Un ex-prisonnier de Guantanamo se prépare à une bataille juridique pour obtenir son passeport britannique

Moazzam Begg a été détenu par les États-Unis à Guantanamo pendant trois ans au début des années 2000. (AFP)
Moazzam Begg a été détenu par les États-Unis à Guantanamo pendant trois ans au début des années 2000. (AFP)
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Publié le Mercredi 19 janvier 2022

Un ex-prisonnier de Guantanamo se prépare à une bataille juridique pour obtenir son passeport britannique

  • La demande de passeport de Moazzam Begg a été rejetée malgré l'absence d'accusations de terrorisme concluantes et l’abandon des poursuites judiciaires
  • Le MI5 lui a permis de se rendre en Syrie avant que le gouvernement n'utilise ses voyages dans ce pays comme justification pour lui retirer son passeport

LONDRES: Un ancien détenu de Guantanamo prépare une action en justice contre la ministre britannique de l'Intérieur, Priti Patel, dans une démarche visant à récupérer son passeport britannique, que les autorités lui ont retiré il y a huit ans après deux voyages qu’il avait effectués en Syrie, a rapporté mercredi le quotidien anglais The Guardian.

Moazzam Begg, qui a été détenu par les États-Unis à Guantanamo pendant trois ans au début des années 2000, a été informé que sa demande de nouveau passeport avait été rejetée en septembre 2021, malgré l'abandon des poursuites pour terrorisme concernant ses voyages en Syrie.

L'accusation a retiré ses poursuites judiciaires après avoir appris que le MI5, le service britannique de renseignements et de sécurité, l'avait autorisé à se rendre en Syrie.

Begg, qui travaille avec l’organisation Cage, venant en aide aux personnes prises dans la «guerre contre le terrorisme», a affirmé que ses frustrations face à la lenteur du système ne lui laissaient pas d'autre choix que de demander une révision judiciaire.

Il espère rendre visite à sa fille en Turquie, où elle s'est mariée en son absence, et se rendre à Bagram, en Afghanistan, où il avait été détenu par les forces américaines avant son transfert à Guantanamo.

«J'ai vu là-bas deux personnes se faire assassiner par des soldats américains. Maintenant que les États-Unis sont partis, j'aimerais y retourner et tenter de me pencher à nouveau ce qui s'est passé, essayer de visiter le camp et les cellules», a-t-il expliqué.

Begg a été arrêté en février 2002 au Pakistan et remis aux forces américaines, qui l'ont détenu sans inculpation avant sa libération en 2005.

Ses voyages en Syrie qui auraient bloqué sa demande de passeport ont eu lieu en 2012 et 2013, lorsque les combats avaient commencé contre le régime d'Assad, mais avant l'émergence de Daech et l'afflux de combattants étrangers, notamment britanniques.

Begg a déclaré avoir été contacté par le MI5 avant sa deuxième visite en Syrie. «Je leur ai dit que j’essayais d’enquêter sur leur rôle dans la collaboration avec le régime d’Assad concernant des personnes extradées de Grande-Bretagne». Ce travail, a-t-il affirmé, faisait partie de ses enquêtes avec l’organisation Cage.

Il a précisé que des représentants du MI5 l'avaient informé qu'il était libre de se rendre en Syrie, mais que son passeport lui avait été retiré à son retour en décembre 2013 après un voyage en Afrique du Sud. Au début de cette année-là, il était resté dans le territoire de l'opposition à Alep, en Syrie, jusqu'en avril 2013.

Il a ensuite été arrêté et inculpé de crimes terroristes, mais le ministère public a abandonné les charges contre lui lorsque de plus amples détails sur ses visites en Syrie ont été rendus publics, en particulier après avoir découvert que le MI5 l'avait autorisé à voyager.

«Ils savent par la puce qu'ils ont placée dans ma voiture que j'étais totalement contre les personnes rejoignant Daech», a affirmé Begg.

Il a demandé un passeport en 2019, qui lui a été brièvement délivré en septembre 2021, mais lui a été retiré quatre semaines plus tard. Le courriel annulant son passeport était daté de 2017 et adressé à une femme accusée de fraude en matière de passeports. «Je pense que c'était un travail de copier-coller, ils étaient pressés», a indiqué Begg. «Ils n'ont donné aucune explication.»

Mais désormais, il a écrit avec ses avocats au ministère de l'Intérieur et au service responsable des passeports pour leur faire savoir qu'il avait l'intention de réclamer le sien. Son équipe devrait maintenant lancer une révision judiciaire, qui sera couverte par un financement participatif.

«Ce gouvernement n'a pas essayé de me retirer ma citoyenneté», a-t-il indiqué. «Le passeport est un signe de votre nationalité, le document d'identité le plus personnel que quelqu'un ait en sa possession.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.