Semaine du développement durable d’Abu Dhabi: vers un avenir à zéro émission nette

Le prince Abdelaziz ben Salmane (D) et Souhaïl al-Mazroui (G)
Le prince Abdelaziz ben Salmane (D) et Souhaïl al-Mazroui (G)
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Publié le Jeudi 20 janvier 2022

Semaine du développement durable d’Abu Dhabi: vers un avenir à zéro émission nette

  • Les deux plus grandes économies du Conseil de coopération du Golfe ont lancé des initiatives vertes pionnières sans perturber la sécurité énergétique
  • Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdelaziz, a affirmé lors du sommet qu’il était convaincu que le Royaume atteindra son objectif d’élimination de 278 millions de tonnes d’émissions

DUBAI: Au moment où la transition énergétique mondiale occupe le devant de la scène lors de la Semaine du développement durable d’Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis (EAU), les préoccupations relatives à la sécurité énergétique, tant au Moyen-Orient que dans le reste du monde, sont prioritaires.

Dans ce contexte, l’Arabie saoudite et les EAU ont lancé des initiatives vertes pionnières, établissant une feuille de route pour les autres nations qui cherchent à adopter des sources d’énergie plus durables sans causer de préjudice économique. «La sécurité énergétique est un sujet préoccupant», a affirmé le prince Abdelaziz ben Salmane, ministre saoudien de l’Énergie et président de l’Opep+, lors d’une table ronde au sommet intitulée «La transition énergétique dans le CCG: zéro émission nette à l’horizon?»

«L’Opep+, en tant qu’organisation, a largement contribué à apporter la stabilité. Il n’y a rien de plus profond ou de plus important pour la sécurité énergétique que d’avoir un marché stable et ceux qui ne copient pas notre organisation doivent faire comme nous.» La clé de la sécurité énergétique est d’adopter de nombreuses sources d’énergie différentes, a-t-il expliqué, car «rendre tabou» une source spécifique ou être trop sélectif pourrait s’avérer nuisible à l’économie d’un pays.

Ces dernières années, l’Arabie saoudite et les EAU ont concentré leurs efforts sur la mise en place d’un modèle énergétique plus durable, tout en veillant à rester des fournisseurs mondiaux fiables de pétrole et de gaz. «En 2017, nous avons présenté une stratégie visant à devenir 50 % verts d’ici à 2050 et à réduire 70 % de nos émissions», a indiqué le ministre émirati de l’Énergie et des Infrastructures, Souhaïl Mohammed al-Mazroui, aux délégués du sommet. «Mais ce qui est également important, c’est que devenir 50 % verts nous permettrait d’économiser environ 191 milliards de dollars (un dollar = 0,88 euros) sur les 353 milliards de notre budget, soit près de 60 %, et cela a ouvert les yeux de nombreux pays.»

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Cheikh Mohammed ben Rachid al-Maktoum, vice-président des Émirats arabes unis, Premier ministre et émir de Dubaï, lors de la cérémonie d’ouverture de la Semaine du développement durable d’Abu Dhabi (ADSW). (Photo, AFP)

Les responsables saoudiens et émiratis du secteur de l’énergie collaborent avec les économies avancées pour les aider à diversifier leur bouquet énergétique, tout en encourageant d’autres pays à adopter les énergies renouvelables, a assuré M. Al-Mazroui, ajoutant que «ce n’est ce que le monde n’attendait pas de nous, en tant que producteurs conventionnels.»

Le sommet de la Semaine du développement durable d’Abu Dhabi, qui se déroule du 15 au 19 janvier, est l’un des plus grands rassemblements consacrés à l’étude des questions de développement durable et offre une plate-forme mondiale pour la coopération, l’échange de connaissances, les investissements et l’innovation. Outre le lancement d’initiatives en matière d’énergies renouvelables et l’adoption de carburants verts, l’Arabie saoudite et les EAU ont participé avec enthousiasme à la COP26, la conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui s’est tenue à Glasgow en novembre, au cours de laquelle les pays se sont engagés à réduire leurs émissions de carbone.

Le mois dernier, le Royaume a lancé ses initiatives vertes pour l’Arabie saoudite et pour le Moyen-Orient, par lesquelles il s’engage à atteindre zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici à 2060, à planter 10 milliards d’arbres au cours des prochaines décennies, à réhabiliter 8 millions d’hectares de terres dégradées et enfin à créer de nouvelles zones protégées.

«Ces initiatives sont des idées que le prince héritier Mohammed ben Salmane a lui-même mises en place», a indiqué le prince Abdelaziz au panel, ajoutant que ces engagements sont authentiques et ne sont pas un simple «écoblanchiment» comme le suggèrent les détracteurs. «Le but n’est pas d’essayer de rendre l’Arabie saoudite plus belle. Nous avons la conviction que nous devons faire toutes ces actions parce qu’il existe un avantage économique solide pour nous tous», a-t-il ajouté.

Faisant référence à deux mégaprojets en cours de réalisation sur le littoral nord-ouest du Royaume, il a souligné qu’«on ne peut pas réaliser un projet comme celui de la mer Rouge ou Neom sans prêter attention à l’environnement». «Nous préconisons l’économie circulaire à faibles émissions de carbone et nous allons le prouver. Ce choix économique est un système en circuit fermé conçu pour promouvoir la réutilisation de ressources qui, autrement, auraient été gaspillées ou jetées», a affirmé le prince Abdelaziz.

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Les ministres saoudiens et émiratis lors de la Semaine du développement durable d'Abu Dhabi 2022. (Photo, WAM)

La technologie devrait jouer un rôle essentiel dans les projets de la région visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de manière efficace et rentable, notamment par le biais d’outils de capture, d’utilisation et de stockage du carbone. Le développement de ces technologies présente de nombreuses opportunités commerciales lucratives. «Des bénéfices seront réalisés car, dans le concept de réutilisation et de recyclage, le carbone et les gaz deviendront des éléments qui pourront être monétisés», a expliqué le prince Abdelaziz.

M. Al-Mazroui, quant à lui, a attiré l’attention sur le potentiel de l’économie circulaire en matière de création d’emplois en stimulant le secteur privé. «Les autres observent, copient et rattrapent leur retard, c’est donc un mouvement positif», a-t-il affirmé. «Chaque fois qu’ils nous voient, nous, les deux plus grandes économies du Moyen-Orient, entreprendre de tels projets, les autres s’adaptent et apprennent, et nous diffusons cet apprentissage autant que nous le pouvons.»

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Cheikh Mohammed ben Rachid al-Maktoum, vice-président des Émirats arabes unis, Premier ministre et émir de Dubaï avec le ministre de la Défense, vice-Premier ministre et ministre des Affaires présidentielles des Émirats arabes unis, cheikh Mansour ben Zayed al-Nahyane (C), et le président de arménien, Armen Sarkissian, lors de la cérémonie d'ouverture de l'ADSW. (Photo, AFP)

L’Arabie saoudite est en pleine transformation économique et industrielle dans le cadre de la Vision 2030, un plan de diversification qui vise à créer des emplois dans une variété de nouvelles industries, tout en encourageant davantage de jeunes à faire carrière dans le secteur de l’énergie, qui évolue rapidement.

«Certaines de ces technologies sont complexes et continueront de l’être», observe le prince Abdelaziz. «Mais avec le défi et la créativité, on verra des hommes et des femmes sérieux se tourner vers ce secteur avec enthousiasme parce qu’à leurs yeux, cela les fait passer pour des modèles – dans leur ambition de parvenir à la prospérité économique, de monétiser leurs ressources naturelles, notamment le vent et le soleil, et de faire progresser la diversité de l’économie.»

Le prince Abdelaziz est convaincu que l’Arabie saoudite atteindra son objectif d’élimination de 278 millions de tonnes d’émissions, ce qui équivaut presque aux émissions du Koweït, de Bahreïn, du Qatar et d’Oman réunis. «Si nous ne sommes pas fiers et désireux de montrer cela, je ne sais pas ce que nous montrerions d’autre», a-t-il dit.

L’hydrogène s’est avéré être une source d’énergie renouvelable susceptible de changer la donne. Les EAU travaillent sur sept projets d’hydrogène dans l’espoir de s’emparer de 25 % de la part de marché. «Nous pensons pouvoir exporter de l’hydrogène vers certains de nos partenaires et nous sommes déjà en discussion avec de nombreux pays auxquels nous fournissons des hydrocarbures aujourd’hui», précise M. Al-Mazroui. «Nous travaillerons à la fois sur l’hydrogène bleu et l’hydrogène vert; nous avons construit la première usine d’hydrogène vert du Moyen-Orient et nous la testons actuellement.»

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Des ouvriers plantent des arbres près d'une autoroute à Riyad, le 29 mars 2021. L'initiative verte pour l'Arabie saoudite vise à réduire les émissions en produisant la moitié de l'énergie du Royaume à partir de sources renouvelables d'ici à 2030. (AFP)

L’hydrogène vert est produit à partir de l’énergie solaire et constitue un élément majeur de l’équation énergétique de la mégalopole Neom prévue par l’Arabie saoudite. Bien que l’hydrogène présente de nombreux défis, la recherche et le développement seront une étape cruciale de la transition. «Nous ne ménagerons aucun effort pour faire en sorte que cette option soit viable pour nous, et nous pensons que, comme nous possédons de grandes quantités d’hydrocarbures, nos deux pays posséderont de grandes quantités d’hydrogène et en exporteront», a également assuré M. Al-Mazroui.

Dans son discours de clôture, le prince Abdelaziz a insisté sur la nécessité pour toutes les nations de contribuer à la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre. «Nous avons une obligation envers nous-mêmes, et envers nos amis émiratis: si vous examinez nos engagements en matière de réduction des émissions, nous faisons bien plus que notre part.» 

Twitter: @CalineMalek

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.