Vague de démissions chez les soignants britanniques, épuisés par la pandémie

Un agent des services de santé prépare une dose de vaccin Covid-19 au centre de vaccination du NHS (National Health Service) dans le nord-ouest de l'Angleterre le 17 janvier 2022, alors que la variante du coronavirus Omicron se propage dans le pays.(AFP)
Un agent des services de santé prépare une dose de vaccin Covid-19 au centre de vaccination du NHS (National Health Service) dans le nord-ouest de l'Angleterre le 17 janvier 2022, alors que la variante du coronavirus Omicron se propage dans le pays.(AFP)
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Publié le Vendredi 21 janvier 2022

Vague de démissions chez les soignants britanniques, épuisés par la pandémie

  • Akshay Akulwar n'a pas encore démissionné de son poste de chirurgien dans l'est de l'Angleterre mais il se pose la question de partir travailler ailleurs: Nouvelle-Zélande, Australie, où les salaires sont meilleurs, voire son pays d'origine, l'Inde
  • Face au manque de bras aggravé par le variant Omicron, plusieurs centaines de militaires ont été déployés en renfort dans les hôpitaux et services ambulanciers

CHESTERFIELD : "Dès la fin de la deuxième vague, j'avais des cauchemars, des attaques de panique, des insomnies, des mouvements d'humeur. Ma vie personnelle s'effondrait. J'ai eu des pensées suicidaires", raconte Joan Pons Laplana, ex-infirmer du NHS, le système de santé britannique.

Ce Catalan de 46 ans qui vit depuis deux décennies près de Sheffield, au nord de l'Angleterre, avait déjà fait un burn-out avant la pandémie. L'intense pression du travail pendant les vagues de Covid-19 l'a poussé, comme des milliers d'autres employés du NHS, à démissionner pour protéger sa santé mentale.

Quelque 33.000 employés médicaux du NHS ont démissionné entre juillet et septembre 2021, dont près de 7.000 en quête d'un meilleur équilibre de vie, selon des statistiques officielles. C'est près du double du dernier trimestre 2019, juste avant la pandémie.

Les longues gardes, l'équipement étouffant, le risque d'attraper le virus et de contaminer sa femme ou ses enfants, ont épuisé l'ex-infirmier.

"J'ai vu un patient de mon âge dire au revoir sur une tablette électronique à sa fille qui avait le même âge que la mienne. Quelques instants après il était mort. J'ai commencé à rêver des yeux du patient la nuit. Mon thérapeute m'a diagnostiqué un syndrome post-traumatique", se souvient-il.

Joan est parti un jour en pleine réunion de service et n'est jamais revenu. Il travaille désormais pour un programme d'accès à l'emploi de jeunes personnes handicapées ou défavorisées.

Accumulation de gardes

Akshay Akulwar n'a pas encore démissionné de son poste de chirurgien dans l'est de l'Angleterre mais il se pose la question de partir travailler ailleurs: Nouvelle-Zélande, Australie, où les salaires sont meilleurs, voire son pays d'origine, l'Inde.

Il dénonce l'accumulation de longues gardes. "Lentement, cela a un impact sur votre bien-être, votre disponibilité pour votre famille. On commence à sentir le burn-out, à travailler moins efficacement", sans savoir jusqu'à quand il faudra tenir, explique celui qui est aussi porte-parole de l'Association des Médecins du Royaume-Uni.

Selon une enquête du syndicat Unison, plus de deux tiers des travailleurs médicaux a subi un burn-out pendant la pandémie et plus de la moitié a travaillé au-delà de ses heures contractuelles. Résultat: plus de la moitié des employés du secteur cherche un nouvel emploi.

"Le NHS manquait déjà d'environ 100.000 personnes avant le coronavirus", après une décennie d'austérité. "La pandémie a renforcé la pression sur les employés médicaux et beaucoup en ont assez", insiste Sara Gorton, une responsable d'Unison.

Face au manque de bras aggravé par le variant Omicron, plusieurs centaines de militaires ont été déployés en renfort dans les hôpitaux et services ambulanciers.

Bill Palmer, du centre de réflexion Nuffield Trust, relève une tendance à la démission en augmentation depuis 2016, mais qui s'est interrompue pendant la première année de la pandémie: "les gens se sentaient obligés de tenir et c'était plus difficile de trouver un travail ailleurs".

Comme un numéro

Il note que depuis six mois les démissions repartent à la hausse. Certains partent à cause de l'obligation vaccinale dans les maisons de retraite ou certains établissements de soins spécialisés, mais beaucoup mettent en avant la pression dans des services en sous-effectif permanent ou un sentiment de ne pas être valorisés.

Alex, infirmier psychiatrique - il ne veut pas donner son nom complet - a vu sa charge de travail augmenter de 25% pendant la pandémie.

"Je me sentais traité comme un numéro. J'ai commencé à me sentir déprimé", raconte-t-il à l'AFP.

Il a décidé de se reconvertir et travaille désormais pour une organisation qui aide les victimes d'esclavage moderne et de violences domestiques.

"Je touche une rémunération équivalente mais je subis moins de stress et mon travail est apprécié", confie-t-il.

Chez les professions médicales moins qualifiées, la maigre paye ajoute à l'incitation au départ, alors que d'autres secteurs qui manquent de bras, tels que la distribution, augmentent les salaires.

Le Brexit complique la donne, car les démissionnaires au sein du NHS, où travaillent de nombreux étrangers, sont plus difficilement remplacés à cause de procédures migratoires plus complexes et coûteuses. 

Quelle que soit leur raison, ces démissions aggravent les retards de soins accumulés par le système de santé: ils atteignent des records et pèsent sur les chances de survie lors d'accidents ou de maladies graves.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.