Le chef des urgences de l'OMS veut croire à un avenir meilleur

Le directeur exécutif du programme d'urgence sanitaire de l'OMS, Michael Ryan. (Photo, AFP)
Le directeur exécutif du programme d'urgence sanitaire de l'OMS, Michael Ryan. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 18 décembre 2021

Le chef des urgences de l'OMS veut croire à un avenir meilleur

  • Si le virus du SRAS CoV-2 ne disparaîtra probablement pas, le docteur Ryan estime qu'il pourrait devenir juste un autre virus respiratoire endémique, comme la grippe. 
  • Et il n'est pas impossible que le monde ait à faire face à de nouveaux variants, plus dangereux qui par vagues successives feront s'effondrer les systèmes de santé

GENEVE : Deux ans en première ligne contre la pandémie de Covid-19 et Michael Ryan, responsable des opérations d'urgence à l'OMS, continue d'afficher son optimisme, persuadé que l'humanité changera de cap et prendra les mesures nécessaires pour apprivoiser le virus. 

Pour autant, il reconnaît que la crise pourrait s'aggraver encore au moment où Omicron, un nouveau variant du virus qui donne le Covid-19, semble prêt à refaire flamber les taux d'infection et à remplir les hôpitaux. 

Et il n'est pas impossible que le monde ait à faire face à de nouveaux variants, plus dangereux qui par vagues successives feront s'effondrer les systèmes de santé. 

"C'est un avenir plausible si nous ne traitons pas correctement le virus", a déclaré Michael Ryan à l'AFP dans une récente interview. 

Mais "ce n'est pas ce que je vois pour le moment. Je vois un avenir meilleur", dit-il. L'épidémiologiste de 56 ans, ancien chirurgien, estime que si "nous nous y mettons sérieusement en termes de mesures sanitaire (et) d'augmentation de la couverture vaccinale", nous pouvons surmonter la phase pandémique. 

Si le virus du SRAS CoV-2 ne disparaîtra probablement pas, le docteur Ryan estime qu'il pourrait devenir juste un autre virus respiratoire endémique, comme la grippe. 

Cette perspective optimiste peut sembler aller à contre-courant de la situation sur le terrain. Le Covid-19 a officiellement tué 5,3 millions de personnes dans le monde, mais probablement trois à quatre fois plus.

«Optimiste pathologique»

La déferlante Omicron qui s'annonce, ne change pas fondamentalement les choses, explique Michael Ryan: "Nous étions en difficulté bien avant Omicron". Et ceux qui affirment le contraire "s'en servent comme excuse", dit le médecin, rappelant: l'inéquité vaccinale, la politisation de la pandémie ou encore une désinformation généralisée et aussi la levée prématurée des restrictions sanitaires qui ont facilité la diffusion du variant Delta.

Mais, pour lui, le monde peut changer de cap, rappelant la "résilience incroyable" des communautés, le service désintéressé des personnels de santé et une coopération scientifique sans précédent depuis le début de la pire crise sanitaire depuis cent ans.

"Je suis rempli d'optimisme pour ce que nous pouvons accomplir collectivement", lance t-il. 

De fait, l'Irlandais a été diagnostiqué par ses collègues comme un "optimiste pathologique" – une qualité qui s'est avérée utile depuis qu'il a pris la tête du programme d'urgence de l'OMS en 2019, peu de temps avant que la pandémie ne frappe.

Blâme

Et l'organisation s'est retrouvée au coeur de la tempête, critiquée pour avoir réagi trop lentement parfois ou tardé à reconnaître ses erreurs d'appréciation mais aussi bouc émissaire d'autorités politiques dépassées par les événements. 

"Cela a parfois été difficile", reconnaît le docteur Ryan, qui, avec son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus, est l'un des visages les plus reconnaissables de la lutte de l'OMS contre le Covid-19. "Nous avons pris quelques coups" mais "cela fait partie du boulot". 

Le plus dur pour le "général" -le surnom que lui donne le docteur Tedros- c'est l'impact sur les familles des experts de l'OMS qui travaillent sans relâche.

Il n'a vu ses trois enfants qui vivent en Irlande que quatre fois en deux ans. "C'est difficile", dit-il, s'empressant d'ajouter que ce n'était rien comparé à ce que vivent les personnels soignants sur le terrain.

"Il n'y a rien de plus épuisant, de plus stressant que d'être en première ligne face à une épidémie", explique le docteur Ryan, qui a lui-même passé une grande partie du dernier quart de siècle sur le terrain à lutter contre des épidémies d'Ebola, de choléra ou de la polio. 

«C'est du bonus»

Le regard sur la vie du docteur Ryan a changé en Irak en 1990, où il a été pris en otage au moment de la guerre du Golfe. Il a opéré avec une arme pointée sur sa tête. 

"J'ai été otage en Irak, et (...) plusieurs fois dans ma vie, j'ai pensé que ma vie était finie", confie-t-il, "maintenant, pour moi, la plupart du temps, c'est comme du bonus."

L'expérience de terrain est utile pour son travail actuel, en l'aidant à cultiver une "capacité à faire face au stress d'une urgence". "Il est très difficile de rester engagé et respectueux quand tout va mal", dit-il.

En revanche, une chose à laquelle son expérience sur le terrain ne l'a pas préparé c'est la politique du pouvoir. "Je ne suis pas un politicien naturel", reconnaît le médecin dont la franchise peut froisser. 

Mais, dit-il, "j'apprends" et "je suis peut-être un meilleur diplomate après ces dernières années". 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.