Les Etats-Unis devront-ils évacuer leurs soldats d'Ukraine ?

Le président américain Joe Biden s'entretient au téléphone avec son homologue russe Vladimir Poutine sur les solutions diplomatiques à la montée des tensions russo-occidentales au sujet de l'Ukraine, à Wilmington, Delaware, États-Unis, le 30 décembre 2021. (Photo, AFP)
Le président américain Joe Biden s'entretient au téléphone avec son homologue russe Vladimir Poutine sur les solutions diplomatiques à la montée des tensions russo-occidentales au sujet de l'Ukraine, à Wilmington, Delaware, États-Unis, le 30 décembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 20 janvier 2022

Les Etats-Unis devront-ils évacuer leurs soldats d'Ukraine ?

  • Joe Biden a exclu tout envoi de militaires américains en Ukraine en cas d'invasion russe
  • La rotation actuelle de la garde nationale en Ukraine est prévue pour durer jusqu'à la fin juin

WASHINGTON : Joe Biden a exclu tout envoi de militaires américains en Ukraine en cas d'invasion russe, mais quelques centaines de soldats américains y sont déjà déployés, et le Pentagone pourrait devoir les évacuer.

La présence de soldats américains en Ukraine n'a rien de nouveau: depuis 2015, des réservistes de la Garde nationale américaine y effectuent des rotations pour former et entraîner l'armée ukrainienne, aux côtés de soldats d'autres pays de l'Otan, notamment canadiens et allemands.

Quelque 200 réservistes de la Garde nationale de Floride sont ainsi arrivés fin novembre au centre d'entraînement international de Yavoriv, dans l'ouest de l'Ukraine, pour participer à une mission de formation et d'assistance à l'armée ukrainienne.

Ils sont "actuellement déployés en Ukraine dans le cadre de cette mission de conseil et d'assistance en rotation, ils participent aux entraînements et nous nous attendons à ce que cette mission se poursuive", a assuré mardi le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

"Nous continuons à observer la situation sur le terrain, et si nous devons prendre des décisions pour protéger nos forces, nous le ferons", a-t-il ajouté, alors que la Maison Blanche a estimé mercredi que la Russie peut lancer une attaque en Ukraine "à tout moment".

Depuis 2015, la Garde nationale américaine -des réservistes qui participent aux opérations de secours en cas de catastrophes naturelles aux Etats-Unis mais aussi à des opérations de formation et d'entraînement partout dans le monde- a effectué huit rotations de neuf mois en Ukraine.

La rotation actuelle de la garde nationale en Ukraine est prévue pour durer jusqu'à la fin juin.

Le centre de Yavoriv est situé dans l'extrême ouest de l'Ukraine, à une quinzaine de kilomètres seulement de la frontière polonaise, et les soldats américains ne paraissent pas courir de risque immédiat en cas d'invasion russe.

Selon les Occidentaux, la Russie a massé plus de 100 000 hommes près de ses frontières avec l'Ukraine, à l'est du pays. Des troupes russes sont en outre arrivées mardi au Belarus, autre pays frontalier de l'Ukraine, officiellement pour des manoeuvres d'entraînement.

La Russie nie elle toute velléité belliqueuse à l'égard de l'Ukraine et se dit menacée par le renforcement de l'Otan dans la région depuis la chute de l'URSS.

Forces spéciales présentes

Outre ces réservistes, l'armée américaine a déployé des soldats d'élite des forces spéciales en Ukraine, où ils participent à la formation des forces spéciales ukrainiennes, a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère américain de la Défense, le lieutenant-colonel Anton Semelroth.

"Pour des raisons de sécurité, nous ne pouvons divulguer leur nombre", a-t-il ajouté.

Les forces spéciales américaines déploient généralement des petits groupes de soldats d'élite, formés pour fonctionner en quasi-autonomie.

Ils "jouent un grand rôle dans le développement des forces spéciales ukrainiennes en validant leur entraînement", a souligné le porte-parole. "Notre soutien et nos formations sont destinés à renforcer les relations (avec Kiev) et affirmer l'engagement des Etats-Unis à assurer le succès d'une Ukraine stable et libre".

Les soldats américains forment notamment leurs homologues ukrainiens au maniement de l'armement que Washington a fourni à l'Ukraine, notamment des armes légères, des navires de patrouille et des lance-missiles antichar Javelin.

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi le déblocage de 200 millions de dollars supplémentaires d'aide sécuritaire à l'Ukraine, qui s'ajoutent aux 450 millions de dollars débloqués avant les mouvements de troupes russes à la frontière ukrainienne à la fin de l'année dernière.

Interrogé le mois dernier sur la possibilité que les soldats américains présents dans le pays puissent participer à un éventuel conflit aux côtés de l'armée ukrainienne, le ministre de la Défense Lloyd Austin avait éludé la question.

"Je pense que dans des situations comme celle-ci, annoncer des lignes rouges à ne pas franchir ne fait qu'exacerber le problème", avait-il déclaré à la revue spécialisée Defense One. "Nous devons nous concentrer sur les moyens de réduire les tensions".

Ces soldats américains présents sur le terrain pourraient jouer un rôle si une évacuation des ressortissants américains en Ukraine s'avérait nécessaire face à une avancée de l'armée russe.

Le département d'Etat évalue entre 10 000 et 15 000 le nombre de ressortissants américains en Ukraine.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.