La diaspora soudanaise au Liban garde l’espoir dans les manifestations qui secouent le pays

Un homme fait le signe de la victoire lors d'une manifestation visant à dénoncer le coup d'État militaire d'octobre 2021, à Khartoum, ce dimanche. (Photo, AP)
Un homme fait le signe de la victoire lors d'une manifestation visant à dénoncer le coup d'État militaire d'octobre 2021, à Khartoum, ce dimanche. (Photo, AP)
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Publié le Mercredi 12 janvier 2022

La diaspora soudanaise au Liban garde l’espoir dans les manifestations qui secouent le pays

  • Les expatriés sont convaincus que le régime militaire prendra fin cette année
  • Les manifestations contre le régime militaire ont déjà fait 60 morts lors d’affrontements avec les forces de sécurité

BEYROUTH: La diaspora soudanaise au Liban espère que les manifestations dans leur pays d'origine apporteront le changement et la démocratie.

Plus de soixante manifestants sont morts au Soudan lors d'affrontements avec les forces de sécurité, mais la communauté soudanaise au Liban espère que «le changement est à venir».

Le 25 octobre 2021, le commandant en chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhan, a mené un coup d'État qui a renversé une transition où le pouvoir était partagé entre l'armée et une administration civile qui avait été minutieusement constituée à la suite du renversement du régime d'Omar el-Béchir en 2019.

Dans l’impossibilité de participer aux manifestations avec leurs compatriotes, les Soudanais du Liban ont exprimé leur solidarité avec ces manifestations qui se déroulent dans leur pays et qui visent les dirigeants militaires.

Pour Yehya Mohammad, qui travaille comme gardien à Beyrouth depuis 2012, les manifestations de masse devraient conduire à une «nouvelle Constitution globale» pour le pays.

La semaine dernière, Abdallah Hamdok, le Premier ministre civil soudanais, a démissionné et a averti que le pays se trouvait à «un carrefour dangereux menaçant sa survie même». Il venait tout juste de reprendre ses fonctions le 21 novembre, après avoir été évincé avec son gouvernement lors du coup d'État d'octobre.

«Le régime militaire sera renversé. Nous voulons qu'un gouvernement entièrement civil dirige le pays, et c'est pourquoi nous soutenons fermement les manifestations», affirme Yehya à Arab News.

Bien que ce Soudanais expatrié ne voie pas les manifestations apporter une solution rapide, il pense que le conseil militaire d'Al-Burhan chutera sous la pression des manifestations.

«Nous espérons que les militaires se retireront pacifiquement, mais dans la situation actuelle, j'en doute. Cela se fera avec fracas», assure-t-il. «En rejoignant des groupes de soutien sur les réseaux sociaux, nous essayons d’appuyer les manifestants, à la fois moralement et financièrement», ajoute-t-il.

Hamed Adam, également gardien, pense également que les manifestations apporteront des changements au Soudan, cette année ou dans un avenir proche. «La révolution ne produira pas un changement immédiat, mais progressif», explique-t-il à Arab News.

Cet homme, âgé de 55 ans, qui vit au Liban depuis plus de vingt ans, s'est dit convaincu que le peuple soudanais aura «le dernier mot». «Le pouvoir des manifestations de rue nous apportera un changement, comme cela a été le cas lorsque les manifestations en 1985 ont renversé l’ancien président, Jaafar Nimeiri. Le régime militaire actuel chutera tôt ou tard sous la pression de plus en plus forte des protestations», précise-t-il.

Pour sa part, Abdelsalam al-Moukhtar, un ouvrier âgé de 48 ans travaillant au Liban, reste plus sceptique sur l'efficacité des manifestations. «On constate une dégradation et une humiliation manifestes. Les civils et les militaires ne se mettront pas d'accord», soutient-il, ajoutant qu'il regrette les morts causées par les récentes manifestations.

Il estime que les choses sont «sans espoir» en raison de «l'avidité et de la soif» de l'armée soudanaise, qui veut à tout prix garder le pouvoir. «Le peuple veut que les civils gouvernent. Les militaires sont au pouvoir depuis plus de quarante ans et ils sont corrompus, incompétents et inefficaces.»

Il regrette également que le régime militaire ait poussé les Soudanais «instruits et compétents» à quitter le pays. «C'est une stratégie évidente d'exode des cerveaux», se désole-t-il.

Son collègue, Ebrahim Ismaïl, se veut plus optimiste et pense que les manifestations civiles finiront par renverser le régime militaire et «remettre le pays sur les rails». Il pense que 2022 sera «l'année du changement» au Soudan.

«Le régime militaire ne peut pas durer éternellement. Nous allons les chasser, reprendre le pouvoir, et notre soulèvement apportera la liberté, la paix et la justice au Soudan», lance-t-il.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.