Brésil: opération policière de «reconquête» des favelas de Rio

Des opérations similaires devraient avoir lieu dans les prochains mois dans d'autres quartiers de cette ville de 6,7 millions d'habitants. (Photo, AFP)
Des opérations similaires devraient avoir lieu dans les prochains mois dans d'autres quartiers de cette ville de 6,7 millions d'habitants. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 20 janvier 2022

Brésil: opération policière de «reconquête» des favelas de Rio

  • «Le gouvernement de l'Etat de Rio a débuté la reconquête du territoire de la favela de Jacarezinho», a annoncé la police militaire
  • L'opération a été organisée dans le cadre du programme «Cidade Integrada» («Ville intégrée»), un «grand projet de transformation des favelas», selon le gouverneur de l'Etat de Rio

RIO DE JANEIRO : Avec 1 200 policiers lourdement armés, les autorités de Rio de Janeiro (Brésil) ont lancé mercredi une grande opération de "reconquête" des favelas tenues par des narcotrafiquants, en commençant par celle de Jacarezinho, où les habitants se terraient devant cet impressionnant déploiement des forces de l'ordre.

Jacarezinho, favela située au nord de Rio, près de l'aéroport international, n'a pas été choisie au hasard : en mai, un raid policier y avait fait 28 morts. L'ONU avait réclamé une "enquête impartiale" sur des accusations d'exécutions sommaires. 

Jacarezinho, où vivent environ 90 000 personnes selon les leaders communautaires, est considérée comme une des places fortes du "Comando Vermelho" ("Commando rouge"), l'un des principaux gangs de narcotrafiquants du Brésil.

"Le gouvernement de l'Etat de Rio a débuté la reconquête du territoire de la favela de Jacarezinho", a annoncé la police militaire (PM) de Rio sur Twitter.

Selon des journalistes de l'AFP sur place, les rues de Jacarezinho étaient quasiment désertes et la plupart des rideaux de commerces baissés, tandis que des groupes de policiers en treillis ou en uniforme noir patrouillaient avec des fusils d'assaut, sous une chaleur écrasante.

La tension était palpable et les habitants de la favela n'ont pas souhaité s'exprimer au sujet de l'opération policière.

«Grand projet»

"C'est une intervention dans une zone de conflit pour que nous puissions mettre en oeuvre un projet du gouvernement de l'Etat de Rio. La sécurité est la première étape", a expliqué le major Ivan Blaz, porte-parole de la police militaire.

"Ce sont les prochaines étapes qui vont faire la différence: l'arrivée de services sociaux, de santé et d'éducation, la création d'emplois", a-t-il ajouté, soulignant que la situation dans la favela était "tranquille" depuis le début de l'opération, sans fusillade entre gangs et forces de l'ordre.

L'opération a été organisée dans le cadre du programme "Cidade Integrada" ("Ville intégrée"), un "grand projet de transformation des favelas", selon le gouverneur de l'Etat de Rio, Claudio Castro, du Parti libéral, formation du président d'extrême droite Jair Bolsonaro.

Des opérations similaires devraient avoir lieu dans les prochains mois dans d'autres quartiers de cette ville de 6,7 millions d'habitants, dont près d'un quart vivent dans des favelas, quartiers pauvres où règne le crime organisé.

"Cela fait des mois qu'on élabore un programme qui va changer la vie de la population (...). L'opération d'aujourd'hui est seulement le début d'un changement qui va bien au-delà des questions de sécurité", a assuré le gouverneur Castro sur Twitter.

«Occupation militaire»

Mais ce programme, considéré comme certains comme un simple effet d'annonce en début d'année électorale, fait déjà l'objet de critiques de l'opposition.

"Les dispensaires sont fermés, la vaccination et les tests anti-Covid sont suspendus à Jacarezinho, où a lieu cette occupation militaire à un moment critique de la pandémie", a tweeté Renata Souza, députée régionale de l'Etat de Rio pour le Parti socialisme et liberté (PSOL).

"Cette logique d'occuper militairement un territoire pour l'intégrer est erronée! Cela enfreint totalement les droits des habitants!", a-t-elle ajouté.

De nombreux spécialistes en sécurité fustigent depuis des années la politique de lutte contre le trafic de drogue menée par les gouvernements successifs, estimant qu'elle est basée essentiellement sur l'affrontement violent des gangs et non sur des enquêtes approfondies et plus ciblées.

Les habitants sont à la fois victimes des violences entre les gangs et la police et entre gangs eux-mêmes.

Selon le site d'informations G1, les autorités envisagent d'installer des caméras de reconnaissance faciale à Jacarezinho dans le cadre du programme "Cidade Integrada".

Ce programme doit remplacer les Unités de police pacificatrices (UPP), créées en 2008 durant le mandat de l'ex-gouverneur Sergio Cabral, incarcéré fin 2016 pour corruption.

Avec des agents de police de proximité présents en permanence dans les favelas, les UPP ont dans un premier temps réduit la violence, mais la situation s'est dégradée au fil du temps, notamment en raison de la grave crise financière qui a touché l'Etat de Rio après les Jeux olympiques de 2016.

Selon le Réseau des observatoires de la sécurité, collectif regroupant des universités et des ONG, "Cidade Integrada renouvelle la formule qui a échoué avec les UPP", avec "une occupation militaire sans dialogue avec les habitants".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.