Emeutes au Kazakhstan: l'ex-chef des services de renseignement arrêté

L’ancien Premier ministre kazakh Karim Massimov (au centre) lors d'une rencontre avec le Premier ministre chinois Li Keqiang dans le Grand Palais du Peuple à Pékin le 14 décembre 2015. (Greg Baker / Piscine / AFP)
L’ancien Premier ministre kazakh Karim Massimov (au centre) lors d'une rencontre avec le Premier ministre chinois Li Keqiang dans le Grand Palais du Peuple à Pékin le 14 décembre 2015. (Greg Baker / Piscine / AFP)
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Publié le Dimanche 09 janvier 2022

Emeutes au Kazakhstan: l'ex-chef des services de renseignement arrêté

  • Le Comité national de sécurité (KNB) a indiqué que son ancien directeur, Karim Massimov, avait été placé en détention jeudi
  • Allié de longue date de l'ancien président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev, dont il fut Premier ministre à deux reprises, Karim Massimov dirigeait le KNB depuis 2016

ALMATY : Le Kazakhstan a annoncé samedi l'arrestation de l'ex-chef des services de renseignement soupçonné de "trahison" pendant les émeutes qui ont secoué le pays, la Russie rejetant les critiques américaines sur son déploiement militaire pour soutenir le pouvoir.

Le Comité national de sécurité (KNB) a annoncé que son ancien directeur, Karim Massimov, 56 ans, avait été placé en détention jeudi après le lancement d'une enquête pour "haute trahison".

Première personnalité politique arrêtée, M. Massimov avait été limogé cette semaine après le déclenchement des manifestations qui ont ébranlé le Kazakhstan et fait des dizaines de morts, notamment à Almaty, capitale économique du pays. 

Allié de longue date de l'ancien président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev, dont il fut Premier ministre à deux reprises, Karim Massimov dirigeait le KNB depuis 2016.

Le KNB a annoncé dans un communiqué avoir ouvert jeudi une enquête pour haute trahison, ajoutant que M. Massimov avait été arrêté le même jour, "soupçonné d'avoir commis ce crime".

Par ailleurs, le président russe Vladimir Poutine et son homologue kazakh Kassym-Jomart Tokaïev ont eu une "longue" conversation téléphonique et sont convenus de rester en contact "permanent", a annoncé samedi le Kremlin.

Un contingent de troupes russes et d'autres pays alliés de Moscou est présent au Kazakhstan, ex-république soviétique d'Asie centrale, pour appuyer le pouvoir en place en protégeant les bâtiments stratégiques et en épaulant les forces de l'ordre.

Samedi, Moscou a dénoncé les propos, qualifiés de "grossiers", du secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, qui avait estimé vendredi qu'"une fois que les Russes sont chez vous, il est parfois très difficile de les faire partir".

"Une fois que les Américains sont chez vous, il peut être difficile de rester en vie, de ne pas être pillé ou violé", a rétorqué le ministère russe des Affaires étrangères.

Après plusieurs jours de violences, notamment à Almaty où les forces de sécurité ont tiré à balles réelles sur des émeutiers qui ont incendié plusieurs bâtiments, la situation semblait plus calme samedi, même si la tension restait visible.

À Almaty, les forces de l'ordre tiraient ainsi des coups de feu en l'air pour empêcher les gens d'approcher d'une place centrale, a constaté un journaliste de l'AFP.

Leonid Kiselïev, un retraité de 68 ans, raconte, choqué, que sa voiture a été touchée par un tir dans la matinée, alors qu'il roulait près de bâtiments officiels.

"La situation était calme, donc j'ai sorti ma voiture", bredouille ce retraité rencontré dans la file d'attente devant une station-service, en montrant le projectile qui a percé le coffre de son véhicule.

«Bandits»

Fait notable, le porte-parole de Noursoultan Nazarbaïev, qui n'est pas apparu en public depuis le début des émeutes et ne s'était pas exprimé jusque-là, a affirmé samedi que l'ancien président appelait la population à soutenir le gouvernement pour "surmonter cette crise".

Le porte-parole, Aïdos Oukibaï, a en outre qualifié de "fausses informations" les articles de presse affirmant que l'ex-dirigeant âgé de 81 ans avait fui à l'étranger avec sa famille.

La figure de M. Nazarbaïev, qui a dirigé le Kazakhstan de 1989 à 2019, a été au coeur des émeutes de ces derniers jours.

Car au-delà de la hausse des prix du gaz, étincelle qui a mis le feu aux poudres, la colère des manifestants était notamment dirigée contre l'ancien président, qu'ils accusent avec son clan de corruption à grande échelle.

Même après avoir cédé le pouvoir à M. Tokaïev, M. Nazarbaïev a conservé une grande influence et est considéré comme le mentor de son successeur.

Ce dernier a autorisé vendredi les forces de sécurité à "tirer pour tuer" afin d'étouffer toute rébellion et, fort de l'appui de la Russie, a exclu de négocier avec les manifestants, les qualifiant de "bandits".

4 000 arrestations

Les troubles qui secouent ce pays de 19 millions d'habitants, le plus grand d'Asie centrale,  préoccupent les Occidentaux.

L'Allemagne a ainsi annoncé samedi qu'elle arrêtait ses exportations d'armes vers le Kazakhstan.

L'UE avait appelé vendredi à la "retenue", Pékin saluant au contraire les "mesures fortes" prises par le président kazakh.

Les autorités ont affirmé que 26 "criminels armés" avaient été tués et plus d'un millier de manifestants blessés, les forces de l'ordre faisant état par ailleurs de 18 tués et 748 blessés dans leurs rangs. Plus de 4 000 personnes ont été arrêtées.

Ces chiffres n'ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.

Première victime étrangère connue, un ressortissant israélien âgé de 22 ans, vivant au Kazakhstan, a été tué par balle vendredi, a annoncé samedi le ministère israélien des Affaires étrangères.

Signe que la situation n'était pas totalement revenue à la normale, l'aéroport d'Almaty, qui avait annoncé samedi qu'il rouvrirait lundi, restera finalement fermé "pour une durée indéterminée", ont rapporté des médias locaux.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.