Covid-19: le combat très incertain de familles contre l'OMS et la Chine

 Cette photographie d'archives prise le 2 décembre 2021, montre l’insigne de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à côté de leur siège à Genève.(AFP)
Cette photographie d'archives prise le 2 décembre 2021, montre l’insigne de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à côté de leur siège à Genève.(AFP)
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Publié le Jeudi 30 décembre 2021

Covid-19: le combat très incertain de familles contre l'OMS et la Chine

  • Un retraité de 63 ans s'est joint à la campagne lancée par un cabinet d'avocats argentin, qui rêve que l'OMS et Pékin versent des dizaines de milliers de dollars d'indemnités aux familles touchées par la pandémie
  • Le cabinet asssure qu'il ne demande aucun frais à ses clients, et que ses honoraires seront couverts avec un pourcentage prélevé sur les hypothétiques indemnités

MEXICO : Jaime Michaus a rejoint des centaines de personnes frappées par le Covid-19, au Mexique et dans d'autres pays, qui demandent des réparations économiques à l'Organisation mondiale de la Santé et à la Chine, sans grand espoir d'obtenir gain de cause.

Ce retraité de 63 ans s'est joint à la campagne lancée par un cabinet d'avocats argentin, qui rêve que l'OMS et Pékin versent des dizaines de milliers de dollars d'indemnités aux familles touchées par la pandémie, partie il y a deux ans de Wuhan en Chine.

Même si elle a peu de chances d'aboutir, la démarche n'a pas été facile pour M. Michaus, dont la fille Noreen est morte du Covid le 23 juillet à 25 ans en laissant derrière elle une petite fille de quelques mois.

"J'ai des sentiments partagés, parce qu'on dirait que je veux faire de l'argent avec la mort de ma fille", explique le père endeuillé à l'AFP, en évaluant à "50%" ses possibilités d'obtenir gain de cause. "Aucune somme ne va me rendre ma fille, mais je le fais pour l'avenir de ma petite-fille".

Une employée d'une station-service à Mexico, qui souffre de séquelles du Covid-19, s'est également jointe à l'initiative des avocats de Buenos Aires. "J'ai 35 ans. J'ai des bourdonnements dans les oreilles. Ma vue se brouille et je dois utiliser des lunettes", raconte cette femme qui préfère taire son nom.

"Vous avez eu, vous avez, ou l'un de vos proches a eu le Covid-19? Vous méritez d'être indemnisé. Déposez plainte avec nous!", proclame le cabinet Poplavsky sur son site internet, affirmant représenter "pratiquement un millier de victimes en Argentine, aux Etats-Unis, en Equateur, en Espagne et en Italie".

Il promet à ses clients des compensations économiques: "200.000 dollars pour avoir attrapé le Covid, si les séquelles sont importantes. 800.000 dollars pour un décès", avance à l'AFP l'avocate Denisse Gonzalez, sa représentante au Mexique.

Le cabinet assure qu'il ne demande aucun frais à ses clients, et que ses honoraires seront couverts avec un pourcentage prélevé sur les hypothétiques indemnités.

Le cabinet Poplavsky international law office affirme qu'il dépose ses demandes d'indemnités "devant l'ONU et la Cour pénale internationale contre la République populaire de Chine et l'OMS pour des délits de violations de la déclaration universelle des droits de l'homme". Poplavsky estime que les démarches peuvent prendre au moins cinq ans.

« Problème de crédibilité »

"Les gens savent que cela ne va pas aboutir", tranche Marleck Rios Nava, spécialiste en droit international à l'Université autonome du Mexique (UNAM). L'ONU gère la plainte des Etats, et non des individus, explique-t-elle.

Deux ans après l'apparition des premiers cas, l'OMS se défend d'avoir pris du retard au début de l'épidémie qu'elle a déclarée "urgence de santé publique de portée internationale" le 30 janvier 2020, puis pandémie le 11 mars suivant. "Le système sanitaire d'urgence de l'OMS est immédiatement entré en action", a encore déclaré mercredi le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d'une conférence de presse.

Courant 2021, le chef de l'OMS avait demandé des enquêtes supplémentaires sur la théorie selon laquelle le coronavirus aurait pu s'échapper d'un laboratoire de l'Institut de virologie de Wuhan. Pékin a toujours farouchement combattu cette théorie.

Toujours au Mexique, l'avocat Fernando Martinez de Velasco tente de poursuivre la Chine à travers l'ambassade de Pékin à Mexico. Il n'a toujours pas réuni le seuil minimal des 30 signatures nécessaires pour entreprendre cette action.

"Je pensais que les gens allaient faire la queue pour porter plainte, mais il n'en pas été ainsi très étrangement. Je pense que c'est un problème de crédibilité", déclare-t-il en reconnaissant que les chances de succès sont faibles.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.