes choses dernièrement pour les gens à faibles revenus", comme lui.

Dans son camion charcuterie, Anthony Dalibon, 34 ans, se souvient d'avoir entendu gamin "ses parents parler politique. Nous, entre copains, on n'en parle jamais", reconnaît-il, ajoutant qu'il devrait toutefois se rendre aux urnes au printemps "en se basant sur les programmes reçus" par courrier.

La patronne du bar "A Casa" Marie-Christine Orsini, 67 ans, tente une explication. "Beaucoup de gens pensent des choses et ont peur d'en parler (...), un peu comme quand on parle d'argent", glisse-t-elle, évoquant la crainte de discorde. Il lui semble loin l'époque où le comptoir était "le parlement du peuple", selon le mot de Balzac.

"Dans les années 1990, il y avait des piliers de bar. Le Covid a vidé les lieux. Nos petits vieux qui étaient assis au bar les jours de marché, qui refaisaient le monde, c'est fini...", maugrée-t-elle. Cette femme d'origine corse, qui à une époque a eu pour client le socialiste Michel Rocard, confie son "inquiétude" pour la démocratie.

Attitude « très très perso »

Pour Renée Barret, 84 ans, issue d'une famille gaulliste, voter est "un devoir". Et elle pointe l'individualisme. "On se désintéresse de beaucoup de choses. Je crois que tout le monde est très très perso et les gens ne s’occupent que d’eux-mêmes", s'attriste la vieille dame rencontrée devant l'office de tourisme.

En 2020, le maire Pascal Farion, qui n'a pas souhaité répondre à l'AFP, a été élu par 27,16% des inscrits (693 voix sur 2.553 inscrits). L'ancienne maire Corinne Bobet regrette que "les gens ne s'engagent plus comme auparavant. On a ce phénomène également dans toutes nos associations, qu'elles soient sportives ou culturelles. On voit bien que le bénévolat a du mal".

A l'occasion d'une législative partielle en 2020, pendant la crise sanitaire, Anne-Laure Blin (LR) a été élue avec une participation famélique de 17,84%. Concrètement, cela signifie que la nouvelle députée a obtenu 7.329 bulletins de vote dans une circonscription comptant... 71.034 inscrits. Et à Durtal, où elle est arrivée en tête, 166 personnes ont voté pour elle.

"Quand on est responsable politique il faut tenir compte de cette abstention pour avoir une action au plus près des concitoyens", explique Mme Blin. "Je fais une tournée de l'ensemble des villages de mon territoire, ça me semble très important que les citoyens identifient leurs élus et leur disent de façon très simple leur préoccupation du moment. Malheureusement il y a un détachement et un éloignement du citoyen et du politique", ajoute cette ancienne juriste.

Selon le politologue Romain Pasquier, directeur de recherche au CNRS, en France, "on est sur des niveaux de défiance des institutions de l'action publique très très hauts par rapport à nos homologues européens".

Et l'abstention connaît une "augmentation tendancielle et globale", souligne Thomas Frinault, maître de conférence en sciences politiques à Rennes 2, même si elle touche moins la présidentielle. Au deuxième tour de 2017, l'abstention n'avait atteint que 22% à Durtal. 

Même constat en banlieue parisienne ou en régions dans des villes affectées par la désindustrialisation, à l'instar de Hayange en Lorraine avec quelque 64% d'abstentionnistes aux législatives de 2017 comme aux municipales de 2020.

Mais désormais, des territoires qui étaient relativement épargnés par l'abstention sont touchés à leur tour. 

Même si les régionales de 2021, dans le contexte particulier du Covid, ont connu des records d'abstention partout (sauf en Corse), certains chiffres ont plus surpris que d'autres, comme dans les Pays de la Loire (68% d'abstention). 

Des petits villages guère abstentionnistes habituellement y ont été particulièrement confrontés comme Morannes sur Sarthe (76% d'abstentions) ou Durtal, dans le Maine-et-Loire (près de 80%).

Les facteurs explicatifs ne sont pas toujours simples à appréhender. Dans un rapport pour la fondation Jean-Jaurès, le politologue Jérôme Fourquet évoque le "cas" particulier du littoral atlantique et breton, qui combine une "forte proportion de seniors et un taux d'abstention élevé".

Il y note la "perte de force du rite républicain" au niveau local, en raison d'un "intense brassage de population". "De nombreux retraités installés dans ces communes balnéaires ne sont pas originaires de la région et entretiennent avec elle un lien plus distendu", avance-t-il.

Reste à savoir si la présidentielle saura leur faire retrouver le chemin des urnes. "Même l'élection reine de la Ve République n'est pas à l'abri d'une surprise abstentionniste, malgré l'intérêt que les Français continuent à avoir pour elle", met en garde le politologue Pascal Perrineau.


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.