Kazakhstan: les autorités ont chassé les manifestants de la principale place d'Almaty

Plus aucun manifestant ne se trouvait jeudi soir sur la place de la République, l'un des principaux lieux de la contestation, ont rapporté Tass et Ria Novosti.(AFP)
Plus aucun manifestant ne se trouvait jeudi soir sur la place de la République, l'un des principaux lieux de la contestation, ont rapporté Tass et Ria Novosti.(AFP)
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Publié le Jeudi 06 janvier 2022

Kazakhstan: les autorités ont chassé les manifestants de la principale place d'Almaty

  • Les violences ont fait plusieurs dizaines de morts parmi les manifestants et les forces de l'ordre et plus d'un millier de blessés, selon les autorités
  • Environ 2 300 personnes ont été arrêtées en lien avec ces manifestations, rarissimes au Kazakhstan, a indiqué le ministère de l'Intérieur

MOSCOU : Les forces de sécurité du Kazakhstan ont chassé jeudi les manifestants de la principale place publique d'Almaty, capitale économique du pays secouée par des émeutes, ont rapporté plusieurs agences de presse russes.

Plus aucun manifestant ne se trouvait jeudi soir sur la place de la République, l'un des principaux lieux de la contestation, ont rapporté Tass et Ria Novosti.

Par ailleurs, les autorités ont repris le contrôle de la mairie et de la résidence présidentielle à Almaty, incendiées la veille par des émeutiers, ont ajouté les mêmes sources.

L'AFP n'était pas en mesure de vérifier ces affirmations de façon indépendante dans l'immédiat, les autorités kazakhes ayant fortement restreint l'accès à internet et au réseau téléphonique depuis mercredi.

Plus tôt jeudi, un correspondant de l'AFP à Almaty avait vu des badauds déambulant sur la place de la République et entendu des coups de feu provenant du quartier de la mairie.

Le Kazakhstan, plus grand pays d'Asie centrale, est secoué depuis plusieurs jours par un mouvement de contestation qui a débuté par des manifestations contre la hausse du prix du gaz, avant de laisser place à des émeutes chaotiques.

Les violences ont fait plusieurs dizaines de morts parmi les manifestants et les forces de l'ordre et plus d'un millier de blessés, selon les autorités.

Par ailleurs, environ 2 300 personnes ont été arrêtées en lien avec ces manifestations, rarissimes au Kazakhstan, a indiqué le ministère de l'Intérieur.

Le film des émeutes au Kazakhstan depuis dimanche

ALMATY :Voici le film des manifestations et émeutes qui secouent depuis dimanche le Kazakhstan, déclenchées par une hausse du prix du gaz et qui ont fait des "dizaines" de morts et un millier de blessés.

Premières manifestations 

Le 2 janvier, des manifestants, furieux de la hausse des prix du gaz naturel liquéfié (GNL), descendent dans la rue à Janaozen (région de Mangystau, ouest).

Les manifestations, rares dans ce pays autoritaire d'Asie centrale, s'étendent ensuite à la grande ville régionale d'Aktau, sur les bords de la mer Caspienne.

Etat d'urgence

Le 4, le président Kassym-Jomart Tokaïev, au pouvoir depuis 2019, exhorte la population à "faire preuve de prudence" et à "ne pas céder aux provocations".

Dans la soirée, les autorités concèdent une réduction du prix du GNL, sans calmer les protestataires.

Une manifestation rassemble des milliers de personnes à Almaty, la capitale économique, aux cris de "Démission du gouvernement" et "Le vieillard dehors", en référence à l'ex-président Noursoultan Nazarbaïev, mentor de l'actuel chef de l'Etat et encore très influent.

Le président décrète l'état d'urgence à Almaty, dans la province de Mangystau ainsi que dans la capitale Nur-Sultan à partir du lendemain, avec un couvre-feu nocturne. Les messageries WhatsApp, Telegram et Signal sont inaccessibles.

Gouvernement limogé 

Le 5, le président limoge le gouvernement. L'intérim du Premier ministre est assuré par le vice-Premier ministre Alikhan Smaïlov.

La police indique que plus de 200 personnes ont été arrêtées après les manifestations de la nuit. Près d'une centaine de policiers sont blessés.

Mairie d'Almaty prise d'assaut 

Toujours le 5, des milliers de manifestants prennent d'assaut la mairie d'Almaty, malgré les tirs de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogène de la police.

Ils se dirigent ensuite vers la résidence présidentielle, qu'ils incendient, tout comme la mairie, et s'emparent brièvement de l'aéroport.

Le président promet une réponse "ferme" aux manifestions et annonce assumer la présidence du puissant Conseil de sécurité, jusque-là assurée par son prédécesseur.

Internet et les communications mobiles sont bloqués. 

La Russie appelle à résoudre la crise par "le dialogue" et non par "des émeutes". Washington et l'UE appellent les autorités à la retenue.

Moscou envoie des troupes 

Le même jour, l'état d'urgence est étendu à tout le pays, alors que les manifestations tournent à l'émeute.

Le président demande l'aide de Moscou et ses alliés, attribuant les émeutes à des "terroristes" entraînés à l'étranger.

Le 6, Moscou et ses alliés de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) annoncent l'envoi d'une "force collective de maintien de la paix".

Comprenant des troupes russes, bélarusses, arméniennes, tadjikes et kirghizes, elle est chargée de "protéger les installations étatiques et militaires" et "d'aider les forces de l'ordre kazakhes à stabiliser la situation et rétablir l'Etat de droit".

« Dizaines » de morts 

Le même jour, la police, qui a lancé une "opération antiterroriste" à Almaty, indique avoir tué des "dizaines" de manifestants qui tentaient de s'emparer de bâtiments administratifs et commissariats.

Un millier de personnes ont été blessées et 2.298 arrêtées. Les forces de l'ordre rapportent 18 morts et 748 blessés dans leurs rangs, selon un nouveau bilan.

Dans un nouvel effort pour calmer les protestataires, le gouvernement kazakh ordonne le plafonnement des prix des carburants pour six mois.

En fin d'après-midi, de nouveaux coups de feu sont entendus dans le centre d'Almaty, d'où sont chassés les manifestants, selon plusieurs agences de presse russes.

 

 

Appelés à l'aide par le président kazakh, Kassym-Jomart Tokaïev, la Russie et ses alliés de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) ont annoncé jeudi l'envoi du premier contingent d'une "force collective de maintien de la paix" au Kazakhstan pour "protéger" les bâtiments officiels et "stabiliser" la situation.

La situation au Kazakhstan, pays d'environ 19 millions d'habitants, riche en ressources naturelles, suscite la préoccupation de la communauté internationale.

L'ONU a ainsi appelé jeudi toutes les parties à "s'abstenir de toute violence" et Washington a réclamé au gouvernement kazakh une "solution pacifique".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.