Scrutin à Hong Kong: le G7 dénonce une «érosion» de la démocratie

La directrice générale de Hong Kong, Carrie Lam, s'exprime lors d'une conférence de presse au siège du gouvernement à Hong Kong le 20 décembre 2021. (Photo, AFP)
La directrice générale de Hong Kong, Carrie Lam, s'exprime lors d'une conférence de presse au siège du gouvernement à Hong Kong le 20 décembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 21 décembre 2021

Scrutin à Hong Kong: le G7 dénonce une «érosion» de la démocratie

  • A peine 30% des Hongkongais, soit 1,3 million de votants sur 4,5 millions d'électeurs, ont choisi dimanche leur Conseil législatif, nommé en vertu d'un nouveau système électoral imposé par Pékin
  • Il s'agit du taux de participation le plus bas depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni en 1997 et même depuis la première élection directe de membres du Conseil législatif, en 1991

HONG KONG : Le G7 et l'Union européenne ont dénoncé lundi une "érosion" de la démocratie à Hong Kong, où le scrutin réservé pour la première fois aux candidats "patriotes" a été salué comme un succès par la cheffe de l'exécutif du territoire. 

A peine 30% des Hongkongais, soit 1,3 million de votants sur 4,5 millions d'électeurs, ont choisi dimanche leur Conseil législatif, nommé en vertu d'un nouveau système électoral imposé par Pékin, qui a drastiquement réduit le nombre des sièges pourvus au suffrage universel et réservé le droit d'être candidat aux seuls "patriotes".

Il s'agit du taux de participation le plus bas depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni en 1997 et même depuis la première élection directe de membres du Conseil législatif, en 1991.

"Hong Kong est de retour sur la bonne voie, celle d'+un pays, deux systèmes+", s'est néanmoins réjouie la cheffe de l'exécutif Carrie Lam.

"Nous ne pouvons pas copier-coller le système ou les règles soi-disant démocratiques des pays occidentaux", a-t-elle ajouté, estimant que les éléments "antichinois" étaient désormais exclus et le calme politique rétabli.

Dans un communiqué commun, les ministères des Affaires étrangères des pays du G7 (France, Allemagne, Canada, Etats-Unis, Italie, Japon et Royaume-Uni) ont de leur côté exprimé leur "vive inquiétude face à l'érosion des éléments démocratiques du système électoral".

Ils ont également "fermement" réitéré leur appel à la Chine de "respecter les droits et les libertés fondamentales à Hong Kong".

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a de son côté estimé dans un communiqué que le scrutin était "une nouvelle étape dans le démantèlement du principe +un pays, deux systèmes+" et a appelé à un "haut degré d'autonomie ainsi qu'au respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des principes démocratiques et de l'État de droit" à Hong Kong.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Zhao Lijian a mis l'abstention sur le dos de la pandémie. Il a également pointé du doigts "des éléments antichinois déterminés à détruire Hong Kong, et l'ingérence de forces extérieures".

«Tension»

Résultat de la réforme électorale: l'assemblée locale est composée de fidèles au gouvernement, semblable aux organes législatifs de Pékin.

Cette année, pour être autorisé à briguer un siège, chacun des 153 candidats devait donner des gages de "patriotisme" et de loyauté politique envers la Chine.

De ce fait, les militants pour la démocratie ont été empêchés de se présenter ou y ont renoncé, lorsqu'ils ne sont pas en prison ou en fuite à l'étranger.

Plusieurs d'entre eux qui vivent en exil avaient appelé à boycotter les urnes.

Le taux de participation, thermomètre de l'adhésion des Hongkongais au nouveau système électoral, était donc particulièrement attendu.

S'abstenir, voter blanc ou nul reste légal à Hong Kong. En revanche, encourager ces pratiques constitue depuis cette année une infraction pénale, pour laquelle 10 personnes ont été arrêtées.

Les nouvelles règles ont été imposées par Pékin dans le cadre de la reprise en main de Hong Kong après les gigantesques manifestations de 2019.

Sous la souveraineté britannique ou chinoise, le territoire n'a jamais connu la pleine démocratie, ce qui a été source de grandes protestations, à plusieurs reprises.

«Exprimer la désapprobation»

Les semaines précédant le vote, le gouvernement avait fait insérer des pages de publicité dans les journaux, distribué des tracts dans les boîtes aux lettres et envoyé massivement des SMS pour inciter les Hongkongais à voter. Les transports publics étaient gratuits dimanche.

La faible participation est "extrêmement embarrassante" pour le gouvernement, a estimé Kenneth Chan, politologue à l'Université baptiste de Hong Kong. "La plupart des électeurs défendant la démocratie ont décidé de s'abstenir, pour exprimer leur désapprobation", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le "LegCo", composé de 90 législateurs dont désormais 20 élus au suffrage universel, est l'assemblée chargée de voter les lois dans l'ancienne colonie britannique de 7,5 millions d'habitants, dont le système légal reste distinct de celui de Chine continentale.

Même si la majorité des sièges du Conseil était toujours accordée aux figures acquises à Pékin, une minorité d'opposants y était jadis tolérée. Cela en faisait un lieu de débats souvent très vifs, ce qui ne sera plus le cas.

"Le nouveau Conseil législatif, désormais sous le contrôle entier de patriotes, fonctionnera de façon efficace en tant que gardien de la sécurité nationale et de l'unité", a écrit Lau Siu-kai, le vice-président du principal groupe de réflexion hongkongais favorable à Pékin, dans le quotidien d'Etat China Daily.

Des dizaines de figures de l'opposition militant pour la démocratie - dont un certain nombre avaient été élues aux précédentes élections en 2016 - ont été disqualifiées, sont actuellement en prison en vertu d'une loi draconienne sur la "sécurité nationale" imposée par Pékin en 2020 ou ont fui à l'étranger.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.