Desmond Tutu, icône de la lutte anti-apartheid, n'est plus

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Publié le Dimanche 26 décembre 2021

Desmond Tutu, icône de la lutte anti-apartheid, n'est plus

  • Le président exprime «au nom de tous les Sud-Africains, sa profonde tristesse suite au décès, ce dimanche» de cette figure essentielle de l'histoire sud-africaine
  • The Arch, comme il était surnommé par les Sud-Africains était affaibli depuis plusieurs mois

L'archevêque anglican sud-africain Desmond Tutu, icône de la lutte contre l'apartheid et prix Nobel de la Paix, est décédé dimanche à l'âge de 90 ans, a annoncé le président Cyril Ramaphosa. 

Le président exprime "au nom de tous les Sud-Africains, sa profonde tristesse suite au décès, ce dimanche" de cette figure essentielle de l'histoire sud-africaine, dans un communiqué.

"Le décès de l'archevêque émérite Desmond Tutu est un nouveau chapitre de deuil dans l'adieu de notre nation à une génération de Sud-Africains exceptionnels qui nous ont légué une Afrique du Sud libérée", a ajouté le président.

"Un homme d'une intelligence extraordinaire, intègre et invincible contre les forces de l'apartheid, il était aussi tendre et vulnérable dans sa compassion pour ceux qui avaient souffert de l'oppression, de l'injustice et de la violence sous l'apartheid, et pour les opprimés et pour les oppresseurs du monde entier", a ajouté M. Ramaphosa.

The Arch, comme il était surnommé par les Sud-Africains était affaibli depuis plusieurs mois. Il ne parlait plus en public mais saluait toujours les caméras présentes à chacun de ses déplacements, sourire ou regard malicieux, lors de son vaccin contre le Covid dans un hôpital ou lors de l'office au Cap pour célébrer ses 90 ans en octobre.

Quelques bons mots et formules choc

L'archevêque anglican Desmond Tutu, décédé dimanche, était un homme de foi et de convictions, mais aussi de mots. Il maniait aussi bien l'humour que la colère pour faire passer ses valeurs et ses indignations.

Voici quelques-unes de ses citations les plus connues:

- "Soyez gentils avec les Blancs, ils ont besoin de vous pour redécouvrir leur humanité".

(Octobre 1984, aux pires heures de l'apartheid)

- "C'est l'histoire d'un Zambien et d'un Sud-Africain qui discutent. Le Zambien vante son ministre de la Marine. Le Sud-Africain demande: "mais, vous n'avez pas de marine, pas d'accès à la mer, comment pouvez-vous avoir un ministère de la Marine? Et le Zambien de rétorquer: "et vous, en Afrique du Sud, vous avez bien un ministère de la Justice, non?"

(Discours d'attribution du prix Nobel, 11 décembre 1984)

- "Pour l'amour de Dieu, est-ce qu'ils vont entendre, est-ce que les Blancs vont entendre ce que nous essayons de dire? S'il vous plaît, la seule chose que nous vous demandons, c'est de reconnaître que nous sommes humains, nous aussi. Quand vous nous écorchez, nous saignons, quand vous nous chatouillez, nous rions".

(Discours demandant des sanctions contre l'Afrique du Sud, janvier 1985)

- "Votre président est un désastre en ce qui concerne les Noirs. Je suis très fâché. L'Occident peut aller au diable. Les syndicats noirs appellent à des sanctions. Plus de 70% de notre peuple, comme le montrent deux sondages, veulent des sanctions. Mais non, le président Reagan sait mieux que tout le monde. Nous allons souffrir. Il est là, comme le grand chef blanc à l'ancienne, à nous dire que nous, les Noirs, on ne sait pas ce qui est bon pour nous. L'homme blanc sait".

(Entretien à la presse américaine après le refus du président Ronald Reagan d'imposer des sanctions au régime de l'apartheid, juillet 1986)

- "En Afrique du Sud, j'ai souvent demandé lors de réunions publiques auxquelles Noirs et Blancs participaient: +levez les mains!+ Puis j'ai dit: +bougez les mains+. Et j'ai encore dit: +regardez vos mains+. Des couleurs différentes, représentant des gens différents. Vous êtes le peuple arc-en-ciel de Dieu".

(Extrait de son livre "The Rainbow People of God", 1996)

- "Je remercie profondément Dieu d'avoir créé le Dalaï Lama. Pensez-vous sérieusement, comme certains l'ont dit, que Dieu se dit: +d'accord, ce gars, le Dalaï Lama, il n'est pas mal. Quel dommage qu'il ne soit pas chrétien+? Je ne crois pas que ce soit le cas, parce que, vous savez, Dieu n'est pas chrétien".

(Juin 2006 à Bruxelles)

- "Il s'est transformé en quelque chose d'assez invraisemblable. Une sorte de Frankenstein pour son peuple".

(A propos du président zimbabwéen Robert Mugabe - juin 2008)

- "Un jour à San Francisco, j'étais bien tranquille dans mon coin, une femme fait irruption devant moi. Visiblement émue, elle me salue d'un +bonjour, archevêque Mandela!+ Deux hommes pour le prix d'un".

(Conférence - octobre 2008)

- "Notre gouvernement qui me représente -qui me représente, moi?- a dit qu'il ne soutiendrait pas les Tibétains qui sont brutalement opprimés par les Chinois. Je vous préviens, je vous préviens que nous allons prier comme nous avons prié pour la chute du régime de l'apartheid, nous allons prier pour la chute d'un gouvernement qui ne nous représente pas".

(Conférence de presse après le refus du gouvernement sud-africain d'accorder un visa au Dalaï Lama pour assister aux 80 ans de Tutu, octobre 2011).

- "Je ne vénérerai pas un Dieu homophobe (...) Je refuserai d'aller dans un paradis homophobe. Non, je dirais désolé, je préfère de loin aller de l'autre côté. Je suis aussi impliqué dans cette campagne que je l'étais contre l'apartheid. Pour moi, c'est du même niveau".

(Discours - juillet 2013)

- "Avait-il des faiblesses? Bien sûr. Et parmi elles, cette loyauté inébranlable envers cette organisation (l'ANC) et certains collègues qui ont fini par le décevoir. Il a gardé dans son gouvernement des ministres incapables, franchement incompétents. Mais je crois qu'il était saint, parce qu'il a puissamment inspiré les autres".

(Au lendemain de la mort de Nelson Mandela, le 6 décembre 2013)

- "Les gens mourants ont le contrôle de leur vie, alors pourquoi devrait-on leur refuser le contrôle de leur mort?"

(Tribune - octobre 2016)

 

Le suicide assisté, son ultime combat

Contre sa hiérarchie, il a défendu les homosexuels et le droit à l'avortement. A la fin de sa vie, malade, l'archevêque sud-africain Desmond Tutu a ouvert un nouveau front contre son église anglicane, tout aussi sensible, celui du droit au suicide assisté.

Respecté pour sa lutte acharnée contre le régime raciste de l'apartheid, il a brisé le tabou de l'euthanasie en deux temps.

En 2014 d'abord. Dans une tribune publiée dans la presse britannique, il frappe un grand coup en dénonçant l'acharnement à maintenir en vie son ami Nelson Mandela, décédé un an plus tôt à 95 ans. "Ce qui a été fait à Madiba est scandaleux", écrit-il, citant le nom clanique de l'ancien président.

ans cette photo d'archive prise le 21 août 1996, l'archevêque Desmond Tutu (à gauche) rencontre le Dalaï Lama, chef spirituel et politique du peuple tibétain, dans le jardin de l'hôtel Mount Nelson à Cape Town. L'icône sud-africaine anti-apartheid Desmond Tutu, décrite comme la boussole morale du pays, est décédée le 26 décembre 2021 à l'âge de 90 ans, a annoncé le président Cyril Ramaphosa. Anna ZIEMINSKI / AFP
Dans cette photo d'archive prise le 21 août 1996, l'archevêque Desmond Tutu (à gauche) rencontre le Dalaï Lama, chef spirituel et politique du peuple tibétain, dans le jardin de l'hôtel Mount Nelson à Cape Town. L'icône sud-africaine anti-apartheid Desmond Tutu, décrite comme la boussole morale du pays, est décédée le 26 décembre 2021 à l'âge de 90 ans, a annoncé le président Cyril Ramaphosa.
Anna ZIEMINSKI / AFP

Lors d'une séquence télévisée où il apparaissait aux côtés d'autres dirigeants, "on pouvait voir que Madiba n'était plus complètement là. C'était un affront à sa dignité", s'indigne Mgr Tutu. "Pourquoi prolonger une vie qui est sur sa fin ?".

A son propre sujet, et au risque de fâcher "beaucoup de gens", il ajoutait en allusion au suicide assisté: "je dirais que cela ne me dérangerait pas".

Deux ans plus tard, à l'occasion de ses 85 ans, et alors qu'il sort de multiples séjours à l'hôpital pour une infection récurrente liée à un cancer de la prostate diagnostiqué en 1997, il tranche clairement.

"Je suis plus proche du hall des départs que de celui des arrivées", écrit-il avec son humour habituel dans le Washington Post. "Plus que jamais, je me sens dans l'obligation de prêter ma voix à cette cause (...) Je ne veux pas être gardé en vie à tout prix", martèle-t-il à l'intention de ses proches.

L'archevêque "prie" pour que les politiques aient "le courage" de soutenir "le choix des citoyens en phase terminale". Car les mourants devraient pouvoir "choisir comment et quand ils quittent la terre", ajoute-t-il dans cet éditorial qui fait sensation dans le monde entier, propulsant la question au premier plan du débat public.

- "Quand Tutu parle, le monde écoute" -

Seule une poignée de pays, dont la Belgique et le Canada, ainsi que certains Etats américains, autorisent l'euthanasie. En Afrique du Sud, c'est un crime passible de quatorze ans de prison, même si aucune peine de ce type n'a jamais été prononcée.

"C'est courageux d'essayer de provoquer les théologiens et les dirigeants de l'Église à y réfléchir, l'archevêque nous a rendu un merveilleux service", estime le père Anthony Egan, enseignant jésuite à l'université de Witwatersrand.

Mais l'engagement de Desmond Tutu ne réjouit pas tout le monde.

Sur l'euthanasie, comme sur d'autres thèmes, "Tutu adopte une position contraire", estime Philip Rosenthal de l'organisation Euthanasia Exposed, opposée au suicide assisté. "Ses opinions tranchent avec les enseignements de la Bible, et le sentiment d'une majorité des Sud-Africains", juge-t-il.

L'église anglicane, qui a érigé le droit à mourir des malades en phase terminale en "Rubicon éthique", a semblé gênée par le positionnement de son célèbre archevêque. Contactée à de nombreuses reprises par l'AFP, sa branche d'Afrique australe a toujours refusé de le commenter.

L'Association sud-africaine des soins palliatifs (HPCA), elle, n'a pas caché son indignation. "Les gens demandent l'euthanasie par désespoir et en raison du manque de soins" en fin de vie, estime sa présidente Liz Gwyther, qui se dit "attristée" par le combat "dangereux" de Mgr Tutu.

Les partisans du suicide assisté ont bénéficié au contraire du soutien de poids de l'archevêque. "Quand Tutu parle, le monde écoute et les gens en parlent", relève Sean Davison, directeur de l'ONG Dignity SA. "Ils se disent +peut-être qu'on devrait en discuter plutôt que de l'ignorer+."

L'engagement public du prélat n'a duré que quelques années, mais assez pour changer la donne en Californie.

En 2015, son gouverneur, Jerry Brown, fervent catholique, a cité une lettre de l'archevêque et son "appel sincère" en faveur de l'euthanasie pour justifier sa décision de ratifier la loi de son État sur le suicide assisté.

Les grandes dates de l'archevêque Desmond Tutu

Voici les grandes dates de la vie de Desmond Mpilo Tutu, prix Nobel de la Paix 1984, icône sud-africaine de la lutte contre l'apartheid.

- 7 octobre 1931: naissance dans la ville minière de Klerksdorp, à l'ouest de Johannesburg. Sa mère est domestique, son père directeur d'école primaire.

- 1961: Enseignant de lycée, il étudie la théologie. Il est ordonné prêtre anglican. 

- 1976: nommé évêque du Lesotho, petit pays enclavé au milieu de l'Afrique du Sud. 

- 1978: devient le premier dirigeant noir du Conseil sud-africain des églises (SACC), qui compte 15 millions de fidèles actifs dans la lutte contre l'apartheid.

- 1984: lauréat du Nobel de la paix pour son combat non-violent contre l'apartheid. La même année, il est nommé évêque de Johannesburg et appelle au boycott économique du régime raciste blanc de Pretoria. 

- 1986: nommé archevêque du Cap et premier chef noir de l'Eglise anglicane pour toute l'Afrique australe, soit quelque deux millions de fidèles. 

- 1987: il participe à des campagnes contre le sida et prône l'usage des préservatifs.

- 1994: emploie la formule "Nation arc-en-ciel", largement reprise pour désigner l'Afrique du Sud.

- 1996: Deux ans après la fin de l'apartheid, il préside la Commission vérité et réconciliation (TRC) pour faire la lumière sur les crimes commis sous ce régime.

- 1997: est soigné pour un cancer de la prostate.

- 2007: préside "The Elders" (les Anciens), groupe de personnalités internationales oeuvrant pour le règlement de conflits dans le monde.

- 2009: soutient le Dalaï Lama et le Tibet.

- 2010: A 79 ans, il annonce son retrait de la vie publique.

- 2013: déclare qu'il ne votera plus pour l'ANC, se disant déçu par la corruption, l'état des écoles publiques, la pauvreté persistante.

- 2016: prend position pour le droit au suicide assisté.

- 2021: Fait une brève apparition lors de sa vaccination contre le Covid. En chaise roulante, il sourit et salue mais ne prend pas la parole devant les caméras. On le verra pour la dernière fois à un office religieux au Cap pour ses 90 ans en octobre.

Le combat de Desmond Tutu «restera dans nos mémoires», salue Emmanuel Macron

Le "combat" de Desmond Tutu "pour la fin de l'apartheid et la réconciliation sud-africaine restera dans nos mémoires", a salué dimanche le président français Emmanuel Macron, après l'annonce du décès de l'icône de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud.

Mgr Tutu "consacra sa vie aux droits de l’Homme et à l’égalité des peuples", rappelle le chef de l'Etat dans un tweet, joignant sa voix au concert international d'hommages à l'ancien archevêque anglican du Cap.

Christiane Taubira, potentielle candidate de gauche à la présidentielle, a rappelé pour sa part avoir rencontré Desmond Tutu alors qu'elle était ministre. 

"Résonne son rire, car j’ai connu aussi le son de sa colère et j’ai vu ses larmes de près", a-t-elle tweeté : "Étudiante, j’ai vénéré Desmond Tutu. Députée, j’ai pu lui dire merci pour tant de courage. Ministre, je l’ai salué officiellement. La dernière fois aux adieux à Mandela. Quelle vie!"

Le président LREM de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a adressé ses "pensées émues et respectueuses pour un militant de la paix et de la fraternité, un combattant des ségrégations et du racisme, un humaniste généreux et exigeant".

"Qu’il repose en paix", a tweeté pour sa part la candidate PS à la présidentielle Anne Hidalgo, faisant part de son "immense respect et reconnaissance pour ce combattant infatigable des droits et de l’égalité".

Dans un message, l'ancien ministre socialiste Jack Lang rend hommage à "un homme de courage, de convictions et de bonté", et évoque les liens d'amitié entre Desmond Tutu et l'ancien président François Mitterrand (1981-1995).


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.