Biden désarmé après une semaine de désillusions en cascade

À l'automne, Biden affrontera des élections législatives de mi-mandat historiquement difficiles pour le pouvoir en place, et pourrait perdre le contrôle à la fois du Sénat et de la Chambre des représentants. (Photo, AFP)
À l'automne, Biden affrontera des élections législatives de mi-mandat historiquement difficiles pour le pouvoir en place, et pourrait perdre le contrôle à la fois du Sénat et de la Chambre des représentants. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 15 janvier 2022

Biden désarmé après une semaine de désillusions en cascade

  • La Cour suprême a annulé une obligation vaccinale que le président voulait imposer aux grandes entreprises
  • Son contrôle du Congrès ne tient qu'à un fil, et il doit composer avec une Cour suprême que Donald Trump a rendue très conservatrice

WASHINGTON : Confronté aux provocations de la Corée du Nord et de la Russie, au dérapage de l’inflation et au naufrage parlementaire d’une grande réforme électorale, Joe Biden a tenu vendredi à vanter l'une des rares réussites jusqu'ici de sa présidence, à savoir un grand plan d'infrastructures.

"On parle beaucoup de la déception face aux choses que nous n'avons pas réussi à faire, et j'ajouterais que nous allons réussir à en mener beaucoup à bien. Mais cela, nous l'avons fait", a dit Joe Biden à la Maison Blanche, tandis que derrière lui défilaient des images de ponts plus ou moins décatis.

Ce que le démocrate a fait, c'est de faire voter à l'automne 1 200 milliards de dollars d'investissements dans les routes, les ponts, l'internet, un montant historique qui a même bénéficié du soutien de quelques parlementaires républicains.

Mais le rappel de cette indéniable réussite a presque quelque chose de cruel. 

Lors de la ratification en grande pompe du texte le 15 novembre dernier, Joe Biden avait invité une sénatrice de l’Arizona, Kyrsten Sinema, à prendre la parole pour vanter le texte.

Jeudi, la même Kyrsten Sinema a enterré en quelques mots, à la tribune du Sénat, une grande loi électorale avec laquelle Joe Biden promettait de protéger l'accès aux urnes des Afro-Américains contre des restrictions imposées par certains Etats conservateurs du Sud. 

Virage

Ce texte est emblématique d'un virage que cherche à prendre Joe Biden: dans deux récents discours, le président a émis des mises en garde d'une gravité inédite sur la démocratie américaine. Et lancé des attaques d'une virulence jamais vue contre son prédécesseur Donald Trump, et contre l'opposition en général.

Aucun espoir donc, pour ce projet de réforme électorale, de rallier des parlementaires républicains pour atteindre la "supermajorité" de 60 voix requise au Sénat. 

L'état-major démocrate a par conséquent imaginé une procédure permettant de passer en force à la majorité simple - avec les 51 voix qu'ils contrôlent contre 50 à l'opposition. Mais Kyrsten Sinema a refusé cette manoeuvre, tout comme un autre sénateur démocrate modéré, condamnant de fait la réforme elle-même.

Jeudi également, la Cour suprême a annulé une obligation vaccinale que le président voulait imposer aux grandes entreprises. Et la Maison Blanche a reconnu qu'au terme d'un intense ballet diplomatique avec la Russie, la menace d'un nouveau conflit en Ukraine n'était en rien levée.

Une journée noire dans une semaine calamiteuse qui a rappelé crûment que Joe Biden, investi il y a un peu moins d'un an, a fait de grandes promesses avec peu de marge de manoeuvre. 

Son contrôle du Congrès ne tient qu'à un fil, et il doit composer avec une Cour suprême que Donald Trump a rendue très conservatrice.

Petits lapins

Sur le front de l'économie, l'inflation a atteint son plus haut niveau depuis 1982. 

Et les Etats-Unis ont battu le record du nombre de personnes hospitalisées atteintes de la Covid-19, une nouvelle vague qui vide les rayons des supermarchés, confrontés à des problèmes de pénurie récurrents depuis le début de la pandémie. 

Vendredi, la Corée du Nord a procédé à son troisième essai de missiles de l'année, une provocation de plus alors que Etats-Unis viennent d'imposer de nouvelles sanctions financières.

Et que dire des sondages qui, l'un après l'autre, confirment la forte impopularité du président? La plupart des enquêtes d'opinion donnent une cote de confiance tournant autour de 42%.

"Un programme ne se boucle pas en un an. Nous allons continuer à nous battre pour chaque composante", a promis vendredi la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki, énumérant à la fois l'économie, la lutte contre la pandémie et le changement climatique, et le combat pour les droits civiques.

Mais si Joe Biden a peu d'armes pour se battre, il a aussi de moins en moins de temps. À l'automne, il affrontera des élections législatives de mi-mandat historiquement difficiles pour le pouvoir en place, et pourrait perdre le contrôle à la fois du Sénat et de la Chambre des représentants.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.