Naufrage Madagascar: 85 morts, la plupart des saisonniers rentrant pour Noël

Ces saisonniers malgaches venaient de terminer la récolte de girofle et rentraient dans leurs familles pour Noël: 85 d'entre eux ont péri dans un naufrage au nord-est de l'île, selon un bilan actualisé jeudi. (Photo, AFP)
Ces saisonniers malgaches venaient de terminer la récolte de girofle et rentraient dans leurs familles pour Noël: 85 d'entre eux ont péri dans un naufrage au nord-est de l'île, selon un bilan actualisé jeudi. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 23 décembre 2021

Naufrage Madagascar: 85 morts, la plupart des saisonniers rentrant pour Noël

  • Cinquante passagers ont pu être sauvés, principalement des gens qui se trouvaient sur le pont du bateau selon un responsable maritime
  • Selon les premiers éléments de l'enquête, le moteur aurait eu un problème technique

ANTANANARIVO: Ces saisonniers malgaches venaient de terminer la récolte de girofle et rentraient dans leurs familles pour Noël: 85 d'entre eux ont péri dans un naufrage au nord-est de l'île, selon un bilan actualisé jeudi.

Le bateau de transport de marchandises, une embarcation en bois de douze mètres de long, n'était pas autorisé à convoyer des passagers mais comptait pourtant 138 personnes à son bord, ont précisé jeudi les autorités maritimes. 

Il était parti lundi de la petite localité d'Antseraka en direction de Soanierana-Ivongo, moins d'une centaine de km au sud. Il s'est échoué tout près de sa destination.

"Le bilan s'élève à 85 morts, avec 21 (nouveaux) corps repêchés", a affirmé à l'AFP le général de gendarmerie Zafisambatra Ravoavy. 

Cinquante passagers ont pu être sauvés, principalement des gens qui se trouvaient sur le pont du bateau selon un responsable maritime. 

Selon les premiers éléments de l'enquête, le moteur aurait eu un problème technique. "Le bateau s'est retrouvé à la merci des vagues et s'est échoué sur un récif", avant de prendre l'eau, avait précisé Adrien Ratsimbazafy, de l'Agence portuaire maritime et fluviale (APMF).

"Des effets personnels, des cartes d'identité et de l'argent ont été retrouvés par les secours", a indiqué Alban Menavolo, le jeune maire de Soanierana-Ivongo.

"La plupart des passagers étaient des saisonniers, originaires de la campagne", a-t-il précisé à l'AFP. "Ces Malgaches étaient partis récolter le clou de girofle, un peu plus au nord du port de départ et, en prenant le bateau, ils comptaient rejoindre leur famille avec l'argent gagné, pour les fêtes de fin d'année".

Deuil national

La distance entre les deux localités se parcourt en plus de deux heures en bateau, contre au moins huit en taxi-brousse, selon plusieurs habitants. Certains préfèrent emprunter des bateaux clandestins en raison de routes largement impraticables, explique un villageois.

"Beaucoup de victimes sont originaires d'ici, j'en connaissais quelques-unes. Les gens sont éplorés", confiait le maire, lui-même exténué par le transport des corps, les enterrements, le chagrin dans sa commune. 

Une vingtaine de corps n'ont pas encore pu être identifiés, a expliqué Jean-Edmond Randrianantenaina, directeur de l'APMF. Ils ont été enterrés dans un cimetière de fortune en attendant. Une photo des corps a été prise avant pour que les familles puissent les réclamer plus tard.

Le clou de girofle est l'un des principaux produits d'exportation de Madagascar avec la vanille. La récolte des boutons floraux du giroflier dure d'octobre à fin décembre. Une fois desséchés, ils sont utilisés en cuisine mais aussi pour leurs vertus thérapeutiques.

Une messe est prévue jeudi pour les défunts et les drapeaux sont en berne. Le président Andy Rajoelina a décrété une journée de deuil national pour marquer la tragédie de ce naufrage, qui s'est accompagné du crash d'un hélicoptère qui se rendait sur les lieux, faisant un mort et un disparu le même jour. 

Lundi soir, cet hélicoptère, parti de la capitale Antananarivo, s'est écrasé en mer, avec à son bord le secrétaire d'Etat à la Gendarmerie, Serge Gellé.

Ejectés de l'appareil, M. Gellé - général de gendarmerie - et un gendarme ont survécu, en nageant près de douze heures pour rejoindre le rivage. Le corps du pilote a été retrouvé sur une plage jeudi après-midi, a-t-on appris auprès de la gendarmerie. Un quatrième passager, gendarme aussi, reste porté disparu.

"Mon tour de mourir n'est pas encore arrivé, merci à Dieu", avait déclaré le général Gellé, 57 ans, peu après avoir été sauvé par des pêcheurs.

Il a expliqué que des rafales de vent avaient fait chuter l'appareil. "Si je suis encore en vie (...) c'est parce qu'on volait à basse altitude, on n'est pas tombé de très haut car on volait bas en suivant la mer", a-t-il expliqué à l'AFP, précisant s'être servi d'un siège de l'appareil comme bouée de sauvetage. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.