L'hôtel Nacional de La Havane, résurrection d’un mythe

Vue sur les jardins de l'Hôtel Nacional de Cuba, à La Havane le 2 novembre 2021. Inauguré en 1930, c'est l'un des bâtiments historiques de Cuba. (Adalberto Roque/AFP)
Vue sur les jardins de l'Hôtel Nacional de Cuba, à La Havane le 2 novembre 2021. Inauguré en 1930, c'est l'un des bâtiments historiques de Cuba. (Adalberto Roque/AFP)
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Publié le Vendredi 31 décembre 2021

L'hôtel Nacional de La Havane, résurrection d’un mythe

  • Sur le célèbre Malecon, face à la baie de La Havane, le bâtiment monumental en forme de H a ouvert ses portes le 30 décembre 1930, financé en partie par le crime organisé
  • C'est là que Lucky Luciano a séjourné en décembre 1946, lors d'une rencontre au sommet des chefs de la mafia italo-américaine qu'il a présidée, immortalisée en 1974 dans la fiction "Le Parrain 2"

LA HAVANE, Cuba : Sommet de la mafia, crises des missiles, couturières du régime, excentricités hollywoodiennes... En 91 années d'existence, l'hôtel Nacional de La Havane a connu une vie trépidante mais il a rarement vécu si grande solitude que celle traversée durant la pandémie.

Une longue hibernation de 20 mois jusqu'au retour des premiers touristes étrangers le 15 novembre dernier.

Le bâtiment de plus de 400 chambres en a profité pour se refaire une beauté: la façade a été restaurée, des sols ont été changés, la piscine rénovée et certaines fenêtres ont été remplacées dont celle de la chambre 211, au deuxième étage.

C'est là que Lucky Luciano a séjourné en décembre 1946, lors d'une rencontre au sommet des chefs de la mafia italo-américaine qu'il a présidée, immortalisée en 1974 dans la fiction "Le Parrain 2" de Francis Ford Coppola: les chefs de clans se partagent un gâteau orné d'un dessin de l'île cubaine en même temps que les attributions des diverses activités illicites.

Quelque 500 gangsters avaient investi l'hôtel pour la convention, et l'invité d'honneur Frank Sinatra avait accompagné de sa voix de crooner les fêtes somptueuses célébrées ce Noël-là.

"Las Vegas n'existait pas, et Cuba était l'endroit idéal pour les jeux d'argent, avec la proximité des États-Unis, le climat, les plages, le rhum", La Havane était l'endroit idéal pour devenir "la capitale du jeu", raconte Arleen Ortiz, spécialiste de l'histoire de l'hôtel.

- Célébrités -

Sur le célèbre Malecon, face à la baie de La Havane, le bâtiment monumental en forme de H avec sa porcelaine anglaise toujours intacte, ses horloges importées d'Allemagne et ses lustres suspendus aux hauts plafonds, a ouvert ses portes le 30 décembre 1930, financé en partie par le crime organisé.

Ces travaux entrepris pendant la léthargie imposée par la fermeture des frontières doivent permettre aux "touristes de retrouver l'hôtel des années trente, en faisant revivre le passé au présent dans un confort encore plus grand", explique Mme Ortiz.

Le passé a laissé ses cicatrices sur le bâtiment en pierre et en béton, comme les impacts de balles qui ont jadis marqué la façade, vestiges d'une rébellion en 1933, et dans les jardins le réseau de tunnels datant de la crise des missiles cubains en 1962.

Lorsque la révolution de Fidel Castro triomphe en 1959, l'hôtel est devenu quelque temps un dortoir et un atelier pour 900 paysannes venues dans la capitale étudier la couture.

"Ces jeunes femmes qui n'avaient jamais quitté leurs maisons sans électricité, avec des sols en terre battue" se sont soudain retrouvées dans ces pièces élégantes, souligne Mme Ortiz.

C'est le seul moment dans son histoire où le Nacional n'a pas accueilli d'hôtes étrangers dans son décor art-déco teinté de néoclassicisme, hormis la rénovation d'ampleur dans les années 1990 imposant une longue fermeture.

Dans les couloirs et les salles de l'hôtel sont exposées des photos, objets et même des lettres des illustres clients et qui ont valu au palace d'être classé depuis 1982 au registre de la Mémoire du monde de l'Unesco.

Les acteurs Marlon Brando, Errol Flynn, Johnny Weissmüller, Rita Hayworth, Ava Gardner, le pianiste Nat King Cole, les écrivains Jean-Paul Sartre, Ernest Hemingway et Gabriel Garcia Marquez ou encore le Premier ministre britannique Winston Churchill, grand amateur de cigares cubains, font partie de la longue liste des personnalités de passage immortalisées sur les murs.

"C'est magique d'être ici, j'aime l'énergie, c'est incroyable (...) J'aimerais en savoir plus, j'ai envie d'en savoir plus sur l'hôtel et son histoire", dit Sierra, une enseignante américaine de 39 ans, en buvant un verre de vin face à la baie de La Havane.

Tania Fernandez, médecin d'une province du centre de l'île a emmené ses enfants visiter ce lieu historique : "peu importe le nombre d'hôtels modernes" à Cuba dit-elle, "ce que veulent les touristes étrangers c'est s'asseoir là où tant de personnes célèbres ont séjourné".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".