L'Amérique toujours bloquée dans une spirale d'homicides en 2021

La plupart des meurtres sont des règlements de comptes et les victimes sont en grande majorité afro-américaines, parfois des enfants victimes de balles perdues. (Photo, AFP)
La plupart des meurtres sont des règlements de comptes et les victimes sont en grande majorité afro-américaines, parfois des enfants victimes de balles perdues. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 21 décembre 2021

L'Amérique toujours bloquée dans une spirale d'homicides en 2021

  • Philadelphie a battu un funeste record qui datait de 1990 avec au moins 535 homicides pour 1,5 million d'habitants
  • La capitale américaine Washington (au moins 211 homicides), Albuquerque (100), Portland (au moins 70), Richmond (80)

WASHINGTON : Plusieurs villes américaines, grandes métropoles comme villes moyennes, ont enregistré en 2021 un nombre record d'homicides, une spirale de meurtres née l'année dernière en pleine pandémie de Covid-19 et que les autorités peinent toujours à endiguer.

En cause, selon les experts et témoins interrogés par l'AFP, le contrecoup du coronavirus et des traumatismes qu'il a causés, un rebond de l'économie qui n'a pas bénéficié à tous, et surtout le foisonnement des armes à feu.

Philadelphie a battu un funeste record qui datait de 1990 avec au moins 535 homicides pour 1,5 million d'habitants. La "ville de l'amour fraternel" a dépassé New York et Los Angeles, les deux plus grandes villes des Etats-Unis.

"Notre ville a un fort taux de pauvreté, d'insécurité alimentaire, de problèmes de logement, de problèmes psychologiques et un système éducatif sous-financé", explique Dorothy Johnson-Speight, directrice de Mothers in Charge.

Après la mort de son fils, tué à 24 ans pour une simple place de parking, elle a créé en 2003 cette association qui lutte contre la violence dans cette ville du nord-est du pays, berceau de la démocratie américaine.

Le groupe, qui organise notamment des séances de gestion de la colère et soutient les familles de victimes d'homicides, a dû limiter ses activités pendant plusieurs mois à cause de la Covid-19.

"Cela a fait monter le sentiment de colère. Quand on n'a nulle part où aller pour le gérer, quand on n'a pas de soutien, ça peut empirer", dit Mme Johnson-Speight.

«Le b.a.-ba du meurtre»

La capitale américaine Washington (au moins 211 homicides), Albuquerque (100), Portland (au moins 70), Richmond (80): "ce pays est devenu fou", lance David Thomas, professeur de criminologie à l'université Florida Gulf Coast.

"Les gens sont en colère, contre tout, et avec cette frustration, tous les mécanismes de gestion du stress échouent", ajoute cet ancien policier afro-américain.

Les jeunes, particulièrement issus des minorités, "s'embrouillent les uns les autres, ça dégénère sur Facebook, et ça se termine par des coups de feu", explique-t-il.

Dorothy Johnson-Speight dénonce aussi l'influence de la musique drill - un courant du hip-hop aux textes sombres, crus, violents et à l'imagerie guerrière - originaire de Chicago.

Les jeunes s'identifient aux rappeurs qui "parlent de ceux qu'ils vont tuer, montrent les différentes armes disponibles sur le marché, c'est le b.a.-ba du meurtre", estime-t-elle.

Mais pour Jeff Asher, ancien membre de la CIA et analyste en statistiques criminelles, comme pour les autres spécialistes, la cause principale de cette vague d'homicides est "la hausse historique des ventes d'armes" depuis la pandémie.

Près de 23 millions d'armes, un record, ont été vendues en 2020, selon la firme spécialisée Small Arms Analytics & Forecasting qui prévoit un chiffre de 20 millions pour cette année.

"Tout le monde a une arme, c'est devenu la première ligne de défense, ou d'attaque, pour beaucoup de gens qui disent +je dois avoir une arme parce que tout le monde en a+", affirme Michael Pfleger, un prêtre catholique qui milite depuis plus de 30 ans contre la violence à Chicago.

Défiance

La métropole du nord du pays, gangrénée par la violence et la corruption, a dépassé les 800 homicides en 2021, un record depuis 1994.

La plupart des meurtres sont des règlements de comptes et les victimes sont en grande majorité afro-américaines, parfois des enfants victimes de balles perdues.

Le père Pfleger dénonce "le manque d'implication, d'écoute et de stratégie des autorités pour lutter contre la violence", ainsi que le mauvais bilan de la police avec moins de 50% d'enquêtes résolues en 2020.

"Résoudre les crimes fait partie du problème, il n'y a pas de menace réelle si on ne se fait pas prendre", dit-il.

Pour Jeff Asher, c'est aussi "une défiance à l'égard de la police et du système judiciaire qui mène les gens à se faire justice eux-mêmes", exacerbée depuis le meurtre de George Floyd par un policier blanc en mai 2020. 

Certains dans la gauche américaine veulent des réformes en coupant dans les fonds de la police ("Defund the police") pour transférer une partie de son budget vers des programmes sociaux. 

Michael Pfleger milite pour le déploiement d'équipes de prévention de la violence dans les rues, du soutien psychologique à la population et des aides à la formation professionnelle.

"On ne peut pas dire à quelqu'un de laisser tomber son arme et ne rien lui donner en échange pour qu'il puisse vivre", dit le prêtre.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.