74 ans après la séparation indo-pakistanaise, des frères à nouveau réunis

Séparés pour 74 ans, les frères Sadiq Khan, à gauche, et Sikka Khan se prennent dans les bras lors de leur rencontre à Kartarpur, au Pakistan, le 10 janvier 2022. (Photo avec l'aimable autorisation de Jagsir Singh)
Séparés pour 74 ans, les frères Sadiq Khan, à gauche, et Sikka Khan se prennent dans les bras lors de leur rencontre à Kartarpur, au Pakistan, le 10 janvier 2022. (Photo avec l'aimable autorisation de Jagsir Singh)
Sikka Khan assis chez lui dans le village de Phulewala, au Pendjab, en Inde, le 16 janvier 2022. (Sanjay Kumar)
Sikka Khan assis chez lui dans le village de Phulewala, au Pendjab, en Inde, le 16 janvier 2022. (Sanjay Kumar)
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Publié le Vendredi 21 janvier 2022

74 ans après la séparation indo-pakistanaise, des frères à nouveau réunis

  • La partition en 1947 après l'indépendance de l'Inde vis-à-vis de la Grande-Bretagne a déclenché l'une des plus grandes migrations forcées de l'histoire
  • Les frères Sikka et Sadiq Khan, qui sont restés de part et d'autre de la frontière indo-pakistanaise, ont été réunis la semaine dernière

PHULEWALA: En août 1947, alors que l'Inde britannique était divisée en deux États indépendants, le père et le frère aîné de Sikka Khan, Sadiq, ont quitté le village de Phulewala - qui devint la partie indienne du Pendjab - et sont retournés dans leur village paternel de Bogran, qui a été intégré au Pakistan.

À peine âgé de deux ans à l'époque, Sikka était trop jeune pour quitter et est resté en Inde avec sa mère. La famille devait être bientôt réunie. Les parents voulaient seulement attendre que le tout-petit puisse voyager en toute sécurité.

Mais la promesse d'être à nouveau réunis a été interrompue par une orgie sanglante de violence et d'émeutes communautaires qui ont entaché l'une des plus grandes migrations forcées de l'histoire. Après la partition en 1947, environ 15 millions de musulmans, d’hindous et de sikhs, craignant la discrimination et la violence, ont changé de pays dans un bouleversement politique qui a coûté la vie à plus d'un million de personnes.

C'est dans ces circonstances que Sikka et Sadiq ont perdu leur père, leur mère - qui s'est suicidée lorsqu'elle a appris la mort de son mari - et le lien n'a été rétabli que la semaine dernière.

«Je t’avais dit que nous nous reverrions», a déclaré Sikka, 76 ans, en larmes, prenant son frère de 84 ans dans ses bras lors de leur rencontre à Kartarpur, au Pakistan, le 10 janvier. 

Kartarpur est une ville frontalière où le Pakistan a ouvert, fin 2019, un passage sans visa pour permettre aux pèlerins sikhs indiens d'accéder à l'un des sites les plus sacrés de leur religion, Gurdwara Darbar Sahib. Après la partition, le site s'est retrouvé du côté pakistanais de la frontière tracée à la hâte.

Les retrouvailles des frères n’ont pas duré longtemps, chacun d'eux devant retourner dans son pays. Au cours des sept dernières décennies, les visites transfrontalières ont été limitées par les tensions et les conflits.

«C’était un moment émouvant pour nous, et je ne pouvais pas croire que je rencontrais mon frère et sa famille», a déclaré Sikka à Arab News dans le village de Phulewala, où il réside depuis 1947.

«La vie m'a donné l'opportunité de retrouver mon frère et je ne veux pas vivre sans lui», a-t-il déclaré. «J'ai plus que jamais besoin de la compagnie de mon frère. Je veux vivre le reste de ma vie avec mon frère aîné.»

Ils ont repris contact en 2019, lorsque le YouTuber pakistanais Nasir Dhillon a visité le village de Bogran, où Sadiq vit toujours, et a entendu son histoire. Il a partagé les images sur les réseaux sociaux et a rapidement reçu un message de Jagsir Singh, un médecin de Phulewala, qui l'a mis en contact avec Sikka.

Le YouTuber et le médecin ont aidé les frères à se rencontrer virtuellement.

«Les frères se sont vus pour la première fois lors d'un appel vidéo il y a deux ans», a déclaré Singh à Arab News. «Depuis, ils sont restés en contact via WhatsApp.»

Ils se parlent au moins 15 minutes par jour, mais il leur a fallu deux ans pour se rencontrer en personne car même le corridor de Kartarpur, exempt de visa, a été affecté par la pandémie de la Covid-19 jusqu'à la fin de l'année dernière.

«L'ouverture du corridor de Kartarpur en novembre dernier nous a permis d'organiser la rencontre entre les frères», a déclaré Singh.

Lorsqu'il est arrivé à Kartarpur le 10 janvier, Sikka, dépourvu de famille, était accompagné d'une douzaine de villageois de Phulewala.

«Pour moi, mon village a été une famille», a-t-il déclaré en discutant avec Sadiq via un appel vidéo. «Maintenant, je veux aller au Pakistan et vivre avec mon frère aîné pendant quelque temps. J'espère que le gouvernement pakistanais me donnera un visa.»

Sadiq, lui aussi, veut se rendre dans sa ville natale.

«Je veux rencontrer Sikka dans son village», a-t-il déclaré lors de l'appel vidéo avec son frère. «Nous voulons vivre ensemble et rattraper le temps perdu.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.