Les Pays-Bas ont un nouveau gouvernement, focalisé sur le climat

Surnommé le Premier ministre "Teflon" pour sa capacité à rester au pouvoir malgré les scandales et les crises politiques, M. Rutte a déclaré en décembre qu'il souhaitait que son nouveau gouvernement "restaure la confiance". (AFP).
Surnommé le Premier ministre "Teflon" pour sa capacité à rester au pouvoir malgré les scandales et les crises politiques, M. Rutte a déclaré en décembre qu'il souhaitait que son nouveau gouvernement "restaure la confiance". (AFP).
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Publié le Mardi 11 janvier 2022

Les Pays-Bas ont un nouveau gouvernement, focalisé sur le climat

  • Le nouveau gouvernement, baptisé "Rutte IV", veut construire deux centrales nucléaires
  • Le gouvernement prévoit également de consacrer 35 milliards d'euros sur 10 ans au réchauffement climatique

LA HAYE: Le quatrième gouvernement de coalition consécutif du Premier ministre Mark Rutte a été investi lundi aux Pays-Bas 10 mois après les élections, un record, avec des promesses d'investissements importants pour la lutte contre le changement climatique.


Le nouveau gouvernement, baptisé "Rutte IV", veut construire deux centrales nucléaires et prévoit de consacrer 35 milliards d'euros sur 10 ans au réchauffement climatique - une menace majeure pour les Pays-Bas, dont un tiers du territoire se trouve sous le niveau de la mer.


"Le corona n'est pas encore parti, mais il y a bien sûr aussi d'autres problèmes majeurs", a déclaré sur Twitter Mark Rutte après le premier conseil des ministres du nouveau gouvernement, évoquant le besoin de construire de nouveaux logements, la sécurité ainsi que les plans relatifs au changement climatique dans un pays dépendant fortement du gaz.


Les Pays-Bas se dotent également pour la première fois d'un ministre pour le Climat et l'Energie, en la personne de Rob Jetten, 34 ans, et le nouveau gouvernement a affiché l'objectif de la neutralité carbone d'ici 2050.


"Le gouvernement doit rattraper son retard dans le domaine du changement climatique", a déclaré M. Jetten auprès de l'agence de presse néerlandaise ANP, reconnaissant une tâche "considérable".  


A plus court terme, l'une des premières tâches du gouvernement sera de décider s'il faut prolonger le "confinement" en vigueur jusqu'à vendredi dans le pays, où les contaminations au Covid-19 atteignent des niveaux records.


Le nouveau gouvernement, investi lors d'une cérémonie officielle au palais Noordeinde à La Haye, compte un nombre record de femmes, 14 sur un total de 29 ministres et secrétaires d'Etat. Sur 20 ministres, 10 sont des femmes.


L'un des postes les plus importants a été alloué à Sigrid Kaag, première femme ministre des Finances, qui, souffrant du coronavirus, a prêté serment par visioconférence, également une première aux Pays-Bas. Son prédécesseur Wopke Hoekstra devient ministre des Affaires étrangères.

« Restaurer la confiance »

Face au scepticisme ambiant, M. Rutte a promis un nouveau départ, bien qu'il soit Premier ministre depuis 2010, ce qui fait de lui le deuxième dirigeant de l'Union européenne le plus longtemps en poste, après le Hongrois Viktor Orban.


Malgré un record de 271 jours de négociations après les élections législatives de mi-mars, la coalition est composée des quatre mêmes partis que dans le dernier gouvernement : le VVD de centre droit de M. Rutte, le D66 de centre gauche de Mme Kaag, le CDA de centre droit de M. Hoekstra et le Christen Unie (conservateurs).


Ce gouvernement sortant avait démissionné en janvier 2021 à la suite d'un scandale administratif au cours duquel des milliers de parents avaient été accusés à tort de fraude aux allocations familiales.


Surnommé le Premier ministre "Teflon" pour sa capacité à rester au pouvoir malgré les scandales et les crises politiques, M. Rutte a déclaré en décembre qu'il souhaitait que son nouveau gouvernement "restaure la confiance".


Au poste des Finances, Sigrid Kaag, ancienne diplomate de 60 ans, pourrait apaiser les tensions à Bruxelles, les Pays-Bas faisant partie des quatre pays dits "frugaux" (avec l'Autriche, le Danemark et Suède), partisans de la rigueur budgétaire et se heurtant fréquemment aux Etats du sud de l'Europe.


M. Rutte devrait devenir plus tard cette année le Premier ministre le plus longtemps en poste à La Haye, même si la gestion de la pandémie de coronavirus reste politiquement sensible.


Le populiste d'extrême droite et coronasceptique Thierry Baudet s'est fait le porte-voix d'une révolte qui a déclenché de violentes émeutes l'année dernière. Et un militant anti-vaccination a récemment été arrêté pour avoir brandi une torche allumée devant la maison de Sigrid Kaag.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.